Pourquoi le Tour de France commence (un peu) à nous ennuyer

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Pourquoi le Tour de France commence (un peu) à nous ennuyer
@ PHILIPPE LOPEZ / AFP
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En dehors des étapes de montagne, toutes les arrivées se sont réglées au sprint. Et les échappées se font rares. 

TOUR DE FRANCE

Si vous n’avez regardé que l’étape de dimanche dernier, entre Nantua et Chambéry, arrêtez immédiatement de lire cet article. Ce jour-là, la course a été dynamitée par les échappées, les accélérations des leaders, les descentes ultra-rapides des AG2R La Mondiale,… Bref, on a tous vibré devant notre télévision. Mais après 11 jours de course, force est de constater que l’ennui gagne souvent le téléspectateur lors des étapes de plat. Et la 11ème étape, cousue main pour les sprinteurs, ne devrait pas éviter quelques moments de somnolence aux téléspectateurs. 

"Je suis étonné du manque d’attaques"

Et on n’est pas le seul à partager ce constat. Juste après son échappée sur la 10e étape entre Périgueux et Bergerac, le Français Yoann Offredo a poussé un gros coup de gueule contre la frilosité du peloton. "Je suis étonné du manque d'initiatives, d'attaques, il n'y a pas beaucoup de motivation à aller en échappée", a-t-il déploré sur le plateau de Vélo club. "Je suis agacé, pas seulement pour moi mais aussi pour le téléspectateur, il y a certainement des explications".

Derrière cet énervement, une critique contre les équipes qui aident Quick Step à rattraper les échappées pour pouvoir offrir une chance aux gros bras de disputer le sprint. Yoann Offredo a ensuite récupéré sa bonne humeur pour lancer un appel : "Si des coureurs sont intéressés à me rejoindre dans l'échappée, je serai disponible à 9h au bus des Wanty"

Romain Bardet, leader de l’équipe AG2R et troisième provisoire du classement général, s’est, lui aussi emporté contre cette stratégie de "gagne-petit" de certaines équipes. "Si on n'essaye pas d'affaiblir Froome quand il est tout seul, on va avoir du mal à gagner", a-t-il déclaré il y a deux jours dans une attaque à peine voilée contre l'Italien Fabio Aru et le Danois Jakob Fuglsang. Romain Bardet ne s’intéresse pas aux étapes de plaine mais le constat est le même : le manque d’ambition gagne le peloton.

Le même scénario se répète tous les jours (ou presque)

A part le chrono du premier jour et les deux étapes de montagne le week-end dernier, toutes les autres étapes ont suivi exactement le même scénario. Des échappées précoces, parfois dès le premier kilomètre. Derrière, le peloton gère avant de produire son effort pour recoller sur les hommes de tête. Avec de nombreuses équipes qui prennent des relais devant pour espérer figurer en bonne position dans le sprint final. Sauf que dans cet exercice, l’Allemand Marcel Kittel est bien le plus fort et totalise déjà quatre victoires d’étape.

Même le dernier vainqueur français du Tour de France, Bernard Hinault, s’ennuie. "On sait déjà tout ce qui va se passer dans les étapes plates", expliquait le "Blaireau" au Parisien vendredi dernier. "Au lieu de relancer des coups à droite à gauche, on attend que les équipes de sprinteurs ramènent tout le monde. Il y a pourtant plein de gars qui n’ont aucune chance de gagner au sprint. Mais ils ne font rien et attendent. Et d’autres sont contents juste parce qu’ils passent à la télé… Mais bon sang, si j’étais patron d’une équipe, je dirais à mes gars. 'Vous attaquez tout le temps les mecs. Pas juste au début de l’étape. Foutez-moi un peu le bordel là-dedans !'". Le message est passé : on veut du bordel.