JO : la lutte n'est pas finie

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JO : la lutte n'est pas finie
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JO - Alors que se déroulent les championnats d'Europe, la lutte garde espoir de rester aux Jeux.

Les championnats d'Europe de lutte, qui se déroulent jusqu'à dimanche dans l'un de ses bastions, la Géorgie, sont agités en coulisses. Autour des aires de combat, un sujet de discussion s'impose : la décision de la commission exécutive du CIO, qui a préconisé le 12 février dernier de retirer la lutte du programme olympique lors des Jeux de 2020. "On croyait que c'était une blague au début", admet le directeur technique national, Dominique Latterrade. Le pentathlon moderne, le taekwondo, le canoë ou le hockey sur gazon semblaient bien plus en danger que la lutte, sport qui était au programme des premiers Jeux de l'ère moderne, en 1896, et qui n'a manqué qu'une édition des JO depuis, en 1900.

Oui, mais voilà, c'est bien la lutte qui a été mis en ballotage avec sept autres disciplines pour être sport additionnel en 2020*.  Une première sélection parmi les huit sports candidats sera effectuée au mois de mai prochain à Buenos Aires avant une décision finale attendue en septembre prochain. Pour quelle raison la lutte se retrouve-t-elle aujourd'hui au même niveau que le baseball ou le roller ? "Il y a 39 critères qui sont comparables à ceux établis pour définir la ville olympique", explique le DTN. "Mais il n'y a pas que ça qui pèse." Entendre par là : le lobbying compte aussi.

Changement à la tête de la Fédération

Lutteuses aux championnats d'Europe (930x620)

© REUTERS

Depuis l'annonce de cette décision, le monde de la lutte a commencé à faire son autocritique. L'ancien président de la Fédération internationale, Raphaël Martinetti, a été victime d'un vote de défiance. Son successeur par intérim, le Serbe Nenad Lalovic, n'a pas tardé à démarcher les membres du CIO pour essayer de comprendre la décision du comité exécutif et en tirer les conséquences. "Il y avait une demande du CIO sur la parité hommes-femmes", explique Dominique Latterrade. "Pour le moment, il y a sept catégories de poids en lutte libre, sept en lutte gréco-romaine et sept chez les femmes. Le CIO considère également qu'il y a peut-être trop de médailles d'or délivrées dans notre sport. S'ajoutent également le déficit de visibilité médiatique et le manque de lisibilité de certaines décisions arbitrales, même si des progrès ont été réalisés dans ce domaine."

Un clip milite pour le maintien de la lutte aux JO :

Plus que le lobbying ou les efforts fournis par la fédération internationale, c'est l'incroyable mobilisation qui a suivi la décision du CIO qui risque de peser. Le président de l'instance, Jacques Rogge, a beau dire "on savait qu'on ferait des mécontents parmi les amateurs d'un sport", il ne se doutait peut-être pas du soutien dont allait bénéficier la lutte. La page Facebook "Save Olympic Wrestling" compte plus de 85.000 mentions "J'aime", des tee-shirts "Save wrestling at the Games" ont été créés et les "happenings" divers et variés se multiplient.

Image de la pétition pour la lutte (930x620)

© fflutte.com

Les fédérations, comme celle de l'Hexagone, ne sont pas en reste, avec notamment des pétitions en ligne. Parfois, elles vont même jusqu'à s'associer, comme ce fut le cas le mois dernier avec les fédérations américaine et... iranienne. "Sur le plan politique, nous ne sommes pas toujours sur la même ligne que l'Iran", a confié Mitch Hull, un des responsables de l'équipe américaine au média iranien Payvand, cité par l'hebdomadaire Courrier International. "Mais en lutte, il n'y a aucun doute que nous sommes ensemble dans l'effort."

Pas de doute, le combat pour le maintien de la lutte aux JO transcende le simple domaine du sport. Le 13 mars dernier, c'est le président russe, Vladimir Poutine, lui-même ancien judoka, qui s'est étonné de la décision du CIO, l'estimant "injustifiée". Est-ce que ces prises de position, venues de tous les horizons, suffiront à inverser la tendance ? "L'important, c'est qu'on soit au programme", insiste le DTN. "Si on est retenu comme sport additionnel, on y est pour deux olympiades. Ce serait un mal pour un bien, parce que ça va nous mettre en état d'alerte et de vigilance pour que la lutte évolue." Il reste encore quelques semaines avant la première décision du CIO. La lutte continue...

*25 sports ont été considérés comme "principaux" : athlétisme, aviron, badminton, basketball, boxe, canoë, cyclisme, sports équestres, escrime, football, gymnastique, haltérophilie, handball, hockey, judo, natation, pentathlon moderne, taekwondo, tennis, tennis de table, tir, tir à l'arc, triathlon, voile et volleyball.

Huit sports prétendent au statut de sport additionnel : la lutte, le squash, l'escalade, le karaté, le wushu - un art martial -, le baseball/softball, le wakeboard - un sport nautique - et les sports de roller.