Monfils-Federer, toujours le même film

  • A
  • A
Monfils-Federer, toujours le même film
@ REUTERS
Partagez sur :

ROLAND-GARROS - Pour la troisième fois, le Français a été éliminé par le Suisse. Du déjà-vu.

Après 2008 (en demies) et 2009 (en quarts), Gaël Monfils a de nouveau été évincé de Roland-Garros par Roger Federer, mardi, en quarts de finale (6-4, 6-3, 7-6(3)). Fiche technique d'un film qui sentait le déjà-vu.

Le scénario. Bien entré dans la partie, Gaël Monfils mène 3-1 après avoir réussi le premier break. Mais, très rapidement, Roger Federer reprend le dessus. Plus créatif, le Suisse débreake pour revenir à 3-3 sur une demi-volée amortie. La chance du Parisien est passée, déjà. Cette chance qu'il avait eue dans le quatrième set en 2008, avec ses huit balles de break, ou en fin de première manche, en 2009, avec une balle de set, ne reviendra pas. Malgré un débreak de Monfils à 1-2, dans la troisième manche, Federer s'impose en trois sets (6-4, 6-3, 7-6(3)) en 2h34.

Federer le placide, Monfils, le turbulent

Les acteurs. D'un côté, le meilleur joueur de tous les temps. De l'autre, le meilleur joueur français du moment. Un casting toujours alléchant et deux styles différents. D'un côté, Federer le posé, le placide. De l'autre, Monfils, le turbulent, le truculent. Dans la tête de Monfils, ça bout. Et même si l'élève de Roger Rasheed s'est calmé, il est toujours capable de dégoupiller, comme ce jet de raquettes après s'être fait breaker dans le deuxième set, ce hurlement après un point perdu en début de troisième ou ce "Oh pardon" après un lancer de balles raté. De l'autre côté, Federer montre toujours aussi peu ses émotions, même si on l'a aperçu serrer le poing en fin de deuxième set. Federer, c'est un acteur de cinéma muet, à la gestuelle éternelle.

Les costumes. En 2008, les deux acteurs avaient opté pour le noir. En 2009, "La Monf'" était en jaune fluo et "Fed" en bleu ciel à liserets orange. Cette année, si la température était plus fraîche, les couleurs, elles, étaient plus chaudes, avec Monfils en violet et Federer en rouge.

Des supporters pour les deux joueurs

Le décor. Toujours le même, le court Philippe-Chatrier, par un après-midi plus ou moins ensoleillé et plus ou moins venteux, comme ce fut le cas mardi après-midi. Et toujours 15.000 personnes prêtes à s'enthousiasmer. Car oui, avec Gaël Monfils, un simple débreak peut entraîner une ola, comme ce fut le cas à 2-3 dans le deuxième set. Mais Roger Federer a ses (nombreux) supporters. Il n'y a pas que les Français qui jouent à domicile à Roland-Garros, il y a aussi Federer, le gentleman francophone.

Le générique de fin. Honneur au perdant. Monfils arrive le premier en conférence de presse, les cheveux hirsutes, l'air de s'être réveillé depuis cinq minutes. Tutoiement de rigueur. Le Français explique son match avec des mots simples et quelques anglicismes, dans un mélange indéfinissable de gentillesse et de nonchalance. "Son kick est chiant", "je me suis peut-être un peu trop focus sur mon service", "il y en a qui ont cinq jours de repos (Quatre en fait, pour Djokovic) et moi j'enchaîne en back to back Ferrer et Federer". Quelques minutes plus tard, Federer lui succède. Casquette siglée, veste siglée, survêtement siglé, autre style. Salle de presse bondée. Questions en anglais, en français, en suisse romand. Et cette facilité à mettre des mots sur son génie. "Actuellement, et ce n'est pas toujours le cas, je domine mon service et je sens que si j'ai envie de servir dans le coin, je peux le faire." Puis une litanie de questions sur le choc à venir contre Djokovic. Ce film-là est inédit porte d'Auteuil. Et sa sortie est très attendue.