PSG-Monaco : vers une fête en demi-teinte ?

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PSG-Monaco : vers une fête en demi-teinte ?
Dimanche soir, les Parisiens peuvent glaner leur troisième titre de la saison, après le Trophée des champions et la Coupe de la Ligue. À chaque fois contre Monaco...@ FRANCK FIFE / AFP
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Le Paris Saint-Germain a l'occasion de décrocher son septième titre de champion de France face à Monaco, dimanche soir, au Parc des Princes. Mais cette fois, la fête pourrait ne pas être totale.

C'est presque devenu une habitude. Le PSG a l'occasion dimanche soir de remporter le championnat de France pour la septième fois de son histoire, la cinquième en six ans. Pour espérer soulever l'Hexagoal, les Parisiens devront obligatoirement s'imposer sur leur pelouse contre leur actuel dauphin, l'AS Monaco. Mais si fête il y a, celle-ci pourrait avoir un goût un peu fade…

  • Un suspense limité

À la question "Ce match compte-t-il plus que les autres ?", difficile de répondre par l'affirmative, tant le titre est promis depuis de longues semaines aux Parisiens, autant que la deuxième place l'est aux Monégasques. Si le club de la capitale perd dimanche, la sacre ne sera finalement que reporté au week-end suivant à Bordeaux, voire à celui d'après face à Guingamp.

Et même cela semble peu probable, au regard des dernières confrontations entre les deux clubs. En janvier 2017, les joueurs du Rocher avaient certes accroché le point du match nul dans les derniers instants (1-1), mais depuis, le bilan est de cinq victoires en cinq matches pour le PSG : une demi-finale de Coupe de France (5-0), un Trophée des champions (2-1), un match de Ligue 1 en Principauté (2-1), et deux finales de Coupe de la Ligue, dont la dernière il y a quinze jours (3-0).

Cette saison, les hommes d'Unai Emery ont par ailleurs signé un sans-faute à domicile en Ligue 1, avec seize victoires en autant de matches.

  • Paris privé de ses ultras

Il y a deux ans, les Parisiens avaient été sacrés sur la pelouse de Troyes, au terme d'un festival offensif rare (9-0). L'année d'avant, c'était à Montpellier. En 2012-2013, à Lyon. Depuis l'arrivée des Qatariens à la tête du club, le seul titre glané à domicile par les Bleu et Rouge l'a en fait été avant le coup d'envoi. C'était en 2014, et Paris avait quelque peu gâché la fête en s'inclinant contre Rennes (2-1). Cette fois, l'occasion est belle de communier avec leur public. Problème : les ultras ne seront pas de la partie.

En cause : les craquages massifs de fumigènes lors du match face à l’OM, ainsi qu'une banderole insultante déployée lors de ce même "Classique". La commission de discipline de la LFP a ainsi infligé un huis clos partiel à la zone occupée par le CUP (Collectif Ultras Paris). Match du titre ou pas.

  • Neymar n'en sera pas

Lui aussi sera absent. Neymar est toujours en convalescence au Brésil, à 10.000 km de là. Vendredi, le Brésilien a lâché qu'il lui manquait "un petit mois" pour revenir. Voilà pour le terrain. Mais selon Le Parisien, la star du PSG ne foulera pas non plus le sol français avant le 23 avril.

Il ne sera donc pas à Paris pour fêter le titre en cas de succès. Pour un joueur censé symboliser les ambitions XXL du club cette saison, cela fait un peu tache…

  • Un goût toujours amer en bouche…

Une grosse prestation contre les Monégasques ne ferait pas non plus oublier l'échec majeur du PSG en Ligue des champions cette saison. Éliminés par le Real Madrid en huitièmes de finale, sans jamais donner l'impression de pouvoir rivaliser avec l'équipe de Cristiano Ronaldo, les Parisiens n'ont visiblement pas réussi à cicatriser de cette blessure.

Depuis, l'envie n'y est plus tout à fait. Un peu comme à Saint-Étienne, le week-end dernier (1-1). "Ce n'est pas évident à expliquer, on n'était pas vraiment concernés (…). On touche à la fin de la saison, le titre nous tend les bras. Peut-être un peu de suffisance, tout simplement, qui entraîne un petit manque de peps et de grinta", concédait même le latéral belge du PSG, Thomas Meunier, après la piètre performance de son équipe.

  • Les rideaux déjà prêts à se refermer

La saison n'est pas encore tout à fait terminée, mais Paris a la tête ailleurs. Tout comme son entraîneur, Unai Emery, en fin de contrat, et sans aucun doute condamné au départ. Avec ce nom qui revient avec insistance pour le remplacer sur le banc : celui de l'Allemand Thomas Tuchel. Beaucoup de joueurs, eux non plus, ne savent pas bien où ils seront l'année prochaine : Edinson Cavani, Javier Pastore et Adrien Rabiot ont laissé planer le doute, il y a deux semaines, après leur victoire en Coupe de la Ligue.

"Nous ne pensons pas uniquement à être champions, mais aussi à réaliser un bon match, à marquer des buts, et à procurer un maximum de plaisir à nos supporters", a tenté de positiver Marquinhos cette semaine, dans un entretien à PSG TV. Car il ne faut pas oublier que Paris et Monaco restent les deux meilleures équipes françaises de ces dernières années. À défaut d'explosions de joie et de feux d'artifice, ce choc pourrait au moins être une fête du football.