Le rugby à la mode du cochon

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Le rugby à la mode du cochon
@ REUTERS
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RUGBY - Avant les débuts du "Goret" Philippe Saint-André, tour d'horizon du lexique "cochon".

Le dico du parler sport (930x620)

© Ed.Fetjaine

Le "Goret". Tel est le surnom de Philippe Saint-André, nouveau sélectionneur de l'équipe de France. C'est à la fois un terme affectueux mais également une référence à l'animal, avec lequel "PSA" partageait des qualités de vitesse au sol lorsqu'il était joueur. Afin de fêter sa première à la tête du XV de France, samedi (15h30), face à l'Italie, pour l'ouverture du Tournoi des six nations, Europe1.fr a pioché cinq termes phares du rugby qui évoque le monde porcin dans le savoureux et copieux Dico du parler sport, sorti en janvier dernier*.

La marcassinade. "Action de jeu décisive près de la ligne de but adverse. Probablement en rapport avec les déboulés, mélange de vitesse et de puissance, de l’ancien ailier et actuel sélectionneur des Bleus Philippe Saint-André, surnommé "le Goret", soit un cousin du marcassin." Les amateurs de rugby se souviennent du déboulé de 100 mètres que l'ailier tricolore avait effectué pour être à la conclusion d'un des plus beaux essais du XV de France, face à l'Angleterre, lors du Tournoi des six nations 1991. Un "Goret" qui piétine la Rose, l'une des plus belles marcassinades de l'histoire.

Saint-André marque un essai de 100 mètres face aux Anglais :

Les toulousains vice-champions du monde, 930

© MAXPPP

Le rugby cassoulet. Du nom du célèbre ragoût de haricots blancs servis avec du lard, de la couenne, du jarret de porc et des saucisses. L’expression "rugby cassoulet" "fait plus largement référence aux traditions et valeurs rugbystiques (virilité, sens de l’honneur, troisième mi-temps, amateurisme, etc.), chères à la région du Sud-ouest, patrie du rugby, dont la capitale serait Toulouse et le plat emblématique, le cassoulet." Sans vanter le rugby à papa, Saint-André entend s'appuyer sur un collectif très toulousain. Pour affronter l'Italie, samedi, il a retenu huit Rouge et Noir dans son groupe, dont cinq seront titulaires : Médard, Clerc, Picamoles, Dusautoir et Servat (ici en photo lors de leur retour après la Coupe du monde). Ce n'est pas une garantie de succès, mais c'est un gage de qualité. Car, en matière de rugby, Toulouse est presque une appellation d'origine contrôlée. Le Stade a en effet décroché en juin dernier le titre de champion de France, le 18e de son histoire.

Se mettre le cochon dans le maïs. "Cette phrase signifie : faire n’importe quoi, paniquer, jouer à l’envers. Souvent sans raison apparente, alors que tout allait bien." Si, de son temps, le "Goret" ne s'est guère mis "le cochon dans le maïs", ce n'est pas forcément le cas de toutes les ouailles qu'il aura sous ses ordres, samedi. Neuf des quinze titulaires étaient déjà du naufrage du stade olympique de Rome, lors du Tournoi 2011. Alors qu'ils menaient 18-6, les Bleus avaient réussi à perdre face à une courageuse mais limitée Squadra Azzura, dont ce succès restera le seul titre de gloire du Tournoi, à l'exception de la triste cuillère de bois...

Julien Bonnaire (930x620)

© REUTERS

Manger le confit sur la tête. "Dominer largement en touche, sauter plus haut que son adversaire. À tel point que le sauteur peut voir le crâne de son vis-à-vis. Vient de l’expression "manger la soupe sur la tête de quelqu’un", qui signifie être nettement plus grand que l'autre personne, dont elle est synonyme." Avec en deuxième et troisième lignes, Bonnaire (photo), Nallet ou Papé, qui approchent tous le double mètre, les Bleus sont parés pour "manger le confit" (de porc) sur la tête des Italiens.

Le saucisson. "Passe de mauvaise qualité, médiocre. On peut imaginer que le saucisson est difficile à attraper au vol." S'il n'a jamais joué dans le Sud-ouest, patrie du cassoulet et du rugby, Philippe Saint-André, qui a passé huit saisons à Clermont-Ferrand lorsqu'il était joueur, doit en connaître un rayon au niveau charcuterie. Mais lui qui était surtout connu pour sa technique de jeu n'était sûrement pas amateur de saucisson, mais plutôt de caviar. Espérons que le "Goret" ait transmis ses goûts de luxe à ses joueurs...

*Le Dico du parler sport, de Baptiste Blanchet et Jean-Damien Lesay, Ed. Fetjaine, 624 pages, 19 euros.