Fracture numérique, administration 2.0, innovation... : ce que prévoit Macron pour le numérique

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Fracture numérique, administration 2.0, innovation... : ce que prévoit Macron pour le numérique
Emmanuel Macron a été ministre de l'Economie et du Numérique durant deux ans.@ JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Le président élu s’intéresse de près aux nouvelles technologies. Il a promis de s’attaquer à plusieurs chantiers dans le domaine. 

Après deux ans au ministère de l'Economie et du Numérique sur son CV, le nouveau président de la République élu dimanche soir ne manque probablement pas d’idées dans le domaine. Car même si l'innovation et le numérique n'ont pas été au centre de la campagne ces dernières semaines, Emmanuel Macron, passionné de technologies, a plusieurs projets d’envergure en la matière.

Lutter contre la fracture numérique

Premier dossier sur la table du ministre du Numérique que nommera Emmanuel Macron : la lutte contre la fracture numérique. Car si Axelle Lemaire, dernière secrétaire d'Etat en charge du Numérique, a déjà lancé plusieurs chantiers dans le domaine, beaucoup reste à faire. Le nouveau président entend donc couvrir "en très haut débit l’ensemble du territoire d’ici la fin du quinquennat" pour "ne laisser aucun territoire à la traîne dans la transition numérique". Un objectif déjà visé par le plan France Très Haut Débit, mais dont la mise en place obligera à un suivi constant du dossier avec les opérateurs.

Côté mobiles, le fondateur d'En Marche ! veut obliger les opérateurs télécoms à proposer la 4G dans les zones blanches afin de reléguer "les zones sans réseau" au rang de mauvais souvenir. Et pour éviter que les opérateurs traînent les pieds trop longtemps, Emmanuel Macron a d'ores et déjà annoncé que les mauvais élèves pourraient "être sanctionnés financièrement".

Enfin, l'ancien locataire de Bercy veut s’attaquer aux difficultés que rencontrent certains avec le numérique. Il prévoit pour cela de créer "un réseau d’accompagnement sur le territoire qui proposera du temps de soutien et des formations aux outils et aux services numérique (...) à destination de ceux qui rencontrent des difficultés à utiliser le numérique".

Une administration 100% "numérique compatible"

Effectuer certaines démarches administratives uniquement sur papier ou en préfecture peut ressembler à une aberration à l'heure où plus de 85% des foyers français sont connectés à Internet. "D’ici 2022, 100% des démarches administratives pourront être effectuées depuis Internet – sauf première délivrance des documents d’identité officiels. Par exemple, il sera possible pour le citoyen de faire une demande de procuration électorale sans se rendre au commissariat", promet le programme du candidat Macron.

Et l’administration ne sera pas la seule à l'heure du numérique, la justice va lui emboîter le pas. Le fondateur d'En Marche ! veut créer un "service public numérique de la justice, avec un portail unique d'accès" regroupant "toutes les informations pratiques et la jurisprudence applicable" à chaque cas. Il permettra de "se pourvoir en justice depuis (son) ordinateur, de transmettre une requête, des pièces, ou de suivre (son) dossier depuis (son) smartphone", garantit l'ancien ministre de l'Economie et du Numérique.

Pour les entrepreneurs et les chefs d'entreprise "un nouveau service d’explication de la réglementation pour les entreprises" sera créé. Ce site "donnera à chaque TPE ou PME les obligations légales et conventionnelles qu’elle doit respecter en fonction de sa situation" et "les réponses fournies en ligne seront valables face à l’administration", précise le programme d'Emmanuel Macron.

Favoriser l'innovation

Très apprécié des jeunes créateurs de start-up, le nouveau président a promis plusieurs changement les concernant. Outre la définition "d'une stratégie nationale pour l'intelligence artificielle" qui passera par une "évaluation des usages potentiels et des enjeux (de cette technologie) pour le travail et l'emploi de demain", Emmanuel Macron entend également permettre aux entrepreneurs "pour un temps limité et dans un cadre fixé par la loi (…) de déroger aux dispositions en vigueur afin de tester de nouvelles solutions". Un fonds dédié à l'industrie et à l'innovation doté de dix milliards d'euros "issus des actions d'entreprises possédés de manière minoritaire par l'Etat" est également dans les cartons afin de "financer l'industrie du futur".

Mais la feuille de route du futur ministre du Numérique ne se limite pas à cela. En plus de ces trois chantiers principaux, le ministre du Numérique travaillera également à l’interdiction des téléphones portables dans les écoles primaires et les collèges et au développement de la télémédecine pour lutter contre les déserts médicaux.