X Games : le grand show du froid

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X Games : le grand show du froid
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A LA DECOUVERTE DE - Les Winter X Games Europe, compétition de sport extrême, s'ouvrent jeudi.

L'origine. TV + sponsors + sports extrêmes = X. C'est à peu de choses près l'équation de départ qui a donné naissance aux X Games (X pour Extreme) en 1995 sous l'impulsion de la chaîne sportive américaine ESPN. Soutenue par des marques essentiellement issues des secteurs de l'habillement et de l'alimentation, la compétition entend draguer un public jeune avec des épreuves spectaculaires. Aux X Games ont lieu les tentatives les plus folles, que ce soit sur un skate, un BMX, des skis ou un snowboard. La première édition s'est tenue à l'été 1995 aux Etats-Unis, dans le Vermont. Lancés un an et demi plus tard, les Winter X Games ont lieu chaque année depuis 1997.

Torstein Horgmo réalise un triple flip en 2011 :

Les épreuves. Si les X Games célèbrent les figures et le fun, on y remet également des médailles, sur le modèle des Jeux olympiques : or, argent et bronze. Comme aux Jeux, le programme évolue au fil des années. Cet hiver, dix-sept épreuves étaient au programme. Outre les désormais connus skicross et boardercross, qui ont fait leur entrée aux JO, les X Games proposent également le snowboard et ski slopestyle, qui consiste à réaliser des figures avec le plus d'amplitude possible sur un parcours de bosses géantes. Ces épreuves-là seront aussi au programme des Jeux, à Sotchi, en 2014. En revanche, le CIO n'a pas encore adopté une discipline assez improbable, la motoneige, l'un des rendez-vous les plus fous des X Games.

Justin Hoyer remporte l'or en motoneige, en 2010 :

Le vocabulaire. Ceux qui sont rompus aux X Games le connaissent par cœur. Mais, pour ceux qui ne suivent les épreuves de ski freestyle que tous les quatre ans, le vocabulaire des X Games peut vite paraître incompréhensible, car tiré presque exclusivement de l'anglais. Voici quelques termes incontournables (en dehors des sports eux-mêmes...) : un "ride" est le passage de chaque concurrent dans une manche, les "tricks" sont les figures ou combinaisons réalisées en l'air, le "flip" est le saut le plus commun et peut se conjuguer en double, triple, back, en fonction de l'impulsion et de la réception du skieur, le "grab" est la figure technique qui consiste à attraper la planche de son snowboard quand elle est en l'air. Cette petite liste n'est bien sûr pas exhaustive.

X Games à Tignes (930x620)

© MAXPPP

Les déclinaisons. Depuis leur naissance en 1995, les X Games ne cessent de se développer. La première édition, en 1997, avait attiré 38.000 spectateurs. Celle de 2011 en a séduit près de trois fois plus, avec 114.200 spectateurs réunis dans la très chic station d'Aspen, dans le Colorado. Devant le succès grandissant des sports extrêmes, ESPN a créé en 1998, dans la foulée des Winter X Games, les Asia X Games, qui se tiennent à Shanghai depuis 2007. Et, en 2010, la station française de Tignes a accueilli la première édition des Europe Winter X Games. La troisième mouture s'ouvre mercredi, toujours à Tignes.

La star. Shaun White n'a que 25 ans, mais il participe (et gagne) aux X Games depuis... 2003. Look de rock star et tempérament de fonceur, le Californien est une aubaine pour les sponsors. Le skieur, qui a décroché son premier contrat à l'âge de sept ans, prête aujourd'hui son image à quelques poids lourds du milieu, comme Oakley et Red Bull, avec lesquels il a parrainé une spectaculaire épreuve, en décembre 2010, dans le stade olympique de Pékin. White a également deux jeux vidéo à son nom, édités par la firme Ubisoft : Shaun White Snowboarding et Shaun White skateboarding, puisque le monsieur est également un as avec un skate (deux médailles d'or). Au-delà de l'aspect marketing, Shaun White est un athlète de très haut niveau, qui compte pas moins de douze titres aux Winter X Games et deux titres olympiques, décrochés à Turin, en 2006, et à Vancouver, en 2010, en half-pipe, discipline qui consiste à réaliser des figures dans un demi-tube.

Shaun White remporte l'épreuve de half-pipe en 2012 :

Kévin Rolland (930x620)

© MAXPPP

Les Français. Kevin Rolland (photo) est le grand absent de cette troisième édition des Europe Winter X Games. Le skieur de La Plagne, l'une des stars du "X" français, était double tenant du titre de l'épreuve de ski superpipe. Le clan français comptera sur d'autres talents, parmi lesquels la jeune skieuse de La Clusaz, Anaïs Caradeux.

Kévin Rolland présente le ski half-pipe :

L'hommage. Sarah Burke devait être l'une des héroïnes de ces X Games. La Canadienne, qui était quadruple tenante du titre en ski half-pipe, est morte le 19 janvier dernier des suites d'un terrible accident survenu à l'entraînement neuf jours plus tôt. La championne canadienne avait non seulement milité pour l'égalité hommes-femmes au sein de sa discipline mais également pour son introduction aux Jeux olympiques, qui sera effective à Sotchi, en 2014.

L'esprit. Avec toutes ces disciplines "récupérées" par le CIO, on peut se demander si le X est soluble dans les JO ? Oui et non. Les X Games sont effectivement un tremplin pour certaines disciplines qui ont fait leur entrée au programme olympique. Et la Fédération internationale de ski ne manque pas une occasion de piocher çà et là quelques bonnes idées, notamment ans l'animation des épreuves. Mais aux X Games, c'est toujours plus vite, plus fort et surtout plus haut. Ainsi les murs du half-pipe font 6,7 m de haut, le boardercross offre un mur quasi vertical et le big air affiche 25 m de vide entre la bosse d'impulsion et celle de réception. Plus haut, et plus tard aussi. Les X Games ont ainsi popularisé les épreuves nocturnes, sous les spots et les flashs. La fête des sports extrêmes, qui s'ouvre jeudi soir et se terminera dimanche, sera visible en France sur Canal+Sport+ et sur le site de Canal+.