OM-OL : comment en est-on arrivé là ?

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OM-OL : comment en est-on arrivé là ?
@ FRANCK FIFE, GERARD JULIEN, ROMAIN PERROCHEAU / AFP
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Jean-Michel Aulas et Vincent Labrune, les deux présidents, s’invectivent par voie de presse depuis des semaines.

Ils adorent se détester. Jean-Michel Aulas et Vincent Labrune sont les deux principaux acteurs de la montée en pression du match entre leurs deux olympiques, lyonnais pour le premier, marseillais pour le second. Les incidents de dimanche soir ne sont que la suite (logique ?) des débordements verbaux des deux dirigeants depuis des semaines. Retour sur une relation plus que dégradée.

• ACTE 1 : Aulas, Twitter et l’arbitrage

Le 8 février, Lyon et le PSG se séparent sur un score de parité (1-1). Mais Jean-Michel Aulas n’apprécie pas que l’arbitre ait laissé Zlatan Ibrahimovic frapper une deuxième fois son penalty, après son échec initial. Alors il tweete :



Un gazouillis qui lui vaudra une convocation par le Conseil national d'éthique de la Fédération française de football (FFF). Ce qui ne l’empêche pas de glisser un nouveau tacle à son meilleur ennemi, le président de l’OM : "Que cela soit Ibra ou VL (Ndlr : Vincent Labrune) et les joueurs d'OM il y a eu des morceaux d'anthologie qui rendent mes déclarations bien fades pour l'éthique". La goutte d’eau pour le patron de l’OM.

• ACTE 2 : la dénonciation de Labrune

En vue de la convocation de JMA devant le Conseil national de l'éthique, Vincent Labrune prend la plume et adresse un dossier à la FFF recensant les erreurs dont aurait bénéficié l’OL, selon lui. Le document demande notamment des sanctions à l'encontre du président de l'OL. "Monsieur Aulas n'en est pas à son coup d'essai (...) Que la bonne foi des dirigeants des autres clubs, des arbitres ou des instances fédérales soit régulièrement mise en cause par un individu maintes fois rappelé à l'ordre et sanctionné n'est pas acceptable (...) Il est désormais grand temps que ces agissements soient stoppés et sévèrement sanctionnés (...) Toute clémence à l'égard de M. Jean-Michel Aulas vaudra cautionnement et blanc-seing aux types de déclarations publiques dont celui-ci s'est fait l'expert", pouvait-on lire dans cette lettre au vitriol.

Réplique de Jean-Michel Aulas : "c'est une première d'envoyer un dossier sur un concurrent direct et sur un homme respectable. (...) Là, on envoie un dossier pour mettre la pression sur les arbitres pour le clasico. Il n'a pas compris que cela ne se faisait pas". Et de glisser un petit tacle en conclusion : "J'ai vu passer 13 ou 14 présidents de l'OM. Il y avait des piques mais il y avait des choses loyales".

• ACTE 3 : un match électrique, déjà

Le 15 mars, Lyon rêve encore du titre de champion de France. Marseille aussi, un peu. Le match de la dernière chance a lieu au stade Vélodrome. Les deux équipes ont leur chance, mais les gardiens brillent. Puis le championnat bascule quand l’arbitre ne valide pas un but du Marseillais Ocampos, estimant que le ballon n’a pas franchi intégralement la ligne. Le même Ocampos ayant fait une faute flagrante sur le gardien lyonnais sur cette action.

Mais les dirigeants et joueurs de l’OM crient au scandale, Vincent Labrune allant jusqu’à sous-entendre que l’arbitrage favorise Lyon. Au match aller, déjà, l’arbitrage avait été remis en question par les Marseillais.

• ACTE 4 : le mercato, la vengeance d’Aulas

Certainement las des critiques récurrentes de Vincent Labrune – et parce qu’il n’a pas digéré d’avoir été "balancé" à la FFF par son "collègue" marseillais – Jean-Michel Aulas prend un malin plaisir, pendant toute l’intersaison, à lui pourrir la vie. Marcelo Bielsa, l’entraîneur de l’OM, fait de Jérémy Morel une priorité pour la saison à venir ? Jean-Michel Aulas propose au défenseur un contrat plus avantageux et l’enrôle. L’OM n’a plus les moyens d’offrir un nouveau contrat à Gignac ? Aulas lance l’opération séduction. Lyon a besoin d’un nouveau défenseur central ? Alors Lyon drague tout l’été celui qui tient la baraque à l’OM, Nicolas N’Koulou. Son gardien Anthony Lopès tarde à prolonger son contrat à Lyon ? Aulas fait des appels du pied à Mandanda. Les supporters de l’OM sont fous de rage. Et pour courroner le tout, Mathieu Valbuena, qui a fait les beaux jours de Marseille pendant huit ans, signe à l’OL. Aulas exulte. Labrune tempête.

• ACTE 5 : et les supporters prennent le relais…

Les incidents de dimanche soir sont-ils la conséquence de la passe d’armes des deux présidents depuis des semaines ? Ça n’a en tout cas rien arrangé. Interrogé au micro de Canal+ à l'issue du match, Vincent Labrune a relancé les hostilités, accusant l'arbitre de la soirée d'avoir favorisé Lyon en sifflant un penalty et en mettant un carton rouge à Alessandrini : "Ce que je dois dire c'est qu'il y a des équipes qui jouent plus souvent à 11 contre 10 que les autres. C'est le cas de l'OL".

Déjà passablement agacé lors de l’interruption du match - "on est dans un exercice de non-droit du foot. Je pense que c'est impossible de reprendre"- Jean-Michel Aulas tente de se contenir quand il prend connaissance des propos de son adversaire du soir. Il a du mal. "Tout le monde connait Vincent Labrune maintenant. Il n'y a pas si longtemps qu'il est dans le football mais il s'est fait une réputation de garçon qui n'a aucune objectivité." Et d’ajouter un peu plus tard : "J'ai dit à Labrune que c'était un guignol et qu'il n'allait pas durer aussi longtemps qu'il le croit dans le monde du football. On ne peut pas se permettre de jouer avec la sécurité des gens et faire le pitre au milieu d’une organisation où il y a 60.000 personnes".