Tournoi des Six Nations : la France peut-elle à nouveau exister ?

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Tournoi des Six Nations : la France peut-elle à nouveau exister ?
@ Ben STANSALL/AFP
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QUESTION - Les Bleus repartent en conquête, samedi soir, face à l'Ecosse, au Stade de France.

Si vous regardez les trois derniers podiums du Tournoi des Six Nations, vous verrez les noms du pays de Galles, de l'Irlande, de l'Angleterre et même de l'Ecosse, mais pas de trace de la France. Et pour cause, depuis que Philippe Saint-André a pris en mains les destinées des Bleus à l'issue de la Coupe du monde 2011, la France ne fait plus que de la figuration dans le Tournoi des Six Nations, dont elle entame l'édition 2015 chez elle, samedi soir, contre l'Ecosse. Son bilan sur la période est négatif : 6 victoires, 2 nuls, 7 défaites.

Peut-on enfin espérer le réveil des Bleus en cette année de Coupe du monde ? "On peut l'espérer mais la France a pris énormément de retard dans la mesure où notre identité collective, notre expression collective, n'est pas nette", estime le consultant rugby d'Europe 1, Eric Blanc. "On fait un peu tout, mais dans le désordre, et il y a un turnover de joueurs très important."

Rory Kockott (960x640)

© F.Fife/AFP

Le sélectionneur des Bleus doit jongler entre les contre-performances des uns et les blessures des autres. De fait, il va tester une énième nouvelle charnière, samedi soir, avec le joueur d'origine sud-africaine Rory Kockott en demi de mêlée et Camille Lopez en demi d'ouverture. "On va voir si ces joueurs, auxquels on fait confiance, arrivent à confirmer, dans un autre environnement, avec de la pression. Ce sera aussi le cas du pilier Uini Atonio." Mais cette équipe de France, qui a battu l'Australie en novembre dernier, ne dispose-t-elle pas tout de même de quelques certitudes ? "On a une conquête, une bonne défense aussi", juge Eric Blanc. "En revanche, dans les lancements de jeu offensifs, dans l'alternance, l'efficacité, les franchissements, la continuité, malheureusement, on perd des ballons parfois. On fait des fautes au sol et on manque un peu de discipline. Jusqu'à présent, on n'a pas encore prouvé qu'on était capable de tenir un rythme élevé pendant 80 minutes."

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Un premier test en Irlande, le 14 février. Pour Eric Blanc, le vrai test de cette équipe de France sera le déplacement en Irlande lors de la 2e journée, le premier des trois déplacements de cette année impaire (avec l'Italie et l'Angleterre en clôture). "Tu reçois deux fois, tu vas en Italie, et gagner ce genre de matches, c'est le Smic du rugbyman français aujourd'hui", estime l'ancien joueur du Racing. "On verra dès le deuxième match la valeur du groupe France, parce qu'on sera dans un environnement hostile, face au vainqueur sortant du Tournoi. On verra si l'équipe de France a évolué comme l'espéraient les entraîneurs. Car, nous, les observateurs, on reste sur nos gardes malgré la victoire face à l'Australie en novembre."

Yoann Huget et les Bleus ont préparé leur match à Marcoussis :

Yoann Huget (1280x640)

© Franck FIFE/AFP

Les Bleus à l'entraînement (960x640)

© F.Fife/AFP

Cette équipe d'Irlande, 3e du classement mondial IRB et favorite du Tournoi, la France la retrouvera également lors du premier tour de la Coupe du monde en septembre prochain. Cet événement sera bien sûr dans les têtes des joueurs tout au long de ce Tournoi des Six Nations. "Un Tournoi réussi, c'est quasiment le ticket pour l'Angleterre. un Tournoi raté et vous pouvez sauter. Souvenez-vous de Chabal, Jauzion ou Poitrenaud en 2011." Ce Tournoi 2015 sera avant tout celui des joueurs plutôt que celui d'une équipe. "Du côté du staff, on tire déjà la couverture", relève Eric Blanc. "Si le Tournoi se passe mal, on éliminera des joueurs mais rien ne sera perdu, disent-ils. En trois mois, de juin en septembre, avec des joueurs bien régénérés, massés, entraînés, l'équipe de France peut retrouver de l'énergie. Ce qui théoriquement est vrai. Un très bon tournoi n'est pas un gage de réussite. Mais, selon moi, on ne réussit que par le jeu. On peut essayer d'appliquer la méthode Coué mais lorsqu'on n'a pas de victoire, pas de certitudes dans le jeu, c'est compliqué. Il en faut quand même pour battre des nations du Sud, il faut mettre de l'intensité, être discipliné, tenir un match. On ne peut pas se permettre de faire une faute par joueur, parce qu'il y a 15 joueurs et 15 fautes c'est trop. Une équipe ne doit faire que 3-4 fautes dans une partie pour espérer être championne du monde." La France rendra sa première copie samedi soir. Et on pourra compter les fautes.