Les douanes françaises ont acheté illégalement des appareils espions

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Les douanes françaises ont acheté illégalement des appareils espions
Certaines applications permettraient de détecter si son smartphone est sur écoute ou non.
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Récemment votée à l'Assemblée nationale, la loi sur le Renseignement avait provoqué la grogne de nombreux acteurs du Web en raison de sa capacité à surveiller de façon généralisée les internautes français. Mais les services secrets utilisent également des appareils plus classiques pour écouter les conversations des Français, notamment grâce à des terminaux appelés IMSI-catcher. D'après Le Monde, les douanes françaises ont ainsi fait récemment l'acquisition de deux de ces terminaux, dont l'utilisation est pourtant illégale.

>> C'est quoi un IMSI-catcher ? Un IMSI-catcher peut prendre des formes diverses, mais la version la plus répandue ressemble à une grosse valise en plastique. À l'intérieur, on y trouve un ordinateur portable et deux petites antennes hautes d'une vingtaine de centimètres. Le principe est simple : l'IMSI-catcher imite le fonctionnement d'une antenne-relais et fait croire aux smartphones à proximité qu'il s'agit d'une véritable antenne d'opérateur mobile. Une fois le signal intercepté, il est renvoyé vers l'opérateur et l'appel a lieu normalement, de sorte que personne ne peut s'apercevoir de l'espionnage.

Au moins deux appareils achetés par les douanes. D'après Le Monde, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED, l'équivalent du service de renseignement des douanes) n'a pas attendu la loi sur le Renseignement et commandé au moins deux de ces appareils. Les preuves avancées par le quotidien français remontent à 2010 et évoquent "l'acquisition d'un IMSI-catcher miniaturisé". Coûté total : 30.000 euros. C'est l'entreprise française Amesys, filiale de Bull, qui aurait bouclé l'affaire. Les traces d'une autre transaction de ce type ont été retrouvées en 2012, par le même service pour un montant de 187.947 euros.

Pourquoi c'est illégal (pour le moment). De tels appareils d'espionnage sont interdits en France, tout comme leur utilisation par les services de renseignement sans l'intervention d'un juge. Plus exactement, l'article 2 de la loi sur le Renseignement stipule qu'il est "interdit de commercialiser ou de fabriquer un appareil qui permettrait de porter atteinte au secret des correspondances ou d'enregistrer quelqu'un à son insu, sauf autorisation ministérielle", rappelle Le Monde. Du moins jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi sur le renseignement, bien évidemment inexistante lors de la signature de ces contrats. Désormais, les services de renseignements peuvent, potentiellement, utiliser de tels outils pour mettre en place des écoutes et ce avant l'aval préalable d'un juge.