Pérec, une "gazelle" sur marathon

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Pérec, une "gazelle" sur marathon
@ REUTERS
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ATHLE - La double championne olympique du 400 m va disputer le marathon de New York.

Marie-José Pérec (930x1240)

© MAXPPP

C'est une étrange distance pour une "gazelle". Le dimanche 3 novembre prochain, Marie-José Pérec va s'aligner pour la première fois sur un marathon, soit une distance de 42,195 km, elle qui était habituée à briller sur le tour ou le demi-tour de piste, soit 400 ou 200 m. "Pour moi, c'est vraiment quelque chose de très, très dur de courir un marathon", a expliqué la double championne olympique d'Atlanta. "Je pense qu'il faut être fou." Mais pourquoi, elle, la reine "Marie-Jo" se donne-t-elle le mal de disputer son premier marathon à l'âge de 45 ans et après plus d'une décennie loin des pistes ? "La chose qui me fera m'accrocher, c'est de savoir que, derrière, il y a ces enfants qui comptent sur nous. Il n'y a que ça qui me fera tenir."

En effet, la Guadeloupéenne, qui a repris tout doucement l'entraînement en mars dernier, va disputer ce marathon avec l'objectif de lever des fonds pour la fondation "Peace&Sport", qui participe aux programmes d'aide aux jeunes rescapés du séisme de 2010, à Haïti, pays voisin de son île d'origine. "J'aime l'idée de faire du bien autour de moi, que ce soit en aidant mon voisin, en travaillant avec l'Unesco, en hébergeant tel ou tel athlète chez moi, comme (l'ex-champion) Maurice Greene du temps où j'étais aux Etats-Unis. (...) Aujourd'hui, j'utilise le potentiel de ma notoriété pour exprimer cette sensibilité exacerbée."

"J'apprends à courir plus lentement"

Marie-José Pérec (930x620)

© REUTERS

Avare d'apparitions médiatiques depuis sa fuite lors des JO de Sydney, en 2000, et sa retraite définitive prise quatre ans plus tard, Pérec a également délaissé le sport. "Le sport, ça ne m'a jamais manqué. Je sais qu'il y a des gens qui le pratiquent pour se sentir bien. Dans ma vie, j'étais passée à autre chose, j'ai une très belle famille, d'autres choses en tête", explique celle qui est mère d'un petit garçon de trois ans. Il a donc fallu réapprendre à souffrir." Au début, je peinais à respirer, je rentrais avec mal au dos, aux genoux, aux pieds, partout. Un mois après, mon corps retrouva la mémoire. Puis le sport redevint une drogue", révèle la championne tricolore, dont la silhouette n'a guère changé depuis ses glorieuses années. Habituée à des distances 100 fois moins longues que le marathon durant sa carrière, "Marie-Jo" doit parfois aller contre ses habitudes. "Afin de tenir la distance, j'apprends à courir plus lentement", détaille-t-elle. "Mais parfois, mon naturel revient au galop : alors, presque sans m'en rendre compte, j'accélère, prise d'un réflexe de vitesse que je dois freiner au plus vite."

Malgré ses trois titres olympiques et deux mondiaux, la native de Basse-Terre a donc eu besoin de chercher quelques conseils pour appréhender la distance. "Sous un faux nom, je me suis inscrite sur des forums de marathoniens afin de picorer, tous les jours, un maximum d'informations", sourit-elle. Au départ du marathon de New York avec 19 autres coureurs pour "Peace&Sport", Pérec s'attend à souffrir, "surtout aux genoux", mais entend par-dessus tout aller au bout. Elle ne rêve "absolument pas d'un temps" et se dit prête à courir "pendant cinq heures". Il lui reste aujourd'hui trois semaines et demie pour peaufiner sa préparation d'athlète redevenue (presque) normale.