Quand Sarkozy protégeait Lance Armstrong

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Quand Sarkozy protégeait Lance Armstrong
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CYCLISME - Dans son livre Cycles de mensonges, la journaliste du New York Times Juliet Macur affirme qu'il n'a cessé de se doper, de tricher et de mentir.

Qui est vraiment Lance Armstrong ? L'image du septuple vainqueur du Tour de France déchu s'érode année après année, au gré de nouvelles révélations. L'ancien coureur cycliste, désormais cerné par la justice, est malgré lui de retour sous le feu des projecteurs, avec deux ouvrages à charge qui paraissent début mars : Cycles de mensonges, de la journaliste du New York Times Juliet Macur, et Itinéraire d'un salaud, écrit par deux journalistes du Wall Street Journal, Reed Albergotti et Vanessa O'Connell. Europe 1 s'est procuré en avant-première le premier, Cycles de mensonges. Il en ressort un portrait peu glorieux du Texan.



L'environnement d'Armstrong "en a fait l’un des...par Europe1fr

Une fausse mère célibataire. L'histoire de Lance Armstrong est en grande partie écrite par Linda, sa mère qui se dit célibataire. "Lance et moi avons toujours été seuls contre le reste du monde", clame en permanence cette mère qui n'a en fait été célibataire qu'un an, jusqu'au vingtième anniversaire de Lance. Son second mari, qui donnera à Lance le nom d'Armstrong lui a donné tout ce qu'il voulait. En contrepartie, cet homme dur ne lui laissait rien passer. Quand il avait huit ans, Lance Armstrong se faisait ainsi traiter de "loser" après une défaite au foot. Cela a en grande partie nourri chez Armstrong cette absolue nécessité d'écraser tous ses adversaires, au besoin en trichant.

Couverture-Armstrong

Une course cycliste achetée. Ça arrivera vite. La première course à un million de dollars remportée par Lance Armstrong est en fait achetée, révèle Juliet Macur dans son livre. Le futur "Boss" a payé un petit coureur italien pour s'assurer de franchir la ligne le premier, et empocher le pactole et coiffer les lauriers.

Familiarisé très tôt avec le dopage. Pour pérenniser son succès, Lance Armstrong a vite compris l'importance d'apprivoiser les aiguilles. A 20 ans, à la veille des Jeux olympiques de Barcelone, Lance Armstrong se fait une perfusion dans sa chambre, en présence du sélectionneur américain et du soigneur de l'équipe. Six ans avant l'affaire Festina, et quelques mois seulement avant qu'il signe son premier contrat pro chez Motorola. 

Le coureur texan assiste en direct à la mort de Casartelli, après une chute sur le Tour de France 1995. Juliet Macur révèle d'ailleurs qu'il n'y a jamais eu d'autopsie du corps du coureur italien à cause de l'équipe Motorola, qui a convaincu le médecin légiste que c'était dû au dopage. La mort de son équipier lui fait prendre conscience d'une chose : pour gagner le Tour de France, il va falloir faire des choix moraux compliqués. Peu de temps après, il se rend chez le docteur Ferrari. Il ne se cachera pas pour se doper. Ses coéquipiers sont témoins de tout et ne peuvent rien dire. Lance Armstrong écrabouille les rares qui veulent quitter le navire. Il est en croisade pour les malades du cancer qui, assure-t-il, ont besoin de lui, ce héros. Les sponsors et les politiques aussi.

Protégé par Nicolas Sarkozy. L'année de son retour, en 2009, Lance Armstrong est pris par la patrouille. Un contrôle antidopage se passe mal. Sa présence au Tour de France paraît menacée. Il n'en sera rien. Le Texan, qui a déjà remporté sept fois la Grande Boucle, aurait été couvert au sommet de l'Etat français, par Nicolas Sarkozy en personne, qui le reçoit à déjeuner. Quelques mois plus tard, Armstrong se vantera d'avoir eu la tête du patron de l'agence antidopage Pierre Bordry.

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