Que vaut le Pixel, premier téléphone de Google ?

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Que vaut le Pixel, premier téléphone de Google ?
@ GLENN CHAPMAN / AFP
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REVUE DE PRESSE - Le premier smartphone entièrement conçu par Google est annoncé comme un rival de l’iPhone et de Samsung. Mais qu’a-t-il dans le ventre ?

Il veut prendre le trône et en a les moyens. En dévoilant mardi deux smartphones baptisés Pixel, Google a fait une entrée remarquée dans le secteur de la téléphonie, avec un objectif clair : rivaliser avec Apple et Samsung, les maîtres du secteur. La firme de Mountain View a donc préparé son coup longtemps à l’avance et espère rapidement devenir un leader du secteur. Mais que valent ses deux téléphones, le Pixel et le Pixel XL ? Europe 1 a fait le tour de la presse spécialisée américaine pour se faire une idée.

LES POINTS FORTS

• Un matériel dernier cri. Processeur Snapdragon 821, 4 Giga de RAM, écran AMOLED, espace de stockage allant de 32 à 128 Giga, appareil photo 12,3 MP, etc. : sur le papier, le téléphone réunit tout ce qui se fait de mieux en matière de technologie et rivalise sans problème avec les produits star du secteur, l’iPhone 7 et le Galaxy S7. Les tarifs sont d'ailleurs similaires : 759 à 1.009 euros*. "Ils ont les meilleurs spécifications de la classe, le meilleur design, tout en mieux", résume le site Wired. Un point de vue partagé par le reste de la presse spécialisée qui salue l’entrée en fanfare de Google sur le marché des téléphones, après un premier échec via Motorola. Et apprécie au passage que la taille du téléphone n’influe pas sur sa puissance : les spécifications sont les mêmes pour un Pixel comme pour un Pixel XL.

• Tout pour la photographie. Parmi tous les composants du téléphone, il en est un qui passionne plus particulièrement les observateurs : l’appareil photo. Ce dernier est tout simplement le plus moderne sur le marché, avec une définition de 12,3 megapixels et la meilleure note jamais obtenue auprès de DxOmark, l’entreprise qui fait référence en matière de test photographique. Bref, malgré une faible luminosité ou une main tremblante, l’utilisateur est sûr de réussir à prendre des clichés respectables. Dernier détail, le capteur photo est totalement compris dans le téléphone, alors qu’il provoque une protubérance disgracieuse sur les derniers iPhone, comme le soulignent malicieusement TechCrunchet The Verge.

Google a bien compris que la photographie était l’un des principaux critères d’achat d’un smartphone puisqu’en plus de proposer le meilleur objectif, il promet de stocker automatiquement et gratuitement les photographies sur ses serveurs. Ceci présente un double avantage : perdre, casser ou se faire voler son téléphone ne signifie plus qu’il faut faire une croix sur les photos de vacances qui n’avaient pas été sauvegardées. Et l’utilisateur n’a plus à se soucier de la mémoire libre qui reste sur son appareil, puisque Google supprime les clichés du téléphone une fois qu’ils sont sauvegardés dans le cloud. A titre de comparaison, ce service est payant chez Apple au-delà de 5 Giga.

• Enfin un appareil exploitant toutes les potentialités d’Android. Un smartphone, c’est du matériel (le hardware) mais aussi des logiciels (software), un domaine dans lequel Google excelle, avec par exemple Gmail, Google Map ou Chrome. Sauf que peu d’appareils fonctionnant sous Android – le système d’exploitation de Google – permettaient d’en profiter pleinement en raison de composants pas assez puissants ou non compatibles. Ce problème est désormais résolu puisque Google a choisi tous les composants de ses téléphones pour permettre à ses applications de fonctionner à 100%. "C’est une vision aussi pure que possible de ce que Google veut dans un téléphone", écrit Wired, qui rappelle que l’entreprise souhaite transformer ses smartphones en véritable outil pour gérer sa vie professionnelle, ses appareils domestiques, sa santé, etc.

• Un Google Assistant qui dépasse Siri. Avec l’appareil photo, c’est l’autre sensation qui passionne la presse spécialisée : l’apparition de Google Assistant, une version enrichie de Google Now qui va sérieusement faire de l’ombre à Apple et à son propre assistant personnel numérique, Siri. Le principe reste le même, cet outil répond aux questions orales de l’utilisateur et effectue lui-même des recherches pour y répondre. On peut donc lui demander oralement quel temps il fera plus tard, quelle est le meilleur chemin pour aller d’un point A à B, ou encore quel est le restaurant le plus proche pour manger une bonne andouillette. Sauf que cette fois-ci, il fonctionne vraiment : “Google Assistant ne bugge pas suite à des demandes répétées, comme Siri le fait”, insiste Gizmodo. Et Wiredd’enfoncer le clou : “si l’objectif est de faire en sorte que le consommateur y réfléchisse à deux fois avant de se tourner automatiquement vers le rayon Apple d’un magasin, c’est réussi“.

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LES POINTS FAIBLES

• Une esthétique sans identité. A priori, un téléphone alliant ce qui se fait de mieux en matière de matériel et de logiciel est promis à un grand avenir. Sauf que l’esthétique compte aussi, surtout depuis que le téléphone est devenu un marqueur social. Et de ce point de vue, les réactions sont bien plus mitigées. Certes, il s’agit du téléphone fonctionnant sous Android “le plus raffiné“, souligne The Verge, mais “aucune personne censée ne peut nier qu’il ressemble vraiment beaucoup à un iPhone“. Google a choisi une esthétique passe-partout s’inspirant des références du secteur pour rassurer les consommateurs.

Ce manque d’audace esthétique est également dénoncé par TechCrunchet Wired, mais ce dernier est encore plus sévère : “le panneau en plastique situé en haut de la partie arrière du téléphone fait un peu camelote à côté du design monobloc des appareils concurrents“. D’autant plus que Google n’en a pas profité pour y dissimuler la bande grise qui isole l’antenne et alourdit l’esthétique, ajoute The Verge. Le fait que les modèles soient légèrement plus épais que ceux de la concurrence revient aussi fréquemment.

• Un téléphone qui craint l’eau. Pour un consommateur lambda, l’imperméabilité d’un téléphone est un atout mais pas une condition sine qua none. La presse spécialisée est, elle, bien plus exigeante et regrette que la gamme Pixel ne supporte pas l’eau. “C’est une caractéristique devenue incontournable pour les smartphones haut de gamme en 2016 (…) surtout à ce niveau de prix“, estime The Verge.

• Service minimum pour le haut-parleur. En ce qui concerne le son, Google a fait le choix de conserver une prise Jack, ce qui ravira plus d’un utilisateur. En revanche, il n’a prévu qu’un seul haut-parleur et cela en chagrine plus d’un. “Il n’y a qu’un seul haut-parleur, à l’arrière de l’appareil. Pour un appareil conçu pour fonctionner avec les casques de réalité virtuelle, je m’attendais à de la stéréo“, regrette The Verge.

• De grandes interrogations en matière de sécurité et de vie privée. Dernier écueil, et pas des moindres : la sécurité et la confidentialité des données qui transitent par le smartphone. Le site Gizmodoy consacre un article entier, notamment sur l’impact que peut avoir l’utilisation de Google Assistant : “Parce que ce dernier recommande des choses qui vous sont intimement personnelles (…), il accumule une immense collection de nos pensées personnelles, des lieux visités et de nos préférences. Google est plutôt vague sur la manière dont son assistant collecte des données personnelles“, alerte le site. Et ce dernier d’ajouter que pour utiliser l’assistant, il faut renoncer au cryptage de ses communications, qui est pourtant en train de devenir la norme.

Résultat, “ces nouveaux assistants sont vraiment cools et la vérité est que des tas de gens vont probablement l’utiliser et apprécier ce service. Mais à la fin de la journée, nous sacrifions la sécurité et la confidentialité de nos données afin que Google puisse mettre au point ce qui deviendra éventuellement une nouvelle source de revenus“, poursuit l’article, avant de rappeler que les suggestions de cet assistant pourront aussi dissimuler de la publicité.   

* NB : Il s'agit des tarifs proposés en Allemagne, Google n'ayant pas encore annoncé de prix ni de date de commercialisation en France.