Rock 'n' Rolland

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Rock 'n' Rolland
@ REUTERS
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EN UN CLIC - Le coureur Europcar a remporté la grande étape alpestre, jeudi, à La Toussuire.

Rolland après Voeckler. De son propre aveu, Pierre Rolland aime "pousser au cul son patron", Thomas Voeckler. En 2011, le grimpeur de l'équipe Europcar s'était imposé au sommet de l'Alpe d'Huez le jour où Voeckler perdait son maillot jaune. En 2012, Rolland a remporté la grande étape alpestre, entre Albertville et La Toussuire, au lendemain du succès de son leader, à Bellegarde-Valserine, et alors que celui-ci était lâché dès le col de la Madeleine, première difficulté du jour, avec le maillot à pois sur le dos. C'est dans ces premiers kilomètres que Rolland a pris la poudre d'escampette en compagnie de 25 autres coureurs. Il a alors parfaitement géré son après-midi, profitant d'abord du travail de son coéquipier Christophe Kern dans le col du Glandon avant de se débarrasser de ses trois derniers compagnons d'échappée dans la dernière montée vers La Toussuire. Du très haut niveau.

Rolland s'impose en solitaire à La Toussuire :

Rolland chute 12.07

© Capture d'écran France 2

Rolland à terre puis dans les airs. Rolland, qui avait chuté lors de la 6e étape vers Metz, est à nouveau allé au sol, dans la descente du col du Mollard, à environ 25 kilomètres de l'arrivée. En essayant de prendre un virage à l'intérieur, Rolland a stoppé son mouvement, de peur sans doute de percuter le Croate Rober Kiserlovski (Astana). Il est alors tombé sur le flanc gauche, récoltant quelques brûlures au passage. Mais il a rapidement repris sa place dans le groupe de tête avant de s'envoler vers la victoire.

Intelligence et sacrifice. La victoire de Rolland est le résultat d'une grande intelligence de course mais également des sacrifices effectués lors de la préparation de la Grande Boucle. "Ça fait six mois que j'en rêve de cette étape, j'ai imaginé tous les scénarios possibles", a-t-il expliqué au micro de France Télévisions. "J'ai réussi et je suis allé au bout du bout de moi-même. J'ai repensé à tous les sacrifices que j'ai faits, les amis que je n'ai pas vus. Pour réussir, il faut faire des sacrifices. J'ai pensé à tous ces moments et je n'ai pas lâché." Et le voilà dans le Top 10 et premier Français du Tour, à la 9e place.

Pinot 12.07

© MAXPPP

Pinot encore dans le coup. Déjà vainqueur dimanche dernier, en Suisse, à Porrentruy, le cadet du Tour, Thibaut Pinot, 22 ans, a une nouvelle fois fait étalage de son talent de grimpeur. Présent dans le groupe de tête aux côtés du maillot jaune, il a attaqué dans le dernier kilomètre du col du Mollard avant de venir régler tous les costauds, dont Chris Froome (photo), pour la deuxième place. "J'étais dans une super forme, c'était une étape assez courte, elle me convenait", a-t-il convenu à l'arrivée. "La Toussuire, c'est un col qui me plaît bien." Cette deuxième place lui permet de gagner huit places au classement général et d'entrer dans le Top 10.

Nibali et Wiggins (930x620)

© MAXPPP

Wiggins-Nibali, guerre et paix. Le maillot jaune Bradley Wiggins a trouvé son principal adversaire. Et pas seulement dans la presse. L'Italien Vincenzo Nibali (Liquigas-Cannondale) avait regretté mercredi le comportement du leader du Tour. "Wiggins m'a regardé sur la ligne d'une façon que je n'ai pas aimé. Il a eu aussi un geste (déplacé) avec sa main", avait-il déclaré. Jeudi, au moment de franchir la ligne, le geste qu'a eu le Britannique envers son adversaire n'avait rien de déplacé. Peut-être lui a-t-il soufflé quand même "good race", à l'anglaise. Car, dans la montée finale vers La Toussuire, l'Italien a attaqué à deux reprises, mais sans créer d'écart significatif. Le voici néanmoins replacé à la troisième place du classement général, aux dépens de Cadel Evans (BMC), qui chute du podium.

Evans 12.07

© MAXPPP

Evans, comme un boomerang. Le vainqueur sortant du Tour de France, l'Australien Cadel Evans, est réputé pour son attentisme en course. Jeudi, dans le col du Glandon, l'ancien champion du monde a placé une accélération à 64 kilomètres de l'arrivée. Le panache, oui, la réussite,  non. Car le leader de la BMC a rapidement été repris par le train des Sky (Knees, Rogers, Froome et Wiggins). Et c'est même lui qui a lâché prise dans l'ascension finale, cédant 1'26" sur le leader du Tour de France. Au général, Evans est désormais à plus de 3 minutes.

L'étrange M. Froome. Christopher Froome (Sky) étonne sur ce Tour. Par ses performances, d'abord, et par son comportement, ensuite. A environ cinq kilomètres de l'arrivée, jeudi, dans La Toussuire, le Britannique a placé une accélération monumentale qui a distancé son propre coéquipier, le maillot jaune en personne, Bradley Wiggins. Quelques hectomètres plus loin, Froome a commencé à dialoguer via son oreillette, avant de se relever et d'attendre son leader. A-t-il voulu distancer Evans pour la deuxième place au classement général ? A-t-il tenté de remporter l'étape ? Une chose est sûre : il y a eu de la friture sur la ligne chez Sky, dont les deux coureurs occupent désormais les deux premières places du classement général, avec 2'05" d'avance pour Wiggins sur Froome.