Pour son créateur, le web fait face à trois dangers majeurs

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Pour son créateur, le web fait face à trois dangers majeurs
Image d'illustration.@ AFP
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Le créateur du web, Tim Berners-Lee, appelle les internautes à s’engager pour combattre les dangers qui menacent son projet.

Le créateur du web est inquiet... Tim Berners-Lee, qui a présenté en mars 1989 son projet sur lequel est aujourd’hui bâti le web a profité du 28ème anniversaire de son invention pour mettre en garde les internautes contre les menaces qui pèsent sur sa création. Dans une tribune publiée dans plusieurs langues sur le blog de la fondation World Wide Web, il attire l'attention sur l'utilisation faite des données personnelles des internautes, sur le risque de désinformation ainsi que sur la publicité politique.

L'utilisation abusive des données personnelles

Premier danger pour le "World Wide Web" allias www., la perte de contrôle des internautes de leurs données personnelles. "Nos données sont conservées dans des silos propriétaires, hors de notre vue, nous perdons les bénéfices que nous pourrions en tirer si nous en avions le contrôle direct et si nous pouvions choisir quand et avec qui les partager". Surtout, "nous n’avons souvent aucun moyen de signaler aux entreprises quelles données nous préférerions NE PAS partager", déplore Tim Berners-Lee qui dit pour autant ne pas avoir de problème avec les services gratuits. 

La prolifération des fausses informations

Autre sujet d’inquiétude pour le créateur du web, la facilité avec laquelle se répandent les fausses informations sur Internet. Constatant que l'information passe désormais par "une poignée de réseaux sociaux et de moteurs de recherche", Tim Berners-Lee rappelle qu'ils "gagnent davantage d’argent quand nous cliquons sur les liens". Résultat, ces services "sélectionnent le contenu proposé en fonction d’algorithmes", ce qui peut permettre à "des personnes mal intentionnées (de) truquer ce système pour diffuser de la désinformation à des fins de profits financiers ou politiques".

De quoi permettre aux fausses informations de se répandre "comme une traînée de poudre". Dans ce domaine, Tim Berners-Lee n'est pas le premier à regretter cette situation. En novembre dernier, Facebook avait en effet été accusé d'avoir facilité l'élection de Donald Trump à la présidence américaine en laissant prospérer les "fake news".

Les publicités politiques en manque de "transparence" 

L'homme juge que la publicité politique en ligne doit être "transparente". En couplant les informations avec des algorithmes, la publicité peut être à l'origine de plusieurs dérives. "On soupçonne que certaines publicités politiques, aux États-Unis et dans le reste du monde, sont utilisées sans éthique pour diriger des internautes vers des sites de fausses informations ou pour en dissuader d’autres d’aller voter", écrit Tim Berners-Lee qui s'interroge ouvertement "Est-ce démocratique ?".

Pour combattre ces "problèmes complexes", l'homme pousse les internautes à s'engager. "Nous devons travailler de concert avec les grands groupes du Web pour trouver un équilibre. (...) Nous devons nous opposer aux lois trop invasives sur la surveillance des gouvernements (...) Nous devons contrer la désinformation en aidant les points d’entrée sur le Web que sont Google et Facebook à poursuivre leurs efforts pour résoudre ce problème. (...) Nous devons de toute urgence fermer 'l‘angle mort d’Internet" par une réglementation des campagnes politiques", demande le créateur d'Internet qui conclut : "Pour construire le web, il a fallu notre participation à tous, et c’est à nous tous, désormais, de construire le web que nous voulons – pour tous".