Google, Apple, Samsung : la bataille des assistants intelligents est lancée

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Google, Apple, Samsung : la bataille des assistants intelligents est lancée
Google, Apple et Samsung investissent dans les assistants intelligents
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Google, Apple et Samsung multiplient les recrutements et les rachats pour développer leurs assistants intelligents. 

C’est une agitation qui reflète bien l'importance des enjeux. Depuis le début du mois d'octobre, Google, Apple et Samsung avancent leurs pions dans l'intelligence artificielle et plus particulièrement sur les assistants intelligents embarqués dans les smartphones. Les trois entreprises annoncent, recrutent et rachètent à tour de bras. Dernière annonce, le recrutement par Apple, lundi, d’un nouveau responsable de l’intelligence artificielle. Et pour cause, les assistants intelligents devraient devenir l'un des points clés des smartphones dans les années à venir.

Google Assistant, le plus avancé

Le plus avancé de tous dans le domaine est clairement Google. L'entreprise a profité de ses connaissances dans la recherche internet pour passer devant Apple et Samsung. En présentant son premier smartphone de la gamme Pixel, début octobre, Google a aussi annoncé l'arrivée de son assistant intelligent, sobrement baptisé Assistant, sur son smartphone. Le Pixel, qui sort jeudi aux Etats-Unis est donc le premier mobile à l'embarquer. Et les possibilités offertes par Google sont nombreuses.

Ce nouveau logiciel qui vient en remplacement de "Google Now", le premier assistant intelligent de Google, est en effet capable de rechercher des données sur internet grâce à Knowledge Graph, la base de données utilisée par l'entreprise pour compiler les résultats de recherche. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais vous avez probablement déjà vu les "cartes" qui en sont issues. Ce sont, par exemple, les dates d'un concert qui s'affichent en premier résultat de recherche, la hauteur d'un bâtiment célèbre ou même une conversion monétaire.

Avec tous ces données, Google peut donc répondre à de nombreuses questions sur les personnalités connues, les bâtiments célèbres ou encore la météo. Mais, le champ d'action d'Assistant est bien plus large. Ce dernier est par exemple capable de trouver vos billets d'avions dans vos mails ou de communiquer le temps nécessaire pour se rendre à une adresse en tenant compte de la situation grâce à Maps. Mieux, cet assistant peut comprendre une question selon son contexte. Demandez par exemple "Combien de temps faut-il pour aller à la Tour Eiffel ?", puis "Quelle est sa hauteur ?" et Assistant comprendra que vous pensez bien au monument de Gustave Eiffel.

Siri, le pionnier qui ne veut pas se laisser distancer

Apple avait été le premier à placer un assistant intelligent dans ses produits. Présenté avec l'iPhone 4S en octobre 2011, Siri était à l'époque un assistant basique, mais il était le premier à utiliser le langage humain pour répondre aux questions de ses utilisateurs. Depuis son annonce, l'assistant d'Apple s'est largement amélioré en s'offrant des connaissances dans des domaines plus variés, en interagissant de manière plus régulière avec les paramètres des iPhone et iPad, mais aussi avec une meilleure compréhension des mots prononcés par ses utilisateurs.

apple tv siri

Pourtant, Apple s'est laissé dépasser par Google dans ce domaine. Siri butte encore sur des questions simples. Début octobre, un article du célèbre journaliste américain Walt Mosseberg pointait les approximations de l'assistant d'Apple. Lorsque le journaliste demandait à Siri la météo en Crète ce dernier donnait par exemple la météo du petit village de Crete dans l'Illinois et non celle de l'île grecque. Une réponse pas vraiment satisfaisante. Même constat lors d'une question sur les candidats à la présidentielle américaine à laquelle l'assistant ne répondait que par les résultats d'une recherche internet.

Pour refaire son retard et éviter de se laisser distancer de manière trop importante, Apple a recruté en début de semaine Russ Salakhutdinov, professeur associé en apprentissage automatique à l’université Carnegie-Mellon pour diriger ses programmes dans l'intelligence artificielle. Or, s'il est impossible d'en savoir plus sur le travail que réalisera ce spécialiste de l'intelligence artificielle, le travail de sa nouvelle équipe devrait servir à améliorer les connaissances de Siri.



S-Voice, celui qui a tout à prouver 

Samsung est, lui, largement en retard. Son assistant intelligent S-Voice intégré dans ses smartphones n'a jamais convaincu les consommateurs. Sa voix, trop robotisée, et ses possibilités limitées ont eu raison des espoirs de Samsung. Pas question pour autant pour l'entreprise sud-coréenne de laisser le champ-libre à ses concurrents. Pour refaire son retard, elle a annoncé au début du mois d'octobre le rachat de Viv Labs.

Le nom de cette start-up ne vous évoque probablement rien et pourtant elle est loin d'être novice dans le domaine. La société a en effet été fondée en 2012 par Dag Kittlaus, Adam Cheyer et Chris Brighamle qui avaient auparavant créé et revendu Siri à Apple. En résumé, Samsung s'est offert le luxe de racheter les créateurs de l'assistant intelligent de son principal concurrent.

L'objectif de cette acquisition est clair : renforcer Samsung dans le domaine de l'intelligence artificielle et permettre à l'entreprise de proposer - enfin - un assistant intelligent satisfaisant. Ce dernier pourrait d'ailleurs s'intégrer dans d'autres produits en plus des smartphones. Samsung pourrait lui trouver une place dans ses téléviseurs, ses machines à laver ou encore ses montres connectées.