Cinquante ans après Woodstock, le couple sur la pochette de l'album se souvient : "Tout était gentillesse et amour"

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Nick et Bobbi, immortalisés au réveil pendant le festival de Woodstock – un cliché devenu légendaire – vivent toujours ensemble. Au micro d'Europe 1, ils évoquent les valeurs de Woodstock, toujours d'actualité selon eux.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Il y a 50 ans, jour pour jour, débutait un festival de musique devenu mythique : Woodstock. Trois jours de concerts dans l’état de New York, marqués entre autres par les prestations de Joe Cocker, Jimi Hendrix, ou encore Janis Joplin. La photo pochette de l’album est devenue l'un des symboles visuels de cette époque : un couple enroulé dans une couverture, debout au milieu d’une marée humaine couchée dans la boue. Cinquante ans après, ils sont toujours ensemble, et 50 ans après, ils habitent toujours près de Woodstock… et, 50 ans après, Europe 1 les a rencontrés.

Elle, Bobbi, ne porte plus ses grandes lunettes rondes et lui, Nick, n'a plus autant de cheveux, mais ils ont toujours l'air aussi amoureux que sur la couverture de l'album. En 1969, ils avaient 20 ans. Il y avait tellement de monde sur la route de Woodstock que pour se rendre au festival, le couple a dû abandonner sa voiture et finir les derniers kilomètres à pied, sans avoir aucune idée de ce qui les attendait.

"Il n'y avait personne sur place pour nous envoyer des SMS ou des photos !", plaisante Bobbi. "Mais on pouvait sentir l’excitation parce que des milliers de personnes marchaient toutes dans la même direction", raconte-t-elle. "Sur la petite route de campagne, vous pouviez entendre le claquement des pieds nus ou des sandales sur le bitume, et c'était juste merveilleux !"

Et au petit matin, un photographe...

Outre la musique, Nick et Bobbi sont restés marqués par l'atmosphère si particulière du festival, et de son demi-million de spectateurs : la fumée des feux de camps, les gens qui chantent et qui dansent… "On pouvait entendre le murmure de l'humanité qui nous entourait, tout était gentillesse et amour", glisse Bobbi.

Comme tout le monde, le couple passe la nuit à même la pelouse. Au petit matin, Nick enlace Bobbi dans une grande couverture. Un photographe passe et immortalise la scène. Depuis, ce moment de tendresse est devenu le symbole visuel de ce festival historique, véritable parenthèse peace and love à la fin d'une décennie tourmentée.

"Le monde aurait besoin d'un peu plus de Woodstock"

"C’était une époque turbulente dans le pays à ce moment-là. Il y avait tellement de divisions : la lutte pour les droits civiques, les droits des femmes, la guerre du Vietnam, les assassinats politiques, et la musique, c’était ce qui nous rassemblait tous", se souvient Bobbi. "Ça recommence aujourd’hui !", relève Nick. "C’est comme si nous ne nous rappelions pas de ce qui s’est passé il y a 50 ans. J’attends de la musique qu’elle envoie des messages. Je ne les entends pas aujourd’hui. On parle de soi, d’argent", déplore-t-il. Et les deux de conclure en cœur : "Le monde aurait besoin d'un peu plus de Woodstock."

Europe 1
Par Xavier Yvon, édité par Romain David