Denis Robert/ Infiltrés : "C’est grave"

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Denis Robert/ Infiltrés : "C’est grave"
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EXCLU - Le journaliste a déclaré sur Europe 1 que Les Infiltrés est "un coup porté au journalisme."

"Ils portent un sérieux coup au journalisme, ce n’est pas anodin.", a déclaré mercredi Denis Robert sur Europe 1. Le journaliste s’est ainsi expliqué sur la lettre qu’il a rédigée, et que 15 journalistes, écrivains et réalisateurs, dont Pierre Péan, ont signée, contre Capa.

La société de production a produit l’émission Les Infiltrés, diffusée mardi sur France 2, qui traitait des méthodes des pédophiles sur Internet. Un reportage pour lequel les journalistes se sont fait passer pour une fille de 12 ans, et à l’issue duquel ils ont averti la police. 23 personnes ont été arrêtées.

Ecoutez Denis Robert sur Europe 1 :

"Je veux rappeler un certain nombre de principes qui sont niés et écrasés par la communication de cette émission (…) Je pense que c’est grave, ils n’auraient jamais dû faire ça", a ajouté Denis Robert, qui s’en est pris à la façon dont Capa, France 2 et le rédacteur en chef de l’émission, Laurent Richard, ont communiqué sur leur initiative d’avertir la police.

"Je sais que parfois la vie est plus forte que les principes. On peut s’arranger pour dénoncer, mais c’est un choix personnel. On peut par exemple passer par un policier qu'on connaîtrait (…) Mais en aucun cas on ne communique là-dessus (…) Ils ont voulu faire un buzz", a-t-il estimé.

"Un précédent"

Mais au-delà de la communication, ce journaliste d’investigation notamment connu pour avoir été attaqué en diffamation pour son enquête sur l’affaire Clearstream, a dénoncé le "précédent" créé par ce comportement, et qui pourrait, selon lui, nuire au travail d'autres journalistes. "Il y a un précédent maintenant. Avant eux il y a des tas de journalistes qui se sont battus pour ces principes", a-t-il déclaré.

Dans la lettre, les 15 signataires ont dénoncé une "dérive" de Capa, et considèrent que "une grande agence de presse française vient de se transformer en auxiliaire de police au mépris de la règle de base du journalisme, la protection des sources". Selon eux, "en se transformant en auxiliaires de police, en arguant de morale plutôt que d'information, des journalistes ouvrent une brèche qui mène à la délation".

Mardi, sur Europe 1, Laurent Richard avait indiqué ne pas "avoir hésité une seconde" à prévenir la police, car "des enfants étaient en danger". De son côté, Hervé Chabalier, qui dirige Capa, avait rappelé que "le journaliste est aussi un citoyen, qui a une conscience".