Yannick Noah sur le premier tour de Coupe Davis : "Ce qui compte, c'est de gagner"

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VOLONTARISME - Le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis revient sur sa sélection pour le premier tour.

INTERVIEW

Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gilles Simon, Gaël Monfils et Edouard Roger-Vasselin : voici les cinq joueurs retenus par Yannich Noah pour affronter le Canada au premier tour de la Coupe Davis, du 4 au 6 mars prochain, en Guadeloupe. Pas de surprise, finalement, dans cette première composition de "Noah III", "III" comme troisième passage au poste de capitaine pour le dernier vainqueur français en Grand Chelem (Roland-Garros 1983). Malgré les récriminations de Monfils sur le lieu des débats, ceux que l'on a surnommés les "quatre mousquetaires" du tennis français sont bel et bien là. Pour la "touche Noah" sur la sélection, on repassera, donc.

Le choix de Roger-Vasselin, la (petite) surprise. "En général, il n'y a pas vraiment de touche Noah", a insisté le capitaine des Bleus dans Europe Soir. "Je m'appuie sur les résultats des joueurs durant les compétitions qui ont précédé la rencontre. Et il se trouve que les résultats me paraissent aujourd'hui suffisamment clairs et évidents (Noah a retenu les joueurs classés 9e, 10e, 15e et 16e mondiaux, ndlr). Dans ma sélection, il n'y a pas de surprise effectivement, si ce n'est le choix du cinquième joueur : Edouard Roger-Vasselin (137e joueur mondial), qui est un joueur de double, capable de remplacer ou "Jo" en double, ou Richard Gasquet si jamais le besoin s'en fait sentir."

Le choix de Roger-Vasselin n'est pas tant une surprise. Outre les qualités du joueur, Noah connaît bien son père, Christophe, avec lequel il a joué en Coupe Davis. Concernant Monfils, qui avait remis en cause le choix de disputer ce premier tour en Guadeloupe lors du dernier Open d'Australie, Noah s'était montré clair le midi en conférence de presse. "Je pense qu'il y a eu une erreur de sa part. Je pense aussi qu'il est très motivé pour aller jouer. J'espère qu'il comprendra qu'il n'a pas fait énormément de bien à l'équipe", avait insisté "Yann".

Entendu sur Europe 1
Le fait de jouer sur terre battue est un plus pour nous

La Guadeloupe, un "choix évident". Noah a une fois de plus défendu la décision de disputer la rencontre en Guadeloupe. "Le choix de la Guadeloupe, ce n'est pas l'idée d'aller absolument à la Guadeloupe", a-t-il souligné. "L'idée, c'était de jouer en France, sur un terrain extérieur, sur terre battue, ce qui, techniquement, était un choix évident. Le fait de jouer sur cette surface est un plus pour nous. Après, il faut encore gagner le match parce que ça reste une équipe qui est forte en face." Le Canada pourra notamment compter sur le récent demi-finaliste de l'Open d'Australie, Milos Raonic, classé au 13e rang mondial et considéré comme l'un des tout meilleurs serveurs au monde.

"Il faut s'adapter". A un peu plus de deux semaines de l'échéance, Noah est impatient de se retrouver avec les joueurs. "Je suis un peu frustré dans le sens où j'ai été nommé capitaine depuis quatre mois et que je n'ai pas encore eu la possibilité de vraiment commencer mon travail", regrette-t-il. "Il va vraiment commencer à partir du moment où on va tous se retrouver, mercredi prochain, en groupe, avec l'équipe, avec le maillot de l'équipe. On fait un long stage et c'est pendant cette période qu'on va commencer à caler notre mode de fonctionnement. Après cela, je pense que tout sera bien cadré. C'est vrai que, depuis ma nomination, il y a eu quelques petits flottements."

Entendu sur Europe 1
Ce qui compte, c'est de se mettre dans notre bulle et arriver sur le court gonflés à bloc

Pour autant, le nouveau capitaine des Bleus ne s'inquiète pas de ces "petits flottements", dont la sortie de Monfils fut sans aucun doute le plus grand. "Ce qui compte, c'est de gagner", tranche-t-il. "On s'adapte, je m'adapte. Lors de mon premier capitanat (1990-92), six mois avant, j'étais encore joueur, je me suis adapté. Ensuite (entre 1994 et 98), j'ai eu des joueurs avec lesquels je n'avais pas le même type de relation, je me suis encore adapté. Ensuite (en 1997 et 98), j'ai eu des filles, je me suis adapté. Il faut s'adapter. Aujourd'hui, c'est différent mais ce qui compte, c'est de se préparer, se mettre dans notre bulle, arriver sur le court gonflés à bloc, représenter notre équipe, notre drapeau et puis gagner. Ça reste notre objectif et je suis confiant et ambitieux."

Par ailleurs, Noah, qui connaît bien le PSG pour y avoir effectué un passage de "mobilisateur" lors de la finale de la Coupe des vainqueurs de coupes remportée il y a tout juste 20 ans, en 1996, est revenu sur l'affaire Serge Aurier, mis à pied par son club pour avoir insulté son coach et certains de ses coéquipiers dans une vidéo diffusée sur Periscope.

"C'est un dérapage qui peut se produire partout et je ne parle pas que du sport", estime Noah. "Ce qui me fait le plus mal, ce qui est le plus douloureux, c'est que les mots qui sont sortis ne reflètent sans doute pas les sentiments de ce garçon. Je pense sincèrement qu'il respecte ses coéquipiers mais que, quand on a 23-24 ans, qu'on est jeune, qu'on est sportif, qu'on est avec les potes, on fait les marioles. Sauf que là, ça a été filmé, pas de chance. Ça fait partie de son apprentissage."