Tsonga pour une finale de gala

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Tsonga pour une finale de gala
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Tsonga affrontera Federer en finale du Masters 1000 de Paris-Bercy.

La finale tant attendue entre Roger Federer et Jo-Wilfried Tsonga aura bien lieu dimanche au Masters 1000 de Paris-Bercy. Après la qualification du Suisse, étincelant contre Tomas Berdych (6-4, 6-3) un peu plus tôt dans l'après-midi, le n°1 français a sorti John Isner en trois manches (3-6, 7-6, 7-6) pour s'offrir la deuxième finale de sa carrière au POPB après celle remportée en 2008 contre David Nalbandian. C'est au prix d'un long combat de près de trois heures et d'une certaine idée de la patience que "Jo" s'est sorti du piège tendu par l'Américain. Parce que les grands serveurs, Tsonga n'aime pas ça. Isner, Karlovic ou Querrey ne le réveillent pas en sursaut au milieu de la nuit, mais il peine sérieusement contre ce type de joueurs.
D'abord parce que son retour de service est sans doute le coup le plus faible de sa panoplie, et aussi parce qu'il a tendance à se frustrer quand les choses ne tournent pas rond. Isner a d'ailleurs bien failli le faire tourner en bourrique, en s'appuyant sur sa première balle si difficile à retourner quand elle tombe de si haut (l'Américain mesure 2,06 m). Mais en plus, le héros du match le plus long avec Nicolas Mahut à Wimbledon 2010 s'est découvert à Bercy un jeu de fond de court très solide. La veille contre le métronome David Ferrer, Isner s'était même payé le luxe de gagner des rallyes de sa ligne de fond. Mais il y a sans doute abandonné de l'énergie. La fraîcheur de Tsonga, qui n'a joué que deux matches pour rallier le dernier carré contre quatre pour son adversaire, a sensiblement inversé le cours de la partie.
Parfaitement entré dans la partie, Isner pilonnait sur son engagement dans la première manche, si bien que le Manceau ne voyait pas la couleur d'une balle de break. Pire, il ne gagnait que 38% des points derrière sa deuxième balle, une statistique révélatrice du comportement régulier et offensif de l'Américain dans l'échange. Le 25e joueur mondial, qui aurait pu devenir premier remplaçant au Masters de Londres en cas de victoire au POPB, remportait logiquement le premier set (6-3) et entamait le deuxième sur la même dynamique avec deux balles de break dans le troisième jeu. Deux occasions qui ressemblaient presque à des balles de match à ce moment de la partie.
Trois balles de match écartées
Plus lucide dans ses choix et surtout à l'oeil plus aiguisé, Tsonga commençait peu à peu à refaire surface dans ses jeux de retour. Sa meilleure lecture de la trajectoire des premières balles adverses l'autorisait enfin à inquiéter l'Américain. Mais il ne parvenait pas à concrétiser les trois occasions qu'il se procurait dans la deuxième manche. Les signes d'un fléchissement physique d'Isner trouvaient leur illustration dans le jeu décisif qu'il ratait complètement, avec des fautes grossières (7-6). Mais sa capacité de résistance n'est plus à démontrer. Avec abnégation, il tenait le choc dans la dernière manche, alors que Tsonga s'installait de plus en plus dans le court.
Au petit jeu de celui qui va craquer le premier, Isner se fissurait une première fois en concédant trois balles de break à quatre jeux partout. En vain pour Tsonga, qui lui aussi était tout proche de l'effondrement puisqu'à 6-5 pour l'Américain, il devait écarter trois balles de match. L'an dernier, Monfils en avait sauvées cinq contre Federer avant de se qualifier pour la finale. "Jo" l'imitait en partie en scellant son succès dans un dernier jeu décisif (7-6). Federer-Tsonga, ce sera bien la finale du tournoi de Paris-Bercy. Mais c'était moins une...