Monaco entre yachts et chicanes

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Monaco entre yachts et chicanes
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A LA DÉCOUVERTE DE… Le Grand Prix de Monaco aura lieu dimanche à 14h. Présentation.

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L'origine. Dans le sport automobile, il existe trois grandes courses majeures : les 24 heures du Mans, les 500 miles d'Indianapolis et… le Grand Prix de Formule 1 de Monaco. En 1929, le fils de l'Automobile Club de Monaco, Antony Noghes, réussit un défi de taille en organisant une compétition sur un espace très restreint. Le résultat est au-delà des attentes du Prince Louis II de Monaco, qui a largement au projet. Sur une grille de départ tirée au sort, 16 pilotes participent à la première course. Interrompue à cause de la Seconde guerre mondiale, l'épreuve revoit le jour en 1948, avant de devenir, en 1955, une étape inamovible du championnat du monde de F1.

La course.  Le circuit de Monaco est un vrai serpent. Des chicanes, des virages très serrés au bout de lignes droites où les pilotes prennent de la vitesse, un tunnel et une piste plutôt étroite. Dans ce labyrinthe, il faut rester concentré en permanence pour ne pas partir à la faute. A l’origine, les coureurs devaient boucler 100 tours de 3,180 km. Aujourd’hui, le parcours est légèrement plus long (3,340 km) mais il n’y a (plus) que 80 tours. A Monaco, le plus dur reste de loin les dépassements. Avec une moyenne générale de 80 km/h, il faut une adresse hors-pair et un réel sens tactique pour se frayer un chemin. A ce petit jeu, la performance de Fernando Alonso en 2010 s’apparente à un véritable exploit. Parti des stands en 24e et dernière position, il a réussi à grappiller 18 places pour se classer sixième.  

Circuit-Monaco

L'histoire. En 1950, les pilotes se présentent  à Monaco pour ce qui restera l’une des courses les plus mythiques du sport automobile. Premier tour et premier carambolage. A la sortie du virage du "Bureau de Tabac", l'Italien Farina part à la faute et embarque avec lui une dizaine de concurrents. Derrière, l’immense Fangio découvre les dégâts (ici en vidéo) et parvient miraculeusement à se frayer un chemin au milieu des carcasses de voitures. L'Argentin remportera finalement son premier succès en championnat du monde. Le premier d’une longue série (24 victoires sur 51 Grand Prix).

La légende. Comment parler de Monaco sans citer Ayrton Senna. Le pilote brésilien, mort en course à Imola le 1er mai 1994, reste à ce jour le recordman de victoires sur le Rocher. Avec six succès en dix participations (1987, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993), Senna a laissé son empreinte sur cette course. Un Grand Prix restera particulièrement dans les annales, celui de 1984. C'est l'année de la révélation "Ayrton". Sous une pluie diluvienne, le Français Alain Prost prend les commandes après l’abandon de Nigel Mansell. Mais tous les projecteurs se braquent rapidement sur un jeune brésilien de 24 ans. Pour le sixième Grand Prix seulement de sa carrière, Senna assure le show. Sur sa Toleman, il effectue un retour sensationnel et remonte jusqu’à la deuxième place (voir la vidéo ici). En dix tours, il reprend dix secondes à Alain Prost. Tout le monde pense alors qu’il va l’emporter mais au 31e tour, le directeur de course décide de tout arrêter à cause de la pluie. Mais qu’importe, le public vient d’assister à la naissance d’une légende.

Ayrton Senna vous guide à Monaco :



Le(s) Français. A ce jour, aucun Français n'a fait mieux que Alain Prost en Formule 1. Le quadruple champion du monde a, lui aussi, marqué l’histoire du Grand Prix de Monaco. Avec quatre victoires (1984, 1985, 1986 et 1988), il reste le recordman tricolore de victoires sur ce circuit. Si personne n’a oublié le coup de pouce du directeur de course en 1984 (voir plus haut), Prost n’a pas non plus effacé de sa mémoire son dernier succès à Monte-Carlo. En 1988, il est persuadé qu’il montera sur la deuxième marche du podium. Devant lui, Senna est intouchable. Et pourtant… le Brésilien part à la faute à 11 tours de l’arrivée. Prost en profite et remporte la compétition.
Cocorico oblige, évoquons aussi Olivier Panis. Sous des conditions dantesques, le Français profite de nombreux abandons (seuls trois pilotes franchiront la ligne, ndlr) pour s’imposer. C'est la dernière victoire d'un Français en championnat du monde.

Le drame. En 1967, le Grand Prix de Monaco va connaître une triste histoire. Pendant plus de 70 tours, l'Italien Lorenzo Bandini est en chasse derrière Denny Hulme. Exténué, il fait un tout droit dans la chicane du port et heurte violemment les barrières. Sa voiture est noyée sous d’immenses flammes. Il n’arrive pas à s’extirper et meurt de ses blessures trois jours plus tard. Après ce drame, les organisateurs décident de réduire la course de 100 à 80 tours.

Bandini est victime d'un terrible accident :

Un sacré business. A la fin du mois de mai, fans de sport automobile et jetsetteurs set se retrouvent sur le Rocher le temps d’un week-end. Particularité du Grand Prix de Monaco, son emplacement. Ancré sur le bord de mer, la compétition offre un spectacle de choix aux terrasses situées en première ligne. Pour assister aux premières loges à la course, de nombreux fans sont prêts à débourser de véritables fortunes. Il faut compter 1.700 euros en moyenne la place pour deux jours. Et les prix peuvent grimper en fonction de l'emplacement, la qualité du traiteur, l'étage,... Dans son édition de jeudi, le journal L’Equipe estime qu’il existe environ 10.000 places en terrasse sur le port où on peut voir 80% du circuit. A 1.700 euros la place pour deux jours, ça fait "17 millions de chiffre d'affaires" pour le week-end, explique Jean-Pierre Jarier, actuel dirigeant de Monaco Media International. Cet ancien pilote automobile a très vite compris le business et s’est lancé avant tout le monde dans la commercialisation des terrasses à Monaco.  Depuis, tous les Monégasques ont repris le filon. "J'ai connu une coiffeuse qui avait un studio de 30 m²", raconte Jarier au journal L’Equipe. "Elle accueillait 12 personnes sur sa terrasse pour le Grand Prix. Avec ça, elle se payait son loyer pour l'année". Les responsables du port demandent aussi des prix exorbitants pour ce week-end si spécial. Là, il faut compter entre 500 et 1.000 euros par mètre de bateau amarré la semaine. Pour un bateau de 10 m, vous paierez près de 9.000 euros la semaine.

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