"Ça nous sort de notre routine" : à Rennes, un collectif propose des concerts en prison

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centre penitentiaire Vézin 1:44
le collectif Sound From, qui réunit quatre institutions culturelles de Rennes, profite des Transmusicales pour offrir aux détenus du centre pénitentiaire de Vézin un concert. © AFP
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A l'occasion des Trans Musicales de Rennes, le collectif Sound From propose d'offrir un concert aux détenus du centre pénitentiaire de Vézin. Guiss Guiss Bou Bess, un groupe de musique traditionnelle sénégalaise en version électronique, a fait le show devant les détenus. Un moyen pour eux de sortir du quotidien. 
REPORTAGE

Depuis 4 ans, le collectif Sound From, qui réunit quatre institutions culturelles de Rennes, profite des Trans Musicales pour offrir aux détenus du centre pénitentiaire de Vézin un concert, en prison. Cette année, c’était le groupe Guiss Guiss Bou Bess qui partait à la rencontre des détenus et de leurs surveillants. Lumières, estrades, danseurs et équipe technique… Une fois passé les innombrables portes de sécurité, tout est fait pour proposer aux détenus un concert comme en salle. Une heure de musique traditionnelle sénégalaise en version électronique. Europe 1 était sur place pour ce concert insolite.

La plupart des détenus sont restés assis mais deux d’entre eux n’ont pas hésité à venir danser avec le groupe. Ils étaient ensuite parmi les premiers à aller vers eux, à la fin du concert, pour échanger. "Cela nous sort de notre routine, de notre quotidien, c’est un plaisir !", se réjouit un des spectateurs. Certains sont plus curieux que d’autres. "J’ai vécu cinq ans en Afrique, j’ai toujours été attiré par cette culture", confie un autre détenu. "Retrouver ces rythmes ici en prison, cela m’a fait sortir de mon environnement". 

Des poèmes de détenus mis en musique

Après un changement de plateau, trois prisonniers ont pris le micro. Chacun venait présenter un poème, écrit au préalable durant un atelier et mis en musique par une harpiste. Dans la salle, deux spectateurs se demandent s’ils pourraient faire de même. "Tu me laisses une heure dans une salle, quand tu reviens j’aurais fait quatre chorégraphies", plaisante un détenu. "Mais par contre si tu me laisses avec un papier, je n’aurais rien écrit dessus." Un concert qui en a fait rêver plus d’un à une future carrière dans la musique, une fois la liberté retrouvée.  

Europe 1
Par Angèle Chatellier, édité par Mathilde Durand