VIDÉO - Ils chassent la vague géante Belharra

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VIDÉO - Ils chassent la vague géante Belharra
Des vagues de plus de 15 mètres, mardi matin à Bellharra.@ DR
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SURF - Depuis plus d’une semaine, ils guettaient l’arrivée de la dépression au Pays Basque. Mardi, ils étaient dans l’eau.

Ils sont une cinquantaine dans le monde. Pas plus. Cinquante surfeurs de l’extrême qui traquent les vagues géantes. Ces casse-cou attendent les grosses dépressions pour pouvoir sauter dans un avion à la dernière minute et être là au bon moment. "On est comme des gamins qui attendent Noël", s’amuse Justine Dupont, unique surfeuse présente lors de la session de mardi à Belharra, au large de Saint-Jean-de-Luz. "On se connaît tous, on s’appelle en permanence pour se tenir au courant". Depuis dimanche soir sur la côte basque, toutes les conditions météorologiques étaient réunies pour voir débarquer ces adeptes de vagues XXL. Mardi matin à Belharra, ils étaient une vingtaine dans l’eau pour affronter des vagues de plus de 15 mètres.

La session de mardi à Bellhara :

Belharra

Derniers préparatifs. En l’espace de trois mois, le spot de Belharra a connu trois grosses sessions. La première fin octobre, une autre pendant le 23 décembre dernier et celle de mardi. "A chaque fois, c’est la même chose", raconte François Liets, responsable de la division technique chez Billabong. "On voit arriver la dépression une dizaine de jours avant. Mais les prévisions météo ne sont vraiment fiables que quatre jours avant. C’est vraiment à ce moment qu’on commence à s’exciter". Après avoir travaillé pendant 10 ans au service météorologie de Billabong, il s’occupe désormais des planches et des combinaisons des surfeurs. Ces derniers jours, il a vivement conseillé à l’Hawaïen Shane Dorian, la référence actuelle du surf XXL, de faire le voyage des Etats-Unis pour ne pas rater cette session.



"Tout le monde a peur". "C’est extrêmement dangereux", raconte le Landais Benjamin Sanchis, un habitué de ces grosses vagues. "Tout le monde a peur. Il ne faut pas être fou et faire n’importe quoi. Il faut rester concentré en permanence". Chaque vague qui casse, ce sont des tonnes et des tonnes d’eau. La moindre faute peut coûter très cher. Tous ces big wave riders en ont parfaitement conscience.

La session à Belharra, le 23 décembre dernier :

Planches cassées et gilet de protection. Mardi, les surfeurs qui étaient à Belharra ont fait face à des conditions très compliquées. "Il y avait beaucoup, beaucoup de vent", raconte Benjamin Sanchis. "Et des rafales sur des vagues de plus de 15 mètres, ce n’est pas évident à maîtriser. Mais j’ai quand même réussi à prendre deux ou trois belles vagues". A la fin de la session, le jeune surfeur a cassé sa planche, broyée par cette incroyable houle. Tout comme Stéphane Iralour, un habitué du spot de Belharra.



gilet-gonflable

"Il y a eu plusieurs noyades dans ce sport ces dernières années", rappelle Guillaume Barucq, médecin généraliste et passionné de surf. Il a ouvert il y a 6 ans le blog surf-prévention où il rappelle fréquemment les dangers de ces vagues XXL. "Quand ils se font prendre dans la machine à laver, ça devient très dangereux". Pour aider ces têtes brulées de l’océan, des gilets de sécurité gonflables (photo) ont été créés. Grâce à une petite cartouche de CO2 – un mécanisme qu’on retrouve dans les gilets de sauvetage des avions – les surfeurs peuvent remonter plus rapidement à la surface. Un gilet qui n’évite pas les grosses frayeurs. "J’en ai pris une en pleine face", raconte Justine Dupont. "J’étais au mauvais endroit. Je savais que j’allais me la prendre. A ce moment, il ne faut surtout pas paniquer. J’ai respiré un grand coup et attendu que ça passe".