Paris 2024 : les Jeux sont-ils faits ?

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Paris 2024 : les Jeux sont-ils faits ?
Paris veut uniquement candidater pour 2024, et non pour 2028. @ FRANCK FIFE / AFP
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Le CIO doit entériner mardi le principe du double vote pour l’attribution des Jeux olympiques. Alors que Los Angeles a ouvert la porte pour 2028, Paris fait office de favorite pour 2024. 

Sauf énorme coup de théâtre, le Comité international olympique (CIO) doit valider mardi le principe du double vote pour l’attribution en septembre des Jeux 2024 et 2028. Paris et Los Angeles, les deux seules villes candidates, seraient ainsi assurées d’obtenir l’organisation des JO. Il resterait cependant une interrogation : savoir dans quel ordre les Jeux seraient attribués. Mais la ville américaine a récemment semblé ouvrir la porte à 2028. De quoi assurer à Paris l’obtention des Jeux 2024 ?

  • Paris focalisé sur 2024

L'édition du centenaire. "Ce n'est pas une tactique de mettre en avant le centenaire (des JO 1924 à Paris)", explique Tony Estanguet, coprésident de la candidature parisienne. "Cela fait partie des atouts classiques comme le fait qu'on présente une quatrième candidature et le fait que l'on est un partenaire qui accueille régulièrement des événements avec succès".

Un réseau de transports efficace. Dans son rapport publié mercredi, la commission d'évaluation du CIO salue la qualité du réseau de transports publics francilien et "les importants projets d'expansion".

La compacité des sites. Le dossier parisien offre "une compacité des sites au cœur de Paris, avec 22 sports dans un rayon de 10 km avec des sites emblématiques, Los Angeles ne l'offre pas", assure Estanguet.

Profiter de la "dynamique politique". "Si aujourd'hui la dynamique s'arrête parce qu'on n'a pas eu les JO 2024, ce sera très compliqué de la retrouver", ajoute le triple champion olympique de canoë. "On sait que les interlocuteurs ne seront plus là pour 2028 alors que le tandem Emmanuel Macron-Anne Hidalgo peut être là pour 2024".

Un projet "moins bon" en 2028. "Notre projet en 2028 sera moins bon qu'en 2024. Le projet technique, on ne pourra pas le maintenir pour 2028 et forcément on va devoir s'éloigner du centre de Paris. Si l'on installe le Village olympique et le centre aquatique plus loin, ce n'est pas le même projet", conclut Estanguet.

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  • Los Angeles pas contre 2028

LA pas uniquement tourné vers 2024. Début juin, le patron de la candidature américaine Casey Wasserman a semblé ouvrir la porte pour la première fois à une candidature de LA pour 2028 : "Pour parler clairement, la candidature de LA 2024 n'a jamais été uniquement à propos de Los Angeles et uniquement à propos de 2024", a-t-il expliqué.

Mais le comité de candidature américain, dans une mise au point, a aussitôt répété que LA est "la ville idéale pour accueillir les JO 2024". "Los Angeles apporterait le plus au mouvement olympique en 2024, pourquoi attendre 2028 ?", a renchéri son maire démocrate, Eric Garcetti.

Los Angeles a les moyens de patienter. Pour autant, LA qui, selon la commission d'évaluation, base son projet sur "97% de structures existantes ou temporaires", peut attendre 2028. Ainsi, contrairement à Paris, Los Angeles qui a décidé de ne pas construire de Village olympique et d'utiliser le campus de l'université UCLA, semble moins dépendante que Paris des permis de construire et de leur durée limitée.

Une compensation financière pour 2028 ? Cependant, la candidature californienne explique que son financement est programmé pour 2024 seulement : comme le projet californien sera financé par des investisseurs privés (5,3 milliards de dollars, soit 4,6 milliards d’euros), il est très dépendant de la conjoncture économique américaine. Rien ne dit que, si LA devait attendre quelques années de plus, les partenaires privés seraient aussi nombreux et généreux. Le projet est par ailleurs conçu uniquement pour 2024, notamment les plans pour les infrastructures temporaires.

Mais le CIO pourrait offrir une "compensation" pour 2028, en augmentant l'enveloppe allouée pour chaque ville organisatrice. Pour 2024, l'enveloppe se monte à 1,5 milliard de dollars (1,3 milliard d’euros). Pour 2028, elle pourrait grimper de 100 à 200 millions de dollars (88 à 175 millions d’euros) au rythme de la revalorisation des contrats TV et marketing, même si Thomas Bach a assuré en juin qu'on n'a "pas à gratifier quelqu'un à qui l'on offre un cadeau".