Un Plus Belle la Vie couleur locale

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Un Plus Belle la Vie couleur locale
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Les habitants du Panier, à Marseille, ont créé C’est pas joli joli, version "authentique" de "PBLV".

"Il ne faut pas le voir comme un 'contre-Plus belle la vie', c’est plutôt comme un clin d’œil". C’est ainsi qu’Elodie, chargée de projet chez Tabasco Vidéo, le média participatif à l'origine du projet, parle de C’est pas joli joli. Interrogée par Europe1.fr, elle explique avec humour l’esprit de ce feuilleton mettant en scène les habitants du Panier, le quartier de Marseille dont s’inspire Plus belle la vie.

Regardez la bande annonce :

L’accent marseillais en plus

Plus belle la vie, série suivie par plus de 5 millions de téléspectateurs, est souvent raillée pour son manque d’authenticité. "Dans C’est pas joli joli, ce sont les vrais habitants du quartier qui jouent. C’est vrai qu’on accuse souvent Plus belle la vie de n'engager que des acteurs parisiens, chez nous ils ont l'accent".

C’est aussi un joli pied de nez aux nombreux touristes qui croient que le Mistral, quartier où se déroule "PBLV", existe vraiment. "C’est vrai que les touristes ont tendance à chercher la boutique du Mistral, ou le bar de Roland. Alors on leur dit d’aller visiter les studios !", raconte Elodie avec humour.

Un ton décalé

Pour le moment, deux épisodes de 35 minutes ont été tournés depuis 2008, à raison d’un par an. Au final, le feuilleton adopte un ton totalement décalé. Dès le générique, une voix off nous invite sur un ton faussement catastrophiste dans "le plus vieux, le plus chaleureux, le plus authentique quartier du monde", menacé par la mondialisation.

Dans le premier épisode, le quartier est menacé de destruction par des promoteurs immobiliers. Une intrigue entre Astérix et Camping 2, bien loin du taux de criminalité record du faux quartier du Mistral, où aucun habitant ne semble avoir échappé à une garde à vue, la prison, un attentat, ou une agression violente. "Je sais qu’il y a des habitants que cette image de Marseille énerve beaucoup plus que moi", déclare Elodie.

L’occasion pour les habitants du quartier de voir leur épicier ou leur pharmacien sur écran, avec un jeu d'acteur pas plus mauvais que la version France 3. Une vingtaine de bénévoles locaux jouent dans le feuilleton, dont un ancien acteur de Plus belle la vie. "Il se trouve que Philippe –ndlr Granalora, alias le Dr Livia dans Plus belle la vie – est un habitant du Panier, comme tous les acteurs de notre feuilleton".

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© DR

Un beau coup de com

Deux épisodes de C’est pas joli joli sont projetés jeudi aux Variétés, un cinéma de Marseille. "Il y a forcément des gens qui vont venir voir les deux premiers épisodes de la série par curiosité, il n y aura donc pas que des gens du quartier", espère Elodie.

Alors qu’un troisième épisode est en tournage, la jeune femme dit être intéressée par la présence d’une guest-star. "On essaie d’attirer une personnalité marseillaise dans le feuilleton. Mais si un acteur de Plus Belle la vie vient à nous pour nous proposer une apparition, nous l’accueillerons avec plaisir, ce serait amusant", a-t-elle lancé.

Un beau coup de communication en somme pour ce feuilleton réalisé avec "trois bouts de ficelle", même si Elodie n’en oublie pas l’objectif de l’association pour laquelle elle travaille. "Ce qui compte vraiment pour nous, c’est l'évolution du quartier et la vie des gens", a-t-elle tenu à conclure.