Bernard-Henri Levy "désespère de voir un jour un président de l'Europe"

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Invité samedi d'Isabelle Morizet, sur Europe 1, Bernard-Henri Levy a défendu l'idée d'une Europe unie, nécessaire pour ne pas devenir "une province lointaine du monde".
INTERVIEW

Sa pièce Looking for Europe a été jouée un peu partout en Europe. Le texte vient d'être publié dans la revue La règle du jeu. Dedans, Bernard Henri-Levy y défend, entre-autres, l'idée d'une Europe unie.

"Moi je désespère de voir un jour un président de l'Europe. Ça n'empêcherait pas des gouvernements nationaux mais cela ferait que l'Europe ait un visage. J'aimerais que la Commission européenne soit aussi plus incarnée et plus vivante", estime le philosophe, invité samedi d'Il n'y a pas qu'une vie dans la vie.

"L'Europe est un rêve et un calcul"

Les Européens "ont peur. Ils ont peur de l'inconnu et je peux comprendre cela", concède "BHL" au micro d'Isabelle Morizet. "Parce que l'Europe, c'est l'inconnu. Cette expérience-là, de faire avec des nations aussi dissemblables, qui parlent des langues différentes, ça donne le vertige", poursuit toutefois celui pour qui "l'Europe est un rêve et un calcul".

"C'est un calcul, car l'union fait la force. Mais il y a aussi un rêve. Égalités femmes-hommes, laïcité, une certaine conception de la liberté qui n'existe pas ailleurs : Il y a un corps de valeurs qui n'existe pas ailleurs". Surtout, le philosophe voit l'Europe comme un rêve atteignable. "On peut s'incarner même à travers plusieurs langue. À partir de langues différentes, d'imaginaires différents, on peut construire une force politique capable de s'épanouir".

Sans Europe, "on disparaîtra de la scène de l'histoire"

"Il n'y a pas le choix. Si on ne fait pas tout ce qu'on peut pour faire l'Europe, on sera avalé par le commerce chinois, avalé par l'impérialisme russe, submergé par les attentats islamistes, on sera submergé chez nous par les populistes qui sont les alliés des premiers, et puis on disparaîtra de la scène de l'Histoire, on deviendra une espèce de province lointaine du monde", s'inquiète-t-il.

Le "Vieux continent", la "vieille" Europe peut-elle encore influencer l'Histoire ? Oui, assure Bernard Henri-Levy. "Vieille, ça peut être sa force aussi. Cela peut signifier la sagesse, une raison sans âge, à condition que reste l'ardeur, la volonté de faire l'histoire", assure-t-il. Et de conclure : "Une Europe vieille qui aurait la volonté d'affirmer ses valeurs et de tenir debout, c'est ce que je souhaite, c'est magnifique".

Europe 1
Par Europe1.fr