Tour de France : comment installe-t-on une ligne d'arrivée ?

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Tour de France : comment installe-t-on une ligne d'arrivée ?
L'installation de la ligne d'arrivée sur une étape du Tour de France dure environ sept heures.@ Nicolas ROUYER/Europe 1
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Dans la plaine ou à la montagne, l'installation de la ligne d'arrivée de l'étape du jour fait l'objet d'une préparation minutieuse.

REPORTAGE

Pendant trois semaines, l'organisation du Tour de France et ses partenaires techniques sont confrontés à la même problématique : l'installation de la ligne d'arrivée de l'étape du jour. Alors que les coureurs arriveront vendredi au Bettex, dans le massif du Mont-Blanc, au terme de la 19ème étape, Europe 1 s'est rendu la semaine dernière au Chalet Reynard, dans le Mont Ventoux, pour constater l'étendue du défi que représente l'installation de la ligne d'arrivée d'une étape, et particulièrement en zone montagneuse.

Le ballet matinal des voitures et des camions. Le jour n'est pas encore levé que le Tour s'éveille déjà. Il est 5h30 du matin quand plusieurs camions manoeuvrent dans la zone d'arrivée installée près du Chalet Reynard. L'un d'eux traîne la cabine d'arrivée et le podium, replié sur lui-même. Au milieu de tous ces camions qui manoeuvrent, un homme portant un brassard rouge agite les bras. Il s'agit de Sétphane Boury, membre d'Amaury Sport Organisation (ASO), commissaire général responsable des arrivées.

Membre d'ASO (960x640)

Nicolas ROUYER/E1


Son rôle, primordial, est de mettre de l'huile dans les rouages de la grande mécanique ici à l'œuvre. "Tout le mondesait où il doit se placer en fonction d'un plan précis", nous explique-t-il. "On débute le montage à 5 heures du matin et on en a pour à peu près sept heures pour tout monter." Tout est minutieusement préparé en amont, "y compris les choses les plus bénignes, comme les toilettes, le barriérage, la peinture au sol…" Sur les 4.500 personnes qui travaillent sur le Tour, 400 à 500 sont mobilisées pour l'installation de la ligne d'arrivée.

Une vue d'ensemble du parking d'arrivée de la 12ème étape :

Camions à l'arrivée du Tour (960x640)

Nicolas ROUYER/E1


En quelques heures, une trace au sol se transforme en grande arche… :

Marque arrivée (960x640)

Nicolas ROUYER/E1

Ligne d'arrivée (960x640)

Nicolas ROUYER/E1

Un défi technique de tous les instants. La ligne d'arrivée, ce ne sont pas seulement des camions bien rangés, ce sont aussi des milliers de fils déployés. Ceux-ci servent à la mesure des temps sur la ligne, à la photo finish mais aussi, bien sûr, à la retransmission des images et aux communications radio. Lors des arrivées en montagne, ce sont des kilomètres de fibre optique qui sont tirés afin d'irriguer le camion Orange. L'entreprise et ses équipes régionales peuvent également être amenées à installer des antennes afin que les communications téléphoniques puissent être assurées. Cela sert aux journalistes, bien sûr, mais aussi à l'organisation, aux forces de gendarmerie et aux services de secours. Et, depuis cette année, Orange s'assure également du bon fonctionnement de caméras de surveillance à l'arrivée des étapes, avec un PCO dédié.

Un technicien d'Orange au travail :

Technicien d'Orange (960x640)

Nicolas ROUYER/E1


Lors des arrivées en altitude, la complexité réside également dans le fait que le protocole d'arrivée et l'ensemble des véhicules de presse ne sont pas situés au même endroit. Il faut alors assurer le service technique à deux endroits bien distincts, deux immenses villages connectés.

Le camion d'Orange situé en contrebas de la montée, centre névralgique des télécommunications sur le Tour :

Camion Orange 1 (960x640)

N.R./E1


Camion Orange 2 (960x640)

N.R./E1

"Le défi majeur, c'est qu'on est sur le troisième événement sportif mondial et que le barnum, vous le placez à la fois à Revel, une petite ville, mais vous le placez aussi au Mont Ventoux, ou encore à Finhaut-Émosson, au milieu des bouquetins et des marmottes", sourit Henri Terreaux, directeur des équipes techniques d'Orange Events, à l'œuvre sur le Tour.  "À l'Euro de football, par exemple, vous aviez quatre cars régies et dix stations satellites. Là, il y en a 150. Imaginez ramener un stade de foot presque au milieu de nulle part. Ce matin, à 4 heures du matin, il n'y avait rien, ce soir à 22 heures, il n'y aura plus rien. C'est un cirque." Le côté itinérant complique les choses, la météo itou.

Le technicien d'Europe 1 en pleine préparation de la ligne pour les commentaires en direct :

Technicien d'Europe 1 (960x640)

Nicolas ROUYER/E1


"Cette année, on a eu des grêlons à Andorre-Arcalis, mais les 100 chaînes de télé, les 70 stations de radios ont toutes été alimentées malgré tout, il n'y a pas eu une coupure, pas un brouillage. Le défi quotidien sur le Tour est d'arriver à donner, dans n'importe quelles conditions, aussi bien aux Champs-Élysées qu'au sommet du Ventoux, les mêmes moyens aux journalistes." Ces moyens à l'arrivée résident à la fois dans une zone mixte, où les coureurs sont interrogés juste après la fin de l'étape, mais également dans un camion de vidéoconférence, où sont interrogés le vainqueur de l'étape et le Maillot Jaune. Certains journalistes sont dans le camion mais la majorité d'entre eux se trouvent dans une salle de presse attenante - ou en aval quand l'arrivée est jugée en montagne - et peuvent interroger les coureurs via un retour caméra.

Dans le camion de vidéoconférence au sommet :

Salle de vidéoconférence (960x640)

Nicolas ROUYER/E1


Dans la salle de presse, en contrebas :

Salle de presse (960x640)

Nicolas ROUYER/E1



Salle de presse retour (960x640)

Nicolas ROUYER/E1


Plusieurs mois pour quelques secondes. Pour mettre en place tout ce dispositif d'arrivée, il faut concrètement plusieurs heures. Mais il faut bien plus de temps en réalité. "Il y a des repérages pendant l'hiver avec des plans bien établis", nous explique Stéphane Boury. "Il s'agit de tout coordonner, tout prévoir à l'avance." Accueillir une arrivée du Tour de France, c'est se préparer à un "barnum", mais c'est aussi s'offrir une sacrée dose de publicité. Et les candidatures sont logiquement nombreuses. "On a 250 candidatures de villes par an", précise le responsable des arrivées. "Je vais voir dans les villes ce qu'il est possible de faire, si l'arrivée est possible ou non. Question de place, de circulation, d'évacuations…"

L'arrivée, à quelques secondes du passage des coureurs sur la ligne… :

Arrivée au sommet (960x640)

Nicolas ROUYER/E1


En tant que fournisseur des lignes de télécommunications à l'organisation et aux différents médias, Orange est associé au tracé du parcours. "Je pars sur les routes au mois d'octobre et on achève les réunions de mairie au mois d'avril", précise Henri Terreaux. "Moi, j'ai besoin de déterminer le placement exact du camion. J'ai donc l'honneur qu'ils me communiquent les parcours suivants du Tour." Côté ASO, Stéphane Boury nous l'avoue : "Le Tour 2017 est pratiquement bouclé et j'ai déjà commencé le 2018".

Merci aux équipes d'ASO et d'Orange pour leur accueil et leur disponibilité.

Quand la ligne d'arrivée est déplacée… Le 14 juillet dernier, la ligne d'arrivée de l'étape a été déplacée du sommet du Mont Ventoux au Chalet Reynard, six kilomètres en aval. Un imprévu qui a dû être géré en quelques heures seulement par l'organisation, les techniciens d'Orange étant même obligés de tirer la fibre de nuit, à la lampe frontale. Du côté de l'organisation, "ça a été beaucoup de coups de téléphone passés : prévenir la préfecture, la gendarmerie". "Il a fallu libérer de la place, 1.500 m2 avec le minimum de moyens", précise Stéphane Boury. Les moyens ont été limités par rapport à une arrivée prévue au départ du Tour. De fait, et compte-tenu de la météo, des barrières n'avaient pas pu être posées sur les derniers kilomètres. C'est là que Christopher Froome avait été victime du fameux freinage intempestif de la moto télé…