NBA : à quoi sert le All-Star Game ?

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NBA : à quoi sert le All-Star Game ?
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BASKET - Le match de gala se tient ce week-end à Houston, avec Parker et Noah. Spectacle garanti.

Dimanche soir (dans la nuit de dimanche à lundi, en France, 2h00), à Houston, les meilleurs joueurs de la conférence Est vont affronter les meilleurs joueurs de la conférence Ouest lors de la 62e édition du All-Star Game de la NBA. Tout le monde espère en être, tout le monde en parle, mais à quoi sert exactement ce match de gala ? A vendre, beaucoup.

Kevin Durant (930x620)

© REUTERS

Il sert à vendre du rêve. Ville de la conquête spatiale, Houston accueille ce week-end une constellation d'étoiles. A l'Est : LeBron James, Dwyane Wade ou Carmelo Anthony. A l'Ouest : Kobe Bryant, Kevin Durant (photo) ou Dwight Howard. C'est le programme de la confrontation de la crème des deux conférences. Créé sur le modèle du All-Star Game de la Major League de base-ball, en 1951, ce match exhibition est censé drainer l'attention du public, friand de voir toutes "ses" stars réunies en un seul endroit. Et ça marche. Depuis cette première édition, qui s'était tenue à Boston, le All-Star Game est devenu l'un des rendez-vous phares de l'année basket. Délice suprême, ce sont les fans du monde entier qui élisent eux-mêmes les cinq de départ. L'effectif des deux équipes est complété par le choix des coaches (Parker et Noah en font partie cette année). Inégal d'une année sur l'autre, le niveau de jeu s'efface devant la confrontation des étoiles et les actions spectaculaires. Amis de la défense, le All-Star Game n'est pas fait pour vous. Ici, c'est le règne de l'aérien, du dunk et des alley-oops.

Découvrez cette bande-annonce pour le match :

David Stern, le patron de la NBA (930x620)

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Il sert à vendre la NBA. Un peu comme un collectionneur qui exposerait ses plus beaux objets, le All-Star Game est donc l'occasion pour la NBA de mettre en valeur ses plus beaux joueurs. Ce match permet de cristalliser l'attention sur une soirée quand les finales, elles, se disputent au meilleur des sept manches. Seize des trente franchises vont avoir l'un de leurs représentants sur le parquet et le choix des coaches permet d'offrir une visibilité à des stars moins vendeuses (Tim Duncan ou Chris Bosh, par exemple) ou à des jeunes en pleine ascension, tels Jrue Holiday (Philadelphie) ou Kyrie Irving (Cleveland). En 1997, la NBA avait poussé tellement loin cette logique d'exposition que les joueurs ne disputaient plus la rencontre avec des maillots bleus ou rouges mais avec des tuniques aux couleurs de leur équipe. Une hérésie vestimentaire à laquelle la Ligue a mis fin cinq ans plus tard. La tradition, ça a du bon, même au All-Star Game. Il y a les joueurs, mais aussi le cadre. Et, de ce point de vue, la NBA ne lésine pas sur les moyens pour montrer ses muscles. Un match de basket dans un stade de football américain ? Pas de problème pour le patron de la Ligue, David Stern (photo). Ils étaient ainsi 108.713 au Cowboys Stadium lors du All-Star Game 2010. Et tant pis si la plupart ont regardé le match sur l'immense écran géant.

La NBA s'offre le Cowboys Stadium en 2010 :

Paul George en 2012 (930x620)

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Il sert à vendre des produits.Lors du All-Star week-end, il n'y a pas que le match des étoiles. Il y a aussi, dans l'ordre chronologique : le Sprint NBA All-Star celebrity game, le BBVA rising stars challenge, le Sears Shooting star, le Taco Bell Skills challenge (challenge des meneurs), le Foot Locker Three-point contest (concours à trois points) et le Sprite Slam dunk (concours de dunks, ici Paul George en 2012). A chaque épreuve son sponsor, donc. Mais, dans ce domaine, le pire a été atteint il y a deux ans lors du concours de dunks remporté par Blake Griffin. L'ailier fort des Los Angeles Clippers avait alors signé un smash en sautant par-dessus une voiture (dont la présence sur un parquet est assez rare, vous en conviendrez). La marque de la voiture (Kia) était bien mise en évidence. Aujourd'hui, cette même marque sponsorise le match du All-Star Game et Griffin en assure la promotion dans une série de spots télévisés. Si les sponsors sont encore absents des uniformes de la NBA, ils savent très bien y faire pour apparaître ailleurs. Partout ailleurs.

Blake Griffin dunke par-dessus une voiture :

Dwight Howard (930x620)

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Il ne sert que si l'on s'en sert. En enfilant son costume de Superman et en dunkant de manière aérienne, lors du All-Star week-end 2008, l'actuel pivot des Lakers Dwight Howard (photo) s'était offert une image marquante et une renommée internationale. Le All-Star Game, ses concours comme le match, deviennent souvent la propriété de ceux qui en veulent le plus. Ce n'est pas étonnant, par exemple, que l'insatiable Kobe Bryant, qui fête cette année sa 15e sélection, ait déjà été élu meilleur joueur à quatre reprises. En 2009, Kobe avait partagé le trophée de MVP avec son ancien coéquipier aux Lakers, Shaquille O'Neal. Une belle histoire trop belle pour être honnête, comme le dernier trophée de MVP de "KB24", décroché à domicile en 2011. Le match étant sans intérêt sportif - on vous rappelle pour mémoire le score ridicule de l'an dernier : 152-149, une orgie de points -, chacun gère son apparition comme il l'entend, plutôt altruiste ou plutôt perso. On se doute aussi que Gregg Popovich, le coach des Spurs et de la conférence Ouest cette année, ne va pas trop mobiliser ses deux joueurs, Tim Duncan ou Tony Parker, histoire de les économiser pour des joutes autrement plus importantes, plus tard dans la saison. Quand on a faim, on pense d'abord au plat de résistance avant de rêver du dessert.