Booba sur le confinement : "Chanter c'est bien, mais sauver des vies c'est mieux"

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Booba 2:45
Le rappeur Booba sort une nouvelle émission sur les réseaux sociaux "Corona Time" : des échanges, vidéo et direct autour de l'épidémie de coronavirus. © AFP
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Le rappeur Booba sort une nouvelle émission sur les réseaux sociaux "Corona Time" : des échanges, vidéo et direct autour de l'épidémie de coronavirus. "On tous un rôle à jouer, c'est un problème mondial. Le but c'est d'utiliser mon following pour sensibiliser les gens, les inciter à rester chez eux", explique-t-il sur Europe 1. 
INTERVIEW

Pas de nouveau morceau, mais un message de prévention. Le rappeur Booba a sorti une vidéo dimanche sur son compte Instagram pour évoquer le coronavirus. Une nouvelle émission intitulée "Corona Time", pour alerter sur la propagation de l'épidémie. Avec comme intervenant, entre autres, Bernard Squarcini, ancien directeur du renseignement français, séduit par le message pédagogique transmis par le rappeur. Objectif : se servir de son influence pour sensibiliser les jeunes au respect du confinement. Le rappeur a également évoqué la situation du continent africain face au virus. Invité d’Europe 1 en direct ce mardi, l'artiste se livre sur son nouveau projet.

"Tout le monde devrait faire la même chose"

" On tous un rôle à jouer, c'est un problème mondial. Le but c'est d'utiliser mon following pour sensibiliser les gens, les inciter à rester chez eux", explique le rappeur. L'émission devrait être hebdomadaire, pour 26 minutes de vidéos, reportages et échange. "Le but c'est pas de rapper, de chanter, c'est de faire passer l'information. J'ai la chance d'avoir une audience. Tout le monde devrait faire la même chose, chanter c'est bien mais sauver des vies c'est mieux." 

Dans son émission, il suit Ben, médiateur, qui va à la rencontre de certains jeunes, qui ne réussissent pas à rester chez eux. "Beaucoup de gens ne comprennent pas que le danger est réel. Se battre contre un ennemi invisible c'est compliqué, ma génération n'a jamais 'vécu la guerre', c'est dur à faire comprendre. Il faut vraiment rester chez soi pour se protéger soi-même, protéger les siens, ceux qu'on aime : ses parents, ses enfants.  C'est une épreuve difficile à traverser qu'on soit en France, à Miami, en Afrique. Ma mère, mon frère sont à Paris, mon père est au Sénégal, il y a vrai danger et je suis inquiet pour tout le monde." 

"La confinerie n'est pas finie". Si Booba garde son sens de la formule, il n'associe pas son engagement contre le coronavirus à une blague. "Ce n'est pas le rappeur qui parle, c'est l'homme", assure-t-il. Pour ses prochaines émissions, son objectif n'est pas d'inviter des personnalités reconnues, mais plutôt des gens qui "font parti du combat : des infirmières, des médecins". "L'objectif c'est de donner la parole aux gens utiles, compétents", ajoute l'artiste. 

Booba et Bernard Squarcini, une rencontre improbable

Bernard Squarcini, ancien patron du renseignement français, a accepté de participer à l'émission du rappeur. Il a apprécié le message pédagogique, clair et direct de l'artiste, loin de son côté "rappeur rebelle". En revanche, la collaboration entre les deux hommes se limitera à cette interview. Pour être en featuring sur le prochain album du DUC de Boulogne, le président du renseignement français exige une condition : que Booba réalise un clip déguisé en policier. "On en reparle", plaisante l'artiste.

Europe 1
Par Mathilde Durand