Le sacre de Parker vu des Etats-Unis

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Le sacre de Parker vu des Etats-Unis
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REVUE DE PRESSE - Les médias US saluent la constance au haut niveau du meneur des Bleus.

Alors que la presse française continue lundi de vanter les mérites de Tony Parker, L'Equipe en faisant en Une l'égal des plus grands du sport français, sa performance lors de l'EuroBasket n'a pas laissé de marbre outre-Atlantique. Certes, le premier titre européen des Bleus passe loin, très loin derrière le football américain, dont c'était la troisième journée ce week-end, et le baseball, dont les play-offs sont en approche.

Mais certains, comme ESPN, soulignent la performance du meneur de jeu des Spurs : "je peux difficilement imaginer ce que c'est d'être Tony Parker aujourd'hui", souligne ainsi le blogueur associé Danny Chau, précisant que la vedette des Bleus a fini par décrocher la couronne après douze ans et sept Euros consécutifs...

Parker à l'Elysée (930x620)

© MAXPPP

Promesse et acharnement. ESPN, comme l'agence de presse Associated Press, rappelle que ce titre européen a fait l'objet d'une longue quête entamée en 2001 par Parker, Diaw et Florent Pietrus, après un premier titre continental chez les juniors en 2000. "Treize ans plus tard, c'est mission accomplie", note ainsi AP dans une dépêche reprise sur le site officiel de la NBA. Les médias américains louent l'acharnement de Parker, au fil des ans comme au fil des matches et ce d'autant plus facilement qu'ils vivent au quotidien le rythme effréné de la NBA. "C'est intéressant de noter que la moitié des Euros auxquels a participé Parker ont suivi une finale NBA avec San Antonio quatre des sept pour être exact (2003, 2005, 2007 et 2013)", précise le journaliste. "Durant ces années, il a joué en moyenne 98 matches en NBA. Ajoutez à cela huit matches de moyenne par EuroBasket et ce, sans parler des semaines et des mois d'entraînement avec l'équipe nationale, et il est presque compréhensible que certains le considèrent comme une star vieillissante proche de la décrépitude alors qu'il n'a eu que 31 ans en mai..."

Parker dans Sports Illustrated (930x620)

© SI.com

Altruisme et talent. Pour les médias américains, le brillant mois de septembre de Parker en Slovénie n'est pas une surprise. "Il s'est tenu à un rôle mineur dans certains matches et a totalement mangé le ballon dans d'autres." Les chiffres donnent raison à cette formulation : avec 12 points seulement lors de la finale face à la Lituanie (contre 32 face à l'Espagne en demies), Parker a su déléguer, une chose qu'il sait faire également avec les Spurs. En finale, ce sont Nicolas Batum (17 points) et Boris Diaw (15) qui en ont profité. Les qualités de leader de Parker, autant meneur que scoreur, sont mis en avant par Sports Illustrated, qui a classé Parker au 4e rang des meilleurs joueurs NBA en 2014, derrière LeBron James, Kevin Durant et Chris Paul. "Il a tout fait pour justifier ce rang en Slovénie, en décrochant le titre de MVP avec 19 points et 3,3 passes décisives par match." S'il signale quelques moments difficiles pour "TP", comme cette perte de balle en fin de match contre l'Espagne, l'hebdo estime que sa capacité à briser une défense avec son dribble s'est avérée décisive lors de cet Euro.

Parker avec la médaille d'or (930x620)

© MAXPPP

Revers et rebond. Enfin, le titre de Parker est surtout vu à l'aune de sa finale NBA perdue en juin dernier avec les Spurs (4-3 contre miami). "Pour des gars comme Tim Duncan ou Manu Ginobili, deux dieux de la franchise, leurs cruciales erreurs commises dans les deux derniers matches de la finale vont leur faire mal toute leur vie. La même chose peut être dite pour Parker. Mais pas aujourd'hui, estime Danny Chau. En effet, le panier à trois points manqué par l'Espagnol José Manuel Calderon, lors de la fin du temps réglementaire de la demi-finale, efface (un peu) le goût amer laissé par celui réussi dans les mêmes circonstances par Ray Allen lors du sixième match des finales NBA. ESPN conclut : "triple champion NBA, Parker n'a pas réussi à en accrocher un quatrième. Mais il l'a maintenant." Moins de trois mois après ce qui restera sans doute comme la plus cruelle déception de sa carrière, Parker a sans doute connu dimanche sa plus grand joie. A coup sûr, 2013 restera son année.