Galaxy Note 7 : un scénario cauchemar pour Samsung

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Galaxy Note 7 : un scénario cauchemar pour Samsung
Samsung est confronté à de nouvelles explosions de Galaxy Note 7.@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Les explosions de modèles jugés "sûrs" s'enchaînent. L'absence de communication de Samsung laisse la place à toutes les spéculations.

Samsung serait-il en train de tomber dans le pire des scénarios avec son Galaxy Note 7 ? Alors que tout semblait réglé et que le retour du smartphone dans les magasins était en bonne voie, Samsung ayant même annoncé des dates de sortie pour l'Europe, le constructeur coréen se retrouve face à de nouveaux problèmes. Depuis une semaine, cinq mobiles jugés "sûrs" ont explosé. Et le manque de communication de Samsung pourrait entacher durablement son image.

Un premier programme de rappel bien géré. Depuis les premières explosions de Galaxy Note 7 en août, Samsung s'était montré exemplaire sur sa communication. Dès les premières explosions, l'entreprise avait lancé une enquête. Quelques jours plus tard, face à la multiplication des cas, une procédure de rappel mondiale avait été mise en place. Fin septembre, un peu plus de trois semaines après le lancement du rappel, Samsung avait annoncé que près de 60% des Galaxy Note 7 potentiellement défectueux avaient été échangés. L'entreprise annonçait alors un retour du mobile dans les magasins dès le début du mois d'octobre en Corée du Sud et à la fin du mois en Europe.

Absence de communication. Mais, depuis une semaine et l'explosion de cinq modèles échangés et jugés "sûrs", Samsung reste silencieux. L'entreprise indique simplement attendre de récupérer les smartphones ayant explosé pour comprendre les raisons de ces incidents. Simplement a-t-on appris lundi que la production de Galaxy Note 7 était arrêtée

Les opérateurs prennent les devants. Face à ce silence, les opérateurs américains ont décidé de prendre les devants. Les trois plus gros opérateurs du pays (où le smartphone était sorti le 16 août), AT&T, Verizon et T-Mobile ont annoncé ces derniers jours stopper toutes les ventes de Galaxy Note 7. "En raison des récents événements et en attendant une enquête, nous ne délivrons plus les 'nouveaux' Note 7", a indiqué un porte-parole de AT&T à Bloomberg. Les opérateurs proposent même aux possesseurs de Galaxy Note 7 issus du programme de remplacement d'échanger leur Note 7 contre un autre smartphone. 

Une situation qui échappe à Samsung. La situation semble désormais totalement échapper à Samsung. Et les médias américains ne sont pas tendres avec l'entreprise sud-coréenne. Face à l'absence de consigne de Samsung, certains conseillent à leurs lecteurs de ne plus utiliser le Note 7. "Si vous possédez un Galaxy Note 7, vous devriez immédiatement arrêter de l'utiliser et le ramener pour un échange. Nous ne savons pas pourquoi Samsung communique aussi peu, mais ça ne compte pas vraiment. En attendant d'avoir plus d'informations, l'explication la plus simple est la meilleure : le Samsung Galaxy Note 7 est un produit défectueux qui devrait être retiré du marché sans délai", écrit par exemple le très suivi site spécialisé The Verge.

L'image de Samsung écornée ? Alors que tous les observateurs s'accordaient à dire que la bonne gestion du premier programme de rappel permettrait à Samsung de ne pas trop abîmer son image de marque, les derniers événements changent la donne. "Si Samsung continue de nuire à son image avec les Galaxy Note 7, cela pourrait impacter toute la gamme Galaxy à long terme", a expliqué Song Eun-jeong, analyste chez HI Investment & Securities Co à Bloomberg. Au-delà de l’activité grand-publique de l'entreprise, l'image de la branche fabriquant des composants pour les autres constructeurs pourrait aussi être impactée.

Un impact financier difficile à estimer. L’impact financier de ces événements est difficilement mesurable. L’action Samsung perdait certes près de 2% à la bourse de Séoul, mais sur un mois la valorisation de l’entreprise est en hausse. Le coût du premier programme de rappel avait en revanche été estimé. Selon Bloomberg, il aurait coûté plus d’un milliard de dollars.