Le "Jeu de la mort" attaqué en justice

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Le "Jeu de la mort" attaqué en justice
@ France 2
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Deux anciens ministres entendent dénoncer la légitimation de la torture véhiculée selon eux.

Les anciens ministres socialistes Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès ont porté plainte contre France Télévisions après la diffusion du documentaire "Le Jeu de la mort", lui reprochant de "légitimer la torture", a déclaré vendredi leur avocat. La plainte des anciens ministres du Logement et de l'Intérieur a été déposée jeudi auprès du doyen des juges d'instruction de Clermont-Ferrand.

Paul Quilès répond à Jean-Michel Dhuez :

La plainte vise les auteurs et réalisateurs du programme, ainsi que Patrice Duhamel, directeur des programmes de France Télévisions, et Alain Vautier, directeur de l'Antenne de France 2, pour "des faits de provocation directe à la commission d'atteintes volontaires à la vie et à l'intégrité de la personne", a indiqué l'avocat, pour qui cette émission est une "incitation à la violence". Les deux ex-ministres reprochent de n'avoir pris "aucune précaution" à l'exception d'un avertissement destiné au public de moins de 12 ans.

Diffusé le 17 mars sur France 2, le "Jeu de la mort" est un "docu-jeu" au cours duquel les participants doivent infliger des décharges électriques, pour certaines mortelles, à un candidat, sans savoir qu'il s'agit d'un comédien. Inspiré d'une expérience scientifique menée aux Etats-Unis dans les années 1960, il vise en fait à dénoncer les dérives de la télé-réalité.

"Une interprétation ahurissante"

Ce documentaire "utilise la même méthode que ce qu'il condamne" et dès lors, "n'atteint pas le but recherché", a déclaré Marie-Noëlle Lienemann, pour laquelle "la fin ne justifie pas les moyens". "Partout dans le monde, on voit une montée en puissance du voyeurisme, du côté trash" et "nous voulons savoir si la loi française nous protège de ces excès qui frémissent en France", a-t-elle ajouté.

De son côté, France Télévisions a indiqué "ne pas avoir connaissance d'un dépôt de plainte" mais se dit "surprise" par la démarche. "C'est une interprétation ahurissante, tellement à l'opposé de ce que l'émission revendique", a commenté Patricia Boutinard-Rouelle, la patronne des documentaires du groupe public.