Paralympiques - Michaël Jeremiasz : "montrer au monde ce dont on est capables"

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Paralympiques - Michaël Jeremiasz : "montrer au monde ce dont on est capables"
Michaël Jérémiasz a été médaillé aux Jeux à quatre reprises, dont une fois en or à Pékin en 2008.@ JACQUES DEMARTHON / AFP
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Le porte-drapeau de la délégation française ne cache pas son impatience au moment de s’envoler pour Rio à l’occasion des Jeux paralympiques, du 7 au 18 septembre.

INTERVIEW

Paraplégique depuis ses 18 ans et un accident de ski, Michaël Jeremiasz, aujourd'hui âgé de 34 ans, s’apprête à disputer ses derniers Jeux à Rio, en tennis fauteuil. Déjà quadruple médaillé aux Jeux paralympiques, le Parisien a été choisi pour être le porte-drapeau de la délégation française. Un rôle qu’il prend très à cœur et qu’il est impatient de relever.

"J’ai hâte de vivre ce moment extraordinaire". "J’ai eu la chance d’aller aux JO il y a un mois avec Teddy Riner et la délégation française, donc en tant que porte-drapeaux, on était les deux à accueillir François Hollande au Village olympique et à inaugurer le Club France, donc j’ai déjà pu voir ce qui nous attend", confie-t-il sur Europe 1. "J’ai aussi échangé au retour des athlètes, j’étais là avec eux à l’Élysée, ils m’ont tout raconté. Teddy m’a aussi raconté ce qu’il a vécu le jour du défilé et donc j’ai hâte de vivre ce moment extraordinaire, d’entrer dans ce Maracaña où 80.000 personnes vont être là, pour nous, et montrer au monde ce dont on est capables."

"On va vous faire rêver". Car là est tout le message que Michaël Jérémiasz compte faire passer du 7 au 18 septembre. "Souvent, les médias ont tendance à montrer ce dont on est incapables. Là, on va vous montrer nos performances et on va vous faire rêver comme les athlètes olympiques l’ont fait avant nous", promet-il, tout en se défendant d’être un "super-héros".

Entendu sur Europe 1
On a rien inventé, on n’est pas des magiciens, on n’est pas des surhommes.

Inspirer les personnes qui vivent un handicap. "On a rien inventé, on n’est pas des magiciens, on n’est pas des surhommes", explique-t-il. "D’autres gens en sont capables. La capacité que l’être humain a de se reconstruire doit inspirer le plus grand nombre : les gens qui sont en centre rééducation, les gens qui sont en train de vivre ce qu’on est en train de vivre, les gens qui sont nés avec un handicap ou qui vivent une maladie violente. On a qu’une vie, elle est courte, il faut en profiter le plus possible."

"Aucune revanche contre qui que ce soit". C’est d’ailleurs cette philosophie qui l’anime au jour le jour, assure-t-il. "Je n’ai aucune revanche contre qui que ce soit. J’ai fait le con, je me suis planté tout seul, je ne m’en veux pas, c’est comme ça. J’avais 18 ans, j’étais insouciant. Le seul truc qui est un peu dommage, c’est que pour vivre ce qu’on est en train de vivre aujourd’hui, il a aussi fallu que mes proches digèrent la pilule. C’est une blessure qui ne cicatrisera jamais pour eux, pas pour moi."

Au total, 126 athlètes français - 42 femmes et 84 hommes âgés de 16 à 55 ans - participeront aux Jeux paralympiques de Rio, dont la cérémonie d’ouverture aura lieu mercredi prochain. Déçue il y a quatre ans à Londres, où elle était arrivée 16e au classement des nations avec huit médailles d'or, la délégation française espère remonter le tableau. Et donner une belle image des valeurs du handisport.