Monfils, la cruelle déception

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Monfils, la cruelle déception
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ROLAND-GARROS - Le Français a été éliminé par Robredo après avoir eu quatre balles de match.

Gaël Monfils est passé tout près. Tout près d'une troisième victoire dans ce Roland-Garros 2013, ce qui l'aurait propulsé en huitièmes de finale. Compte tenu de son statut de wild-card sur cette édition, cela aurait constitué un drôle d'exploit. Mais après avoir sorti la tête de série n°5, le Tchèque Tomas Berdych, et la terreur lettone Ernests Gulbis, le joueur français est tombé sur un os en la personne de l'expérimenté espagnol Tommy Robredo, vainqueur en cinq manches après un duel acharné de près de quatre heures, vendredi, sur le court Suzanne Lenglen (2-6, 6-7(5), 6-2, 7-6(3), 6-4).

Quatre opportunités manquées. La déception de Monfils se cristallise essentiellement sur un point. Ou plutôt quatre. Après avoir réussi le break à 3-3 pour se détacher à 4-3 dans le quatrième set, Monfils a ensuite eu deux balles de match à 5-3 sur le service de son adversaire puis deux nouvelles sur son service, à 5-4, 40-15. Mais, alors que la victoire semblait lui tendre les bras, le Français, si brillant depuis le début du match sur les points importants, n'est pas parvenu pas à conclure. Robredo, héroïque en défense, est alors revenu à 5-5 puis a remporté la quatrième manche au jeu décisif. Sorti du match et sans doute diminué, Monfils laissa alors filer le cinquième set entre ses doigts. "Je suis quand même déçu que ça se passe comme ça, avec des balles de match", a souligné Monfils au micro...

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Un jeu trop erratique. Irrésistible dans les deux premiers sets, avec un jeu offensif tout feu tout flamme (des volées claquées, des coups droits dévastateurs, des services surpuissants), Monfils est ensuite retombé dans ses travers en tenant des coups improbables, du revers tout mou à l'amortie téléphonée. Après s'être remis dans la partie après la perte du troisième set, il n'a en revanche pas réussi à digérer ses quatre balles de match perdues, dont deux à la suite sur son service. Et, en dépit de quelques fulgurances, il a ensuite multiplié les fautes directes dans le jeu décisif (notamment en revers) puis dans le cinquième set.

Un physique encore déficient. Monfils a débuté le cinquième set en se faisant masser les mollets. Puis il l'a disputé en ne cessant de se retourner vers son clan en mimant l'essuie-glaces pour souligner la résistance et l'endurance de Robredo. Oui, Monfils, qui disputait encore un tournoi challenger à Bordeaux il y a deux semaines, a peut-être manqué de "caisse". Il a peut-être tout simplement été rattrapé par la fatigue, lui qui était encore en finale du tournoi de Nice il y a moins d'une semaine… "C'était un gros match, mais je suis tombé sur plus fort que moi physiquement aujourd'hui", a convenu au micro un Monfils visiblement exténué. Et très déçu.

Un Robredo de gala. Si Monfils a perdu, c'est peut-être aussi parce que Robredo a gagné. L'Espagnol, tête de série n°30, a su se relever d'un déficit de deux sets pour gagner son billet pour les huitièmes de finale. Il est coutumier de ce genre d'exploit : c'est en effet la cinquième fois qu'il remonte un débours de deux sets en Grand Chelem. Quatre fois quart de finaliste porte d'Auteuil, il tentera de renouveler cette performance contre un compatriote, Nicolas Almagro. A même le court, il s'est amusé vendredi du report de son match de double, qu'il devait disputer avec son compatriote Pablo Andujar : "pourquoi ? Je pouvais encore jouer." Cette plaisanterie, Monfils, déjà rentré aux vestiaires après avoir reçu l'ovation du Lenglen, ne l'a pas entendue. Elle n'aurait de toute façon pas été de son goût.