Le biathlon, entre vitesse et précision

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Le biathlon, entre vitesse et précision
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A LA DECOUVERTE DE - Les frères Fourcade vont tenter de briller lors du relais, vendredi.

L'origine. Le biathlon est à la base un sport d'origine militaire. Pour entraîner leurs soldats, les pays scandinaves comme la Norvège et la Suède ont eu l'idée de les entraîner sur des skis dès la fin du 18e siècle. Aux premiers Jeux Olympiques d'Hiver, en 1924, à Chamonix, cette discipline n'est pas encore officielle mais des militaires assurent quand même une démonstration.  Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que ce sport s'ouvrira aux civils. En 1948, cette bi-discipline appelée sommairement la "patrouille militaire" prend enfin le nom de biathlon (du latin et du grec, deux concours). Douze ans plus tard, c'est la consécration. Le CIO le reconnaît comme un sport olympique.

Le principe. Des petits bonhommes qui font du ski de fond à toute vitesse et qui s'arrêtent parfois pour tirer sur des cibles avec une carabine, ça peut paraître bizarre. Mais à y regarder de plus près, ce sport, d'une exigence extrême, est très attrayant. Le biathlon allie l'explosivité et l'endurance de la course à ski et le calme et la précision du tir. Deux disciplines a priori complètement opposées qui fusionnent à merveille. Les règles sont très simples, les athlètes font plusieurs tours sur une piste de ski de fond et passent à chaque fois par le pas de tir. Les cibles sont situées à 50 mètres. Sur un tir couché, les petits ronds noirs mesurent 45 mm de diamètre et 115 mm pour le tir debout. A chaque cible manquée, le concurrent écope d'une pénalité (1 minute ou 150 mètres de plus à parcourir). Le vainqueur est celui qui finit le parcours le plus vite.

Biathlon
Plusieurs épreuves. Depuis sa reconnaissance comme sport olympique, le biathlon a subi de profonds changements. De nombreuses épreuves ont vu le jour ces 20 dernières années. L'individuelle est la course de base dans le biathlon. Les athlètes partent avec un écart de 30 secondes et se battent contre le chrono. Après cinq boucles et quatre passages sur le pas de tir (deux couché et deux debout), le plus rapide d'entre eux remporte la course. A noter que cette épreuve est aussi la plus exigeante. Et pour cause, chaque cible manquée est sanctionnée par une minute de pénalité.
 Il y a ensuite le sprint, plus rapide, comme son nom l'indique. Trois tours de circuit et deux séances de tir (un couché et un debout) où la vitesse sur les skis fait souvent la différence. Chaque erreur au tir est pénalisée par une petite boucle de 150 mètres supplémentaires (25 secondes en moyenne). La poursuite apparaît ensuite au milieu des années 1990. Là, les athlètes s'élancent en fonction du classement de l'individuelle. Le but étant de rattraper le vainqueur de la course précédente, qui part, bien évidemment, en premier. Enfin, les 30 premiers du classement de la Coupe du monde s'élancent en même temps dans le mass-start. C'est de loin la course la plus excitante. Avec quatre tirs (dont les deux derniers debout), il y a souvent de nombreux rebondissements.

Cible

La carabine. Si le sport a énormément changé depuis sa création, que dire du matériel. Les skis sont de plus en plus légers et de plus en plus rapides. La carabine utilisée par les bi-athlètes aujourd'hui n'a rien à voir avec le gros calibre que les militaires utilisaient il y a 30 ans. Finies les grosses balles sur des cibles à plus de 100 mètres. La précision est désormais de rigueur avec une carabine 22 long rifle, beaucoup plus fine. Dernier petit détail qui a son importance, le poids. Les carabines pèsent en moyenne 4 kilos. Une sacrée charge dans le dos pendant toute la course…

La légende. Le Norvégien Ole Einar Bjørndalen est au biathlon ce que Mohamed Ali est à la boxe. Avec 94 victoires en Coupe du monde, six Globes de cristal et six titres olympiques, il possède de loin le plus beau palmarès de ce sport. Le Français Raphaël Poirée a bien connu ce superbe athlète pour l'avoir affronté pendant de nombreuses années. Si le bi-athlète tricolore a réussi à le battre à la régulière de temps en temps, Bjørndalen a souvent pris le dessus. Adroit au tir, il a souvent gagné ses courses grâce à des qualités exceptionnelles sur la piste. A 38 ans, le Norvégien n'a toujours pas mis un terme à sa carrière. Il a même remporté une épreuve de Coupe du monde cette année, lors de la poursuite de Kontiolahti, juste devant… Martin Fourcade.

Ole Einar Bjørndalen devance d'une spatule Raphaël Poirée :

Les Français. Le biathlon a connu son premier écho en France en 1992 lors des Jeux Olympiques d'Albertville. Corinne Niogret, Véronique Claudel et Anne Birand remportent l'or dans le relais 3*7,5 km et font découvrir cette spécialité un peu particulière au public français. Dans la foulée de ce succès, Raphaël Poirée reprend le flambeau de la discipline, en accrochant notamment huit titres de champion du monde.

Le couple. Le nom de Poirée a été prononcé dans deux langues différentes à maintes reprises. En français pour les victoires de Raphaël et en... norvégien pour Liv Grete, la femme de Raphaël. Ce couple était extrêmement connu sur les pistes et la presse norvégienne s'est souvent emparée de l'histoire. En 2004, le couple connaît son apogée sportive aux championnats du monde d'Oberhof, en Allemagne. Ils remportent 7 des 10 titres mondiaux.

Fourcade-3

L'histoire. Simon a 27 ans. Martin, lui, a 23 ans. Les deux frères Fourcade trustent depuis deux ans les premières places du classement de la Coupe du monde. Tous les deux militaires de l'armée de terre, les frangins s'entendent à merveille sur la piste. Il leur arrive parfois même de s'aider quand l'un des deux est décroché. Si le cadet de la fratrie, Martin, est aujourd'hui leader de la Coupe du monde, son grand frère n'est jamais loin. Comme le 14 janvier dernier, où les deux Fourcade ont terminé pour la première fois de leur carrière ensemble sur le podium.

Les frères Fourcade terminent sur le podium :



Un sport très peu pratiqué. Si le biathlon est le sport national en Norvège ou une discipline extrêmement pratiquée et suivie en Allemagne (près de 5 millions de téléspectateurs suivent les retransmissions de la Coupe du monde), il peine à percer en France. Joint par Europe1.fr, la fédération de ski nous a communiqué le nombre officiel de licenciés dans l'hexagone. Ils sont seulement 683 (440 hommes et 243 femmes). Aux derniers jeux olympiques d'hiver à Vancouver, c'est pourtant la discipline qui a rapporté le plus de médailles à la France, avec six breloques…