Le "très grand sacrifice" de Froome

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Le "très grand sacrifice" de Froome
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TOUR - L'équipier de Wiggins, 2e du général, admet que la situation est "difficile" pour lui.

Froome 09.07

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Il n'a pas fallu attendre très longtemps avant de constater que le principal adversaire (potentiel) de Bradley Wiggins sur ce Tour de France 2012 figurait au sein même de son équipe, Sky. Vainqueur de la première étape avec arrivée au sommet, à la Planche des Belles Filles, et deuxième du contre-la-montre à Besançon (photo), son compatriote Christopher Froome a apporté bien plus de garanties que l'Italien Vincenzo Nibali (Liquigas) ou le vainqueur sortant, l'Australien Cadel Evans (BMC). Dans un entretien accordé au quotidien L'Equipe, dimanche, Froome confirme les sentiments qui le tiraillent. "Une victoire dans le Tour pourrait changer ma vie", concède-t-il, "c'est pour ça que c'est un grand, très grand sacrifice."

Jeudi, dans la grande étape alpestre, Froome avait distancé son leader dans la montée vers La Toussuire. Il a invoqué de bonnes raisons (distancer Evans et Nibali au général, la victoire d'étape), mais on a senti émerger chez lui une pointe de frustration. "C'est difficile, on n'a pas souvent dans la vie l'opportunité de gagner un Tour de France", admet-il. Et quel Tour de France, le premier victorieux d'un Britannique et ce, à quelques jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Londres. "Ce sera un moment historique, pour l'Angleterre, pour Sky. Le problème, effectivement, c'est d'être le premier."

Le retour de "Froome-Dog"

Et qu'arrivera-t-il si le premier, justement, Bradley Wiggins, venait à avoir une défaillance dans les Pyréennés ? "Si j'ai le sentiment qu'on peut perdre le Tour, je suivrai les meilleurs, que ce soit Evans ou Nibali, pour préserver nos chances, assurer la présence des Sky." L'an dernier, lors du Tour d'Espagne, Juan José Cobo avait su tirer les marrons du feu, en remportant l'épreuve devant Froome et Wiggins, qui l'avait libéré bien trop tard de ses contraintes d'équipier.

Mais, pour le moment, celui que l'on surnomme parfois "Froome-Dog", le bon "chien-chien", entend s'astreindre à la tactique d'équipe. "Dans ce Tour, il y a plus de 100 kilomètres de chrono, alors on a décidé en interne que j'accompagnerai Wiggins dans les cols sur un rythme régulier, lui fera la différence dans les chronos, c'est comme cela qu'on gagnera le Tour." En attendant 2013...

Froome espère un retour de bâton

"Tout dépendra du parcours. S'il y a des cols, j'espère que la Sky sera honnête et que tous les équipiers se mettront à mon service, avec la même loyauté que je démontre aujourd'hui. Mais sur ça, je ne suis pas inquiet. Wiggins est quelqu'un de droit, il me rendra les choses, je sais qu'il m'aidera", confie l'actuel 2e du classement général. A condition que les deux Britanniques courent tous les deux pour Sky en 2013, ce qui, aujourd'hui, semble loin d'être évident.

Dans cet entretien, Froome explique également souffrir d'une maladie contractée en Afrique, la bilharziose, "un genre de parasite qui se glisse sous la peau et vous mange les globules rouges". "Le problème, c'est que le parasite reste vivace, on ne guérit jamais. Parfois, j'ai du mal à récupérer et (...) je mets ma fatigue sur le compte de mon alimentation ou d'un mauvais sommeil", explique celui qui révèle également s'astreindre parfois à ne pas manger pour maigrir. "Eassyez de dormir avec la faim, vous y arriverez", souligne-t-il. Et avec la faim de victoires ?