Paris 2024 : un week-end pour faire pencher la balance

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Paris 2024 : un week-end pour faire pencher la balance
Paris sera définitivement fixé sur son sort le 13 septembre 2017.@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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J-348 - Le président du CIO sera à Paris samedi et dimanche pour rencontrer les responsables de la candidature française pour les JO, encore au coude à coude avec celle de Los Angeles.

"La force d'un rêve". Les jours passent et le slogan de la candidature de Paris aux JO 2024 ne faiblit pas. Dans moins d’un an, le 13 septembre 2017 exactement, le Comité international olympique dévoilera le nom tant attendu de la ville hôte. Après avoir posé ses valises à Budapest en décembre 2015 et à Los Angeles en février dernier, son président, Thomas Bach, devait se rendre à Paris avant les JO de Rio mais avait été empêché par l'actualité liée au scandale de dopage des athlètes russes. En guise de rattrapage, samedi et dimanche, il fera le point sur le dossier parisien avec ses principaux responsables, à savoir les co-présidents Bernard Lapasset et Tony Estanguet, la maire de Paris Anne Hidalgo, ainsi que le président de la République François Hollande.

La visite de l’Allemand intervient à une semaine de la remise du deuxième volet du dossier de candidature et alors que Rome vient de jeter l’éponge dans la course aux anneaux. Pour Paris, l’occasion est belle de faire les yeux doux au CIO.

Une belle cote à préserver. La candidature de Paris est "exemplaire", louait encore Thomas Bach le 16 avril dernier, lors d’une rencontre avec François Hollande à Lausanne. "Nous sommes très heureux de voir que la France se mobilise et nous sommes sûrs que ce sera une candidature très, très forte" avait-il également vanté. Forte des leçons tirées de 1992, 2008 et 2012 – voire même de la candidature ratée d’Annecy pour les JO d’hiver 2018 – la capitale est en effet en position très favorable, même si l’adversité représentée par Los Angeles s’avère redoutable.

Il y a douze ans, au même stade, c'est avec Londres que Paris rivalisait en tête des pronostics pour l'attribution des JO 2012. Mais les choses ont bien changé depuis. Cette fois, les sportifs ont évincé les politiques pour conduire la campagne, ce qui plaît beaucoup au jury. Le premier dossier de candidature sur le "concept" des Jeux déposé le 17 février est lui encore plus solide qu’à l’époque, tant au niveau du budget, plus réaliste, que des sites, presque livrés en main. Le deuxième dossier portant sur la gouvernance, les aspects juridiques et le financement des Jeux, qui doit être rendu le 7 octobre, promet de l’être également. La Région Île-de-France s'est d’ailleurs engagée la semaine dernière à hauteur de 145 millions d'euros, une somme identique à celle prévue par la Ville de Paris.


Encore des obstacles à franchir. Si Paris 2024 séduit aujourd'hui, il ne lui en reste pas moins beaucoup d'obstacles à franchir. D'abord, celui du taux de popularité de son projet en France, qui sera mesuré à plusieurs reprises par le CIO ces prochains mois et crucial pour ses membres-électeurs. Une campagne de mobilisation va ainsi débuter dans les prochains jours pour convaincre les Français - qui sont 65% à se déclarer en faveur des Jeux contre 88% pour les habitants de Los Angeles – que les Jeux olympiques ne sont pas forcément synonymes de gabegie.

Le principal obstacle reste néanmoins… Los Angeles. La métropole californienne, déjà organisatrice des Jeux d'été à deux reprises, en 1932 et 1984, se veut particulièrement rassurante et répète à l'envi qu'elle dispose de toutes les installations, un atout majeur dans la course à l’organisation. "Nous voulons capitaliser sur l'immense pool d'innovation et les ressources entrepreneuriales" de la Silicon Valley, insiste aussi la "Cité des Anges", portée vers l'innovation et le numérique. Un élément auquel le président du CIO s'est déjà dit très sensible. En résumé, Thomas Bach aime tout le monde, même Budapest, qui paraît déjà bien distancée par ses concurrents français et américain.


Indispensable lobbying. Si Paris veut faire la différence, un bon dossier ne suffit plus. Il s'agit de trouver "l'histoire qui convaincra les électeurs du CIO que c'est Paris qui peut amener le plus à l'olympisme", confirme Tony Estanguet, le co-président, avec Bernard Lapasset, du comité d’organisation de Paris 2024. Comprenez : faire du lobbying. Et les deux s’y connaissent plutôt bien en la matière. Bernard Lapasset avait ainsi réussi à faire inscrire le rugby à sept comme discipline olympique pour Rio 2016. Tony Estanguet, lui, à se faire élire membre du CIO en 2012. C’est avec la même énergie qu’ils devront convaincre Thomas Bach de réaliser leur "rêve". Plus que jamais, 2024, c’est demain.


Le calendrier à venir pour Paris 2024 :

7 octobre 2016 : Remise au CIO du deuxième dossier, présentant la gouvernance, les aspects juridiques et le financement des sites du projet.

Novembre 2016 : Présentation du projet à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Association des comités olympiques nationaux, à Doha.

3 février 2017 : Remise au CIO du troisième dossier, présentant des plans détaillés portant sur la livraison des Jeux, l’expérience et l’héritage en termes de sites olympiques.

Avril 2017 : Lorsque l'ex-athlète Frankie Fredericks et ses 12 collègues de la commission d'évaluation débarqueront dans la capitale pour inspecter les sites prévisionnels des Jeux, dont 95% existent déjà.

Juillet 2017 : Paris 2024 présente sa candidature à l’ensemble des membres du CIO et aux Fédérations internationales.

13 septembre 2017 : Présentation finale à Lima, au Pérou, et élection par le CIO de la ville organisatrice des JO.