Pourquoi Federer peut le faire

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avec Christophe Lamarre , modifié à
ROLAND-GARROS - Le Suisse défie Djokovic en demies. Voici dix raisons d'y croire pour "Fed".

Attendue depuis le tirage au sort, la demi-finale entre Novak Djokovic et Roger Federer aura bien lieu, vendredi, en deuxième match sur le court Philippe-Chatrier. Si Novak Djokovic, fort de son invincibilité depuis le début de l'année, partira favori, le Suisse ne manque pas d'arguments. Europe1.fr vous explique en dix points pourquoi Federer peut le faire.

Parce qu'il joue son meilleur tennis sur terre battue. Avec six victoires à Wimbledon, le gazon est le terrain d'expression privilégié de Roger Federer. Mais la terre battue n'est pas pour autant son ennemie. Il l'a déjà prouvé en remportant Roland-Garros en 2009. Et, cette année, il déploie de nouveau un tennis de haute volée porte d'Auteuil. Oubliés Monte-Carlo (sorti en quarts par Melzer), Madrid (battu en demies par Nadal) et Rome (éliminé en huitièmes par Gasquet) et des défaites plus ou moins prématurées. Federer est de retour sur terre.

Parce qu'il en a envie. "J'aimerais bien atteindre la finale car cela fait longtemps que cela ne m'est pas arrivé en Grand Chelem", a confié Roger Federer mardi. En effet, le Suisse n'a plus disputé de finale du Grand Chelem depuis janvier 2010 et celle de l'Open d'Australie, qu'il avait remportée face à Andy Murray. Le Suisse doit être aussi motivé par la perspective éventuelle de retrouver en finale Rafael Nadal, qu'il n'a jamais battu encore à Roland-Garros. Empêcher Rafael Nadal de rejoindre Björn Borg (avec six titres à Roland) après après avoir empêché Novak Djokovic d'avoir rejoint John McEnroe (avec 42 victoires de suite sur le circuit), ça aurait de l'allure.

Parce qu'il est frais. Depuis le début du tournoi, Federer n'a disputé qu'un seul match de plus de 2h (2h34). C'était en quarts de finale contre Gaël Monfils. Les matches précédents, il a tranquillement déroulé (1h59 contre Feliciano Lopez au premier tour, 1h24 contre Maxime Teixeira au deuxième, 1h30 contre Janko Tipsarevic au troisième et 1h45 contre Stanislas Wawrinka en huitièmes). Bref, les quatre jours de repos de Djokovic sont un faux problème. Federer, lui aussi, est frais. Et il a l'avantage d'être dans le rythme, à la différence du Serbe.

Parce qu'il a de l'orgueil. Federer a déjà perdu à trois reprises cette saison contre Djokovic (en demi-finales à l'Open d'Australie, en finale à Dubai et de nouveau en demi-finales à Indian Wells). L'heure de la revanche sonne à nouveau. Et elle sonne fort. Car Federer sait qu'en battant le Serbe, il resterait à jamais comme le joueur qui a mis fin à la deuxième plus longue série de victoires de l'histoire (41). Et ça, ça doit le motiver, d'autant plus que les deux joueurs ne sont pas connus pour être les deux meilleurs amis du monde...

Parce qu'il joue vers l'avant. Personne ne peut nier que Juan Martin del Potro et Richard Gasquet, les deux précédentes victimes de Novak Djokovic, ont un beau jeu. Mais s'ils savent attaquer, aucun des deux ne peut se targuer d'avoir le talent offensif de Federer. Or, Djokovic est (très) légèrement moins à l'aise face à des joueurs agressifs. Si Federer prend d'assaut le filet, il peut perturber Djokovic. On a dit "il peut".

Parce que Novak Djokovic aura la pression. Un ticket pour une première finale à Roland-Garros, un record de 42 matches consécutifs sans défaite égalé, une place de n°1 mondial... A-t-on le souvenir d'un match avec une telle importance ? A un moment donné, et même s'il en a dans la tête, le "Djoker" peut être rattrapé par la pression et la peur de (tout) gagner. Ça reste un être humain quand même, non ?

Parce que toutes les séries ont une fin. C'est d'une logique implacable. Et Federer, qui a vu pas mal de ses séries interrompues (Wimbledon, place de n°1, demi-finales consécutives en Grand Chelem...), le sait plus que quiconque. La série d'invincibilité de Djokovic, qui dure depuis la finale de Coupe Davis en décembre dernier, va forcément s'arrêter un jour. Ou vendredi.

Parce qu'il fera beau et chaud. Il fera plus de 29° C et un grand soleil quand débutera la demi-finale, vendredi, aux alentours de 16-17h (après Nadal-Murray prévu à 14h00). Ce n'est pas une anecdote. La chaleur convient bien aux gros serveurs comme Federer. Il faudrait aussi qu'il n'y ait pas trop de vent...

Parce que le public sera derrière lui. Lors de la présentation des joueurs, mardi, en quarts de finale, Roger Federer a reçu autant, voire plus d'applaudissements que Gaël Monfils. Porte d'Auteuil, le Suisse est aussi un peu chez lui. La première raison de ce soutien tient au fait qu'il est francophone. Nadal, qui a gagné cinq fois le tournoi, ne fait toujours que bredouiller des mots de français. Même Djokovic s'y est mis avant lui. Federer séduit grâce à son français plein de fraîcheur. Il séduit aussi parce qu'il incarne des valeurs : classe, respect et humilité.

Parce qu'il s'appelle Roger Federer. Et qu'il est le plus grand joueur de tennis de tous les temps.

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