Justice : Armstrong pris en chasse

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Justice : Armstrong pris en chasse
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DOPAGE - Le Texan est poursuivi par une société qui lui exige le versement de 9 millions d'euros.

Trois semaines après ses aveux télévisés de dopage devant la caméra d'Oprah Winfrey, le 18 janvier dernier, Lance Armstrong commence à en subir les premiers contre-coups juridiques.

Armstrong avec le drapeau américain (930x620)

© REUTERS

L'info. Jeudi, la compagnie d'assurances SCA Promotions a porté plainte contre l'ancien cycliste pour obtenir le remboursement de plus de 12 millions de dollars. Selon une plainte déposée au Texas, la société accuse le coureur déchu et sa société de gestion, Tailwind Sports, de l'avoir escroqué de la somme de 12,1 millions de dollars, soit 9 millions d'euros, qu'elle lui avait versée pour ses victoires dans les Tours de France 2002, 2003 et 2004. "Même Lance Armstrong n'a pas pu grimper la montagne de preuves réunies par l'Usada", est-il écrit dans la plainte. "Aujourd'hui, chacun sait que Lance Armstrong a perpétué ce qui pourrait bien être le mensonge de sang froid le plus élaboré et le plus scandaleux de l'histoire du sport." Ce litige civil pourrait contraindre l'ancien coureur à témoigner sous serment sur ses années de dopage.

La position d'Armstrong. L'un des avocats du septuple vainqueur déchu du Tour, Mark Fabiani, a indiqué qu'un accord passé en 2006 entre SCA et le coureur interdisait à l'assureur de prétendre au remboursement de cette somme. A l'époque, la compagnie avait été contrainte de régler 7,5 millions de dollars (5,6 millions d'euros) à Armstrong, pour dommages et intérêts. Daté du 8 février 2006, un contrat de sept pages, dont Mark Fabiani a fourni une copie à l'AFP, stipule notamment qu'"aucune partie ne peut attaquer en justice, faire appel ou tenter de s'écarter de la prime d'arbitrage". Dans sa plainte, SCA cite un autre avocat du sportif, Tim Herman, qui avait promis que si "ses titres lui étaient officiellement retirés alors Tailwind (qui gère ses intérêts) serait d'accord pour rembourser tous les paiements". Ce que Lance Armstrong aurait refusé de faire malgré la demande de SCA.

Roger Legeay du MPCC (930x620)

© MAXPPP

Le MPCC aussi. Créé en 2007, le Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), qui regroupe pour l'essentiel des responsables d'équipes, envisage de demander des dommages-intérêts à Armstrong. "Suite aux aveux de Lance Armstrong, il est demandé à nos services juridiques d'étudier la possibilité d'engager avec toutes les parties prenantes une action en dommages-intérêts pour atteinte à l'image du cyclisme, pour escroquerie ou tout autre chef de poursuites qui pourrait être retenu", a déclaré le président du MPCC, Roger Legeay (photo). L'ancien directeur sportif de Greg LeMond a cependant indiqué que le MPCC n'irait pas seul en justice contre Armstrong, "qui a défiguré le cyclisme, défiguré sept Tours de France". Dans son règlement, le MPCC prévoit que des actions en dommages-intérêts peuvent être engagées "contre les coureurs ou autres personnes qui auraient porté atteinte à l'image" du cyclisme.

Les ouvrages de "fiction". Le coureur déchu et ses éditeurs, Penguin et Random House, sont poursuivis par deux lecteurs californiens pour escroquerie et publicité mensongère. Les plaignants font valoir que les mémoires du coureurs -  It's Not About the Bike et Every Second Counts - sont truffés de mensonges maintenant qu'il a avoué s'être dopé sur ses années de domination sur la Grande Boucle. A lire :Des lecteurs en procès contre Armstrong

Et la justice américaine ? Pour le moment, le département américain de la Justice n'a pas dit s'il comptait se joindre au procès entamé par l'ancien coéquipier d'Armstrong, Floyd Landis, qui l'accuse d'avoir escroqué l'argent public au moment où il était leader de l'US Postal. Par ailleurs, le procureur Andre Birote, en charge de l'enquête sur le Texan, a indiqué que la justice américaine ne prévoyait pas de poursuivre Lance Armstrong pour le moment. Tout au long de sa carrière, Armstrong a nié s'être dopé, y compris devant des enquêteurs fédéraux. Ses aveux publics le mois dernier ont soulevé de nombreuses questions juridiques, y compris de savoir si "LA" devait être poursuivi pour parjure. A lire :Et si Armstrong s'en sortait bien ?