Open d'Australie : Clara Burel, l'avenir du tennis féminin français ?

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Open d'Australie : Clara Burel, l'avenir du tennis féminin français ?
La junior française Clara Burel va disputer lundi sa première finale dans un tournoi du Grand Chelem.@ Capture d'écran Eurosport
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La jeune joueuse française, 16 ans, disputera samedi la finale de l'Open d'Australie juniors.

Caroline Garcia, 8ème joueuse mondiale, stoppée aux portes des quarts de finale, Alizé Cornet victime de la chaleur puis d'une procédure disciplinaire après trois contrôles antidopage inopinés manqués, Kristina Mladenovic battue pour la quinzième fois d'affilée (en simples, car "Kiki" a remporté vendredi avec Timea Babos la finale du double), Océane Dodin et Pauline Parmentier sorties dès le premier tour : le tennis féminin tricolore n'a guère rayonné lors de l'Open d'Australie qui s'achève ce week-end. Mais un espoir a émergé. Il porte le nom de Clara Burel, qui disputera samedi la finale du tournoi juniors, une première pour une Française depuis Virginie Razzano, vainqueur en 1999.

Clara Burel se qualifie pour la finale de l'Open d'Australie juniors :

Succès face à la n°1 mondiale. Pour se hisser en finale de l'Open d'Australie, la jeune Clara Burel, qui fêtera ses 17 ans le mois prochain, a disposé vendredi de la n°1 mondiale chez les juniors, la Chinoise Wang Xinyu, visiblement diminuée (2-6, 6-1, 6-0). "Je suis trop contente", s'est enthousiasmé au micro d'Europe 1 la jeune Tricolore, 33ème mondiale chez les juniors. "C'est inattendu, je ne sais pas… C'est incroyable, j'étais très mal embarquée après le premier set. J'ai eu du mal à m'habituer au court. Elle frappait très, très fort, je n'arrivais pas à m'habituer, à jouer comme j'ai joué les autres matches. Je n'avais pas de pression pourtant, j'étais peut-être un peu nerveuse, mais pas stressée. Je savais que je n'avais rien à perdre et que je devais juste me faire plaisir, jouer."

Samedi (dans la nuit de vendredi à samedi en France, à 3 heures du matin), elle affrontera pour le titre une autre Asiatique, la joueuse de Taipei Liang En Shuo, tête de série n°2 du tournoi. Avec un surcroît de pression ? "Ça fait une semaine que je joue sans pression, donc ça va", sourit la jeune Française. "Mais je pense que demain (samedi), ce sera un peu plus dur. La finale, le trophée, il y aura des petits trucs dans la tête qu'il faudra essayer d'enlever."

"Un coup d'œil exceptionnel." Gagner un jour un trophée du Grand Chelem, Clara Burel en rêve depuis plusieurs années. Après avoir découvert le tennis dans ses Côtes d'Armor natales, la jeune joueuse a décidé à 13 ans de venir s'installer à l'Insep (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), à Paris, avant de poursuivre son apprentissage au Centre national d'entraînement, près de Roland-Garros. C'est sur la terre battue parisienne qu'elle a d'ailleurs fait ses débuts en Grand Chelem chez les juniors, l'an dernier, avec une défaite dès le premier tour. L'Open d'Australie n'est que son deuxième Majeur. Et sa réussite réjouit forcément la Fédération française de tennis (FFT), dont elle est l'une des jeunes pousses les plus prometteuses.



"Quand on la regarde jouer, on a l’impression qu’elle ne bouge pas, mais en fait, elle a un coup d’œil exceptionnel donc elle est toujours sur la balle", expliquait en début de semaine Thierry Champion, responsable du haut niveau à la FFT. "Elle est extrêmement fluide, elle a une facilité d’exécution et de jeu qui lui donne justement cette qualité de balle : elle la prend très tôt avec un minimum d’effort. Sa manière de jouer met en difficulté ses adversaires." Dans un entretien accordé aux Reporters incrédules au printemps 2017, la jeune Française, elle, citait le coup droit comme son "arme principale" et son service comme sa faiblesse. "Et comme j'ai été blessée aux abdos, c'est dur de progresser au service", expliquait-elle alors.

Si sa santé la laisse tranquille, la native de Louannec, près de Perros-Guirec, peut espérer marcher sur les traces de l'Ukrainienne Marta Kostyuk, révélation de cette Open d'Australie après avoir passé deux tours à 15 ans seulement. Elle avait cédé au troisième face à sa compatriote Elina Svitolina, 4ème mondiale, en deux sets (6-2, 6-2). Cette même Svitolina que Clara Burel avait affrontée en décembre dernier lors de l'Open de Caen, tournoi ouvert aux amateurs et aux stars du circuit. Elle avait été battue en deux manches elle aussi, mais sans démériter (6-3, 6-3).

"Franchement, c'était énorme", avait-elle confié à l'époque au quotidien Le Télégramme. "Et ça s'est beaucoup mieux passé que je ne l'espérais. Elle était en préparation et certainement pas à son meilleur niveau. Ça a donné un match accroché même si on voyait qu'elle était devant." Dans quelques mois, Clara Burel aura peut-être l'occasion de défier d'autres joueuses de ce calibre sur de grands tournois…

Un signe mais pas une garantie. Atteindre la finale d'un tournoi du Grand Chelem chez les juniors et en gagner un, c'est le signe d'un talent mais pas forcément la garantie d'une carrière étincelante. Sur les dix dernières gagnantes de l'Open d'Australie, et même si certaines sont encore jeunes, seules deux ont réussi à intégrer ensuite le Top 20 par la suite : la Tchèque Karolina Pliskova (1ère en juillet dernier) et la Croate Ana Konjuh (20ème).

Chez les gagnantes françaises en Grand Chelem depuis 50 ans, deux ont concrétisé chez les "grandes" avec un ou plusieurs succès en Majeur (Amélie Mauresmo et Marion Bartoli), d'autres sont entrées ou ont approché le Top 10 (Julie Halard, Razzano, Mladenovic, Cornet), mais Amélie Caucheteux, par exemple, vainqueur de Roland-Garros en 1995, n'a jamais réussi à intégrer le Top 50 de la WTA.