Propagande djihadiste : comment le gouvernement veut "améliorer" la plateforme de signalement

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Propagande djihadiste : comment le gouvernement veut "améliorer" la plateforme de signalement
Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au Numérique
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ATTENTATS - Interrogée par Europe 1, la secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire, explique que le gouvernement doit travailler à l’amélioration de sa plateforme de signalement de contenus illicites.

Très critiquée par les internautes lors des attentats du 13 novembre, la plateforme de signalement de contenus, notamment djihadistes. Un service sujet à amélioration selon Axelle Lemaire. Alors que se tenait, jeudi matin, une réunion à Matignon en présence des acteurs du web (Google, Facebook, Twitter, Microsoft et Apple), des pistes d’améliorations ont été évoquées. Et si Axelle Lemaire salue "la volonté (des géants du web) d’aider les pouvoirs publics", certains points restent encore à travailler et notamment "les interactions entre la plateforme du gouvernement et les plateformes" de Google, Facebook ou encore Twitter, a-t-elle expliquée à Europe 1.

"Des progrès à faire". Lorsque l’on demande à la secrétaire d’Etat si la plateforme du gouvernement est assez efficace, la réponse vient d’un hochement de tête, "non". "La plateforme a des progrès à faire" avoue Axelle Lemaire avant de poursuivre, "d’abord c’est un site internet, il n’y a pas d’applications mobile", un point clé à l’heure du boom des smartphones. Sur le sujet, il est vrai que le site (internet-signalement.gouv.fr), à l’apparence très vieillissante, n’est pas des plus chaleureux, ni toujours très clair. La première piste de travail devrait donc venir d’un rafraîchissement de son interface et du développement d’une application mobile.

Un manque de moyens. Autre axe d’amélioration : le manque de moyens est criant. "Les signalements ne sont pas consultés la nuit, les week-ends et les jours fériés : ne signalez aucun contenu nécessitant une intervention urgente", cette phrase affichée préalablement à tout signalement sur la plateforme avait fait bondir les internautes qui tentaient de faire supprimer des images des corps ou de propagande durant le week-end suivant les attentats. Une réflexion partagée par Axelle Lemaire pour qui le site internet-signalement.gouv.fr "n’est pas muni humainement et technologiquement pour répondre aux demandes". Une autre des pistes d’amélioration.

Un point en janvier. Dans les prochaines semaines, le gouvernement va donc travailler à l’amélioration de la plateforme sans qu’aucune précision de délai ne soit donnée pour autant. Concernant les interactions avec les acteurs du web, une nouvelle réunion est prévue au mois de janvier pour un "point d’avancement" explique Matignon dans un communiqué.

internet-signalement.gouv.fr en chiffres. D'après les chiffres communiqués par le gouvernement, la plateforme a reçu 137 000 signalements en 2014, en hausse de 14 000 par rapport à 2013. 56% de ces signalements correspondent à des faits d’escroqueries, 11% sont des signalements liés à la pédopornographie et 12% ont trait soit à l’apologie de terrorisme soit à l’incitation à la haine raciale.