Portugal-France : Didier Deschamps est-il vraiment béni des dieux ?

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Portugal-France : Didier Deschamps est-il vraiment béni des dieux ?
DD, ce gagnant. @ PASCAL GUYOT / AFP
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On l’entend souvent : DD a toujours eu de la chance depuis le début de sa carrière. Mais la qualification en finale de l’Euro est-elle seulement une intervention divine ?

Une main de Bastian Schweinsteiger au plus fort de la domination allemande, Jérôme Boateng blessé en deuxième période…  L’équipe de France a bénéficié de plusieurs faits de jeu favorables pour battre l’Allemagne, jeudi soir, et se qualifier pour la finale de "son" Euro, contre le Portugal. Il n’en fallait pas plus pour qu’on voit dans ce succès français la marque de la fameuse "chance" de Didier Deschamps. On l’entend souvent : depuis le début de sa carrière, DD serait béni des Dieux. Mais est-ce vrai ? Le LabEuro pèse le pour et le contre.

  • Pour : à l’Euro, la chance était là

Avant l’Euro : des joueurs tombés du ciel. Avant l’Euro, Didier Deschamps a dû composer avec les coups durs. Mais heureusement pour lui, deux joueurs ont flambé à quelques mois de la compétition. Le premier, c’est bien évidemment Dimitri Payet. Le milieu offensif de West Ham, longtemps indésirable en Bleu, a obtenu une nouvelle chance et l’a immédiatement saisie. La suite, vous la connaissez : des coup-francs de folie, le sauveur de la nation contre la Roumanie en ouverture de l’Euro et buteur contre l’Albanie. L’autre joueur tombé du ciel, c’est N’Golo Kanté, la pépite de Leicester, énorme dans l’entrejeu à chaque fois qu’il a été titularisé. Même si aujourd’hui, il n’est plus titulaire, la faute au passage du 4-3-3 au 4-2-3-1.

A l’Euro : un parcours pas vraiment infernal. Dès le tirage au sort de l’Euro, la chance a été du côté de DD. Franchement, un groupe au premier tour avec l’Albanie, la Roumanie et la Suisse, on pouvait difficilement rêver mieux. Alors certes, ce fut loin d’être facile, mais les Bleus ont pu monter doucement en régime. En huitièmes, oui, l’Irlande a donné du fil à retordre. Mais les hommes en Vert étaient vraiment un cran en-dessous. Et on ne parlera pas des sympathiques islandais, balayés en quarts de finale. Jusqu’à l’Allemagne, le parcours de l’équipe de France a vraiment été loin, très loin d’être infernal.

Contre l’Allemagne : les planètes étaient alignées. Même contre les champions du monde en titre, tous les éléments ont convergé vers DD. Avant le match : les Allemands privés de trois cadres, Hummels, Khedira et Gomez. En première période : la main de Schweinsteiger qui provoque un penalty, alors que les Bleus étaient largement dominés. Et ça a continué en deuxième période : Boateng, excellent toute la rencontre, s’est blessé. Si tout ça, ça ne s’appelle pas de la chance…

  • Contre : un coaching qui ne doit rien à personne

Avant l’Euro : une préparation catastrophique. La fameuse chance de DD l’a tout de même longtemps fui ces derniers mois. On ne va pas vous rappeler toutes les polémiques et les blessures qui ont escorté la préparation des Bleus, et le climat délétère autour de l’équipe de France quelques mois avant l’Euro. Rappelons juste les absents qu’a dû déplorer, impuissant, le sélectionneur tricolore : Karim Benzema, Raphaël Varane, Mamadou Sakho et Jérémy Mathieu. On a connu plus chanceux…

A l’Euro : un coaching qui ne doit rien à la chance. Quand on est le dernier entraîneur à avoir emmené une équipe française en finale de Ligue des champions (défaite de Monaco contre Porto en 2004), le coach qui a couronné l’OM champion de France après des années de disette (2010), on ne peut pas uniquement compter sur la chance. Mais aussi sur son talent d’entraîneur. Des preuves durant cet Euro ? Le pragmatisme de DD, et sa faculté à changer les systèmes, du 4-3-3 au 4-2-3-1, pour faire gagner ses troupes. Ca n’a pas toujours été flamboyant, mais c’est gagnant. La marque des grands.

Contre l’Allemagne : il a cru en Umtiti (et il était un des seuls). Contre l’Allemagne, Didier Deschamps a prouvé encore une fois qu’il était un entraîneur de classe internationale. Franchement, qui aurait parié sur une titularisation de Samuel Umtiti pour la demi-finale ? Mettre en charnière centrale un jeune Lyonnais sans expérience internationale, dans un tel match, il fallait oser. DD a tenté, et il a gagné. Sans la chance.