Mais où s'arrêtera Florent Manaudou ?

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Mais où s'arrêtera Florent Manaudou ?
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NATATION - La star de la natation française a remporté six médailles lors des Mondiaux en petit bassin.

Trois médailles d'or, deux d'argent, une de bronze, le tout assorti de deux records du monde : Florent Manaudou a été la star masculine des championnats du monde de natation en petit bassin, qui se sont achevés dimanche à Doha. "Je vois que j'arrive quand même à bien gérer séries, demi-finales, finales", s'est félicité le cadet de la fratrie Manaudou, dimanche. "C'est bien, même dans les nages où je n'ai pas vraiment d'expérience, comme le 50 m dos." Cette semaine, en individuel, Manaudou est devenu champion du monde du 50 m nage libre et du 50 m dos (qu'il nageait pour la première fois en grand championnat, ndlr) avant d'"échouer" à la deuxième place du 100 m, dimanche. "Je vois que ça commence aussi à pécher en fin de semaine", a reconnu le natif de Villeurbanne, également trois fois médaillé par équipes. "Il y a eu beaucoup de relais aussi et beaucoup de courses donc, avec les (championnats de) France avant, je commence un petit peu à fatiguer mais je suis quand même content de mes deux titres en individuel et de mes deux records du monde."

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Manaudou aux Mondiaux (960x640)

"Les échecs, moteur essentiel de la progression." Son entraîneur, Romain Barnier, estime que cet échec en finale du 100 m - où le nageur tricolore a expliqué avoir essayé un autre type de nage - pourrait servir son élève (ici à gauche sur la photo). "Quelque part, les échecs sont aussi un moteur essentiel de la progression", estime celui qui est également directeur de l'équipe de France. "Donc forcément, ça va lui laisser un goût d'amertume mais il vaut mieux cela qu'un énorme exploit, à un an et demi des JO (jamais un nageur français n'a été champion du monde sur 100 m, Alain Bernard avait conquis le titre olympique en 2008, ndlr). C'est très bien comme ça. On a fini une forme de cycle. On va entrer dans la grande aventure olympique, ça va monter en puissance. Dans cette optique, c'est bien aussi des petits échecs. Florent a fait des performances au niveau de son talent. C'est un talent énorme. Il y a des moments où on se dit : 'c'est incroyable, le jour où le puzzle va être mis en place'. Là, il n'a montré qu'un bout du puzzle, j'espère que ce n'est que le début."

Même si toutes les têtes d'affiche de la natation mondiale n'étaient pas présentes à Doha, les performances de Manaudou et le constat dressé par Romain Barnier ont de quoi effrayer tous ses adversaires. "C'est quelqu'un qui a un moral d'acier, une facilité énorme, et qui en plus de ça ne se prend pas au sérieux", souligne Paul Leccia, le président du Cercle des nageurs de Marseille, où Manaudou est licencié, comme sa grande sœur Laure le fut avant lui. "Il fait les choses avec une facilité déroutante. C'est réellement un homme surnaturel aujourd'hui."

"Pour moi, il est le patron." Impliqué sur six des huit médailles françaises à Doha, Manaudou a confirmé son nouveau statut de leader de la natation française. "Il est le patron mais lui-même ne tient pas tellement à cette appellation", estime Paul Leccia. Pour autant, Romain Barnier croit que les autres nageurs tricolores pourraient prendre la vague de Manaudou. "Il y a toujours un, deux, trois leaders stratosphériques dans les équipes qui réussissent", insiste Romain Barnier. "On a besoin de Florent. On a besoin de Yannick (Agnel), on a besoin de Jérémy (Stravius), Fabien (Gilot), Camille (Lacourt), Fred (Bousquet)... On a besoin de toutes nos forces pour aller jusqu'aux Jeux." Avant les Jeux, Manaudou, qui fut champion olympique du 50 m il y a deux ans à Londres, passera un autre test d'envergure, notamment sur 100 m, lors des championnats du monde en grand bassin qui auront lieu l'été prochain à Kazan, en Russie.