Tour de France 2016 : pourquoi on a quand même vibré

  • A
  • A
Tour de France 2016 : pourquoi on a quand même vibré
Pas si décevant, ce Tour 2016. @ AFP
Partagez sur :

POSITIVONS - Globalement décevante, l’édition 2016 de la Grande Boucle a tout de même eu son lot d’émotions.

TOUR DE FRANCE

Le Tour de France 2016 n’a pas déchaîné les passions, loin de là. La faute à un Christopher Froome stratosphérique qui a dominé l’événement de bout en bout, endossant le Maillot Jaune dès la 8ème étape pour ne plus jamais le rendre. La faute à la formation Sky, l’exceptionnelle équipe du Britannique, qui a survolé la course en refoulant la moindre petite tentative venue des outsiders. La faute, justement, à ces autres leaders du classement général, qui n’ont pratiquement pas attaqué le Maillot Jaune, se contentant de lutter pour le podium. Alors on ne va pas se mentir, cette édition 2016 n’est pas un grand cru. Mais après ces trois semaines de course, on n’a pas envie de tout jeter. Ce Tour nous a tout de même fait vibrer, grâce à des moments forts, des étapes folles et des coureurs attachants. Voilà pourquoi on a tout de même apprécié ce Tour de France 2016.

  • Pour Romain Bardet, leader incontestable du cyclisme tricolore

C’est LA grosse satisfaction de ce Tour 2016. Romain Bardet dauphin de Chris Froome sur la plus grande compétition cycliste du monde, la performance est notable. Mais c’est surtout la manière qui nous a fait plaisir. A seulement 25 ans, Bardet a impressionné par son calme et sa maturité. Il a su être un leader respecté dans son équipe AG2R-La Mondiale. Il a su éviter les embûches des étapes de plaine en restant toujours bien placé. Et surtout, il a démontré son énorme potentiel en montagne, en étant au contact des meilleurs à chaque fois, et en allant gagner une superbe 19ème étape en haut du Bettex, devant tous les cadors. Finalement, la victoire ne lui échappe que sur le contre-la-montre de 37,5 kilomètres, où il a concédé quasiment trois minutes sur Froome. Dans les autres étapes de montagne, il n’a jamais perdu plus de 21 secondes sur le Britannique. Sa deuxième place est donc une récompense totalement méritée, et ô combien porteuse d’espoirs pour la suite.

La victoire de Romain Bardet lors de la 19ème étape :

  • Pour son champion d’exception, Christopher Froome

Il n’est pas le plus charismatique et c’est sans doute par sa "faute" que le Tour 2016 nous a autant déçu. Mais Christopher Froome est un champion hors pair. En remportant sa troisième Grande Boucle, le Britannique a assis un peu plus sa domination sur le cyclisme mondial. Malgré son style atypique, maladroit et pas forcément très beau à regarder, son efficacité est inégalée. Chris Froome, c’est le cycliste sans faille : celui qui ne perd pas de terrain en montagne, qui gagne du temps sur contre-la-montre, qui sait se placer sur les étapes de plaine pour ne jamais se faire surprendre. Rien qui nous fait particulièrement vibrer, mais tout ce qu’il faut pour être un cran au-dessus de tout le monde. Et marquer l’histoire du Tour. Trois succès, c’est autant que Greg LeMond, Louison Bobet et Philippe Thys, et deux de moins que Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Quand on connaît la marge de Froome sur tous ses concurrents, on peut logiquement se dire que ce record de cinq victoires est largement à sa portée.

  • Pour ses moments fous, entre le Ventoux et Saint-Gervais-Mont-Blanc

On aurait préféré de gros combats entre les favoris lors des étapes de montagne. Mais pour voir du spectacle, il fallait regarder ailleurs. Dans le Mont Ventoux, d’abord. L’image de Chris Froome parcourant quelques dizaines de mètres à pied après une chute, Maillot Jaune sur les épaules et au milieu d’une foule considérable restera le moment fort de cette édition. Du jamais vu sur la route de la Grande Boucle.

Et que dire de la victoire de Romain Bardet en haut du Bettex ? Dans un final dantesque marqué par une descente infernale sous une pluie battante avant une montée haletante vers Saint-Gervais, le Tricolore a sauvé le Tour des Français en allant s’imposer en solitaire, au panache. Si on ajoute à ces deux moments forts la superbe étape de Montpellier, disputée dans les rafales de vent, où Peter Sagan et Chris Froome sont devenus alliés d’un jour pour s’extirper du peloton, ou encore les quatre arrivées au sprint qui ont nécessité une photo finish pour décider du vainqueur, le spectacle a bien été au rendez-vous cette année.

  • Pour Peter Sagan, cet artiste du vélo, aussi barré qu’attachant

Avec Peter Sagan, le Tour a trouvé sa mascotte. En plus d’être un sprinteur exceptionnel - trois victoires d’étape et le maillot vert -, le Slovaque a animé la course quasiment tous les jours. Régulièrement présent dans les échappées, même en montagne, le champion du monde a mérité son prix du super-combatif de l’édition 2016. Avec 45 top 5 en 94 étapes, et surtout 98 journées sur 105 passées sur le Tour avec un maillot distinctif, le désormais quintuple maillot vert n’en finit plus d’affoler les compteurs. Et en plus, il fait le show.

  • Pour ses paysages extraordinaires tout au long du parcours

Côté sportif, le parcours de cette 103ème édition s’est avéré assez fade, sans véritable piège, et a semblé taillé pour Chris Froome. Côté touriste en revanche, on en a pris plein les yeux. Mont-Saint-Michel, Mont Ventoux, Mont-Blanc, rien que ce trio-la pouvait déjà ravir les plus fervents amateurs des paysages de France. Le passage du peloton en Espagne, en Andorre et en Suisse a encore sublimé le Tour, tout comme ses superbes arrivées inédites au Lac de Payolle et à la Caverne du Pont d’arc. Avec un fabuleux point d’orgue au barrage d’Emosson lors de la 17ème étape. Alors, vraiment si mauvais, ce Tour 2016 ?