Rallye : Ogier sort de l'ombre de Loeb

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Rallye : Ogier sort de l'ombre de Loeb
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WRC - Le pilote français succède, au palmarès du WRC, à son compatriote Sébastien Loeb.

Loeb félicite Ogier (930x620)

© Capture d'écran Canal+ Sport

Le calendrier du rallye de France, qui place la power stage dès le premier jour de course, a tué dans l'œuf tout (semblant de) suspense. Le Belge Thierry Neuville (Ford Fiesta), qui devait absolument remporter cette épreuve d'ouverture pour rester mathématiquement en lice pour le titre, n'a pas réussi à signer le meilleur temps provisoire. Et, avant même d'avoir mis les gaz, Sébastien Ogier, finalement 3e temps derrière Neuville, était déjà sacré champion du monde. Il succède au palmarès à Loeb (septième de la power stage, à 2"9), qui a évidemment joué un grand rôle dans sa carrière (et qui le félicite ici). Comme modèle autant que comme ennemi.

Ogier avec Volkswagen (930x620)

© REUTERS

Le passionné. Si Loeb est un enfant d'Haguenau, où se disputera dimanche la dernière spéciale du rallye de France, Ogier, lui, est originaire de Gap, dans les Hautes-Alpes. Il s'est logiquement passionné pour l'autre monument hexagonal du calendrier WRC, le rallye de Monte-Carlo. "Il a un petit peu bercé mon enfance, c'est vrai que j'ai toujours suivi ce rallye de près étant petit", explique-t-il au micro d'Europe 1. Pour autant, le rallye était une discipline parmi d'autres pour ce passionné de sports mécaniques. "Je suivais la Formule 1, j'étais fan d'Ayrton Senna, je me suis ensuite orienté dans des études automobiles. J'ai alors suivi une formation dans la compétition automobile." Chargé de la préparation de voitures, le rallye revient dans sa vie. "C'est à partir de là que j'ai connu le milieu du rallye et que j'ai réellement eu envie de devenir pilote. Ensuite, j'ai tenté ma chance à l'opération rallye jeunes organisée par la Fédération française des sports automobiles (FFSA) qui m'a ouvert les portes de la compétition et donné un excellent tremplin pour arriver là où je suis aujourd'hui. (...) Depuis longtemps, j'étais passionné et j'avais envie de faire du karting, de la compétition mais je n'en avais pas le budget. Grâce à cette opération, mes premiers rallyes ont été financés et ensuite, grâce à mes résultats, j'ai réussi à convaincre d'autres partenaires et à gravir les échelons, c'est ce qui est beau et ce dont je suis fier dans ma réussite." Ce qu'Ogier "oublie" de préciser, c'est qu'un pilote va l'aider à franchir ces étapes. Un certain Sébastien Loeb.

Ogier avec Loeb (930x620)

© MAXPPP

Le protégé. En 2007, Ogier participe à la Coupe 206 Peugeot : il commence à se faire remarquer par son sens du pilotage et plusieurs victoires. Sur le rallye du Limousin, Loeb, dont le long règne en WRC a commencé trois ans plus tôt, remarque son talent. "Seb me l'a vendu comme un jeune talentueux et a organisé une rencontre au Tour de Corse", explique dans le quotidien L'Equipe Guy Fréquelin, qui était à l'époque patron de Citroën Sport. Ogier entre alors dans l'écurie de la marque aux chevrons : en 2008, il est sacré champion du monde des rallyes junior au volant d'une Citroën C2, sous l'œil bienveillant de Loeb. Engagé sur le dernier rallye WRC de la saison, il se signale en signant le meilleur temps de la première spéciale sur un sol couvert de verglas. Mais ses prises de risque lui valent également quelques sorties de route, notamment en début de saison 2009. Mais Citroën n'entend pas lâcher sa pépite et le conforte dans sa deuxième équipe, la Citroën Junior Team. Avec son fidèle copilote Julien Ingrassia, Ogier devance pour la première fois les maîtres Loeb et Elena sur le rallye du Portugal. Ogier est lancé et Citroën décide en 2011 de l'aligner dans son équipe officielle à temps plein. Aux côtés d'un certain Sébastien Loeb. 

Ogier u rallye de France (930x620)

© REUTERS

Le rival. Lors de la saison 2011, la "guerre des Sébastien" ne tarde pas à se déclencher. Dès le deuxième rallye de la saison, au Mexique, Loeb refuse d'obéir aux injonctions de son équipe, qui souhaite assurer le doublé. Ogier, sous pression, sort de la route. Mais il remporte les deux rallyes suivants. Et Loeb les cinq d'après. En Allemagne, les deux pilotes sont au coude à coude au championnat. Ogier accepte mal les consignes d'équipe qui donne le beau rôle au septuple champion du monde. "C'est difficile de ne pas être autorisé à se battre pour la victoire. Je trouve qu'il ne devrait pas y avoir de consigne mais ce n'est pas moi qui décide", peste alors Ogier, qui démontre qu'il est aussi impétueux au volant que devant un micro. Déçu d'être cantonné au rôle de n°2 et se sentant trahi par Citroën, qui lui avait promis un traitement comparable à celui de Loeb, Ogier rompt son contrat et décide de rejoindre la concurrence : ce sera Volkswagen. Il dispute le championnat du monde avec une Skoda Fabia dans la catégorie inférieure au WRC, le S2000. Et assiste de loin au 9e titre d'un certain Sébastien Loeb.

Ogier avec Volkswagen (930x620)

© MAXPPP

Le successeur. Après une année de travail et de développement, Ogier et Volkswagen entament la saison 2013 pied au plancher. S'il s'incline derrière Loeb lors du rallye d'ouverture de la saison, le Monte-Carlo, le natif de Gap enchaîne ensuite trois victoires de rang et s'échappe en tête du classement. Ses six victoires lui ont permis d'aborder ce rallye de France, antépénultième de la saison, avec une confortable avance de 83 points sur son principal rival, le Belge Thierry Neuville (Ford Fiesta), et 98 sur son équipier, le Finlandais Jari-Matti Latvala. "On (avec Ingrassia) a commencé en rallye il y a cinq ans seulement, donc ça fait une ascension rapide", convient Ogier. "Bien sûr, pour réussir, il faut avoir confiance en soi, il faut y croire si on veut y arriver. Mais il faut savoir aussi se remettre en question et garder de l'humilité, donc j'essaie de faire les deux. Parfois, avoir trop de confiance porte à confusion et fait croire à certains qu'on est un petit peu hautains. Mais ce qui est certain, c'est que c'est primordial pour réussir." Sacré champion, Ogier entend ajouter à son titre une deuxième victoire de prestige lors de son rallye national, après celle de 2011. Devant un certain Sébastien Loeb.