Indianapolis vs Monaco : deux mythes face à face

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Indianapolis vs Monaco : deux mythes face à face
@ Montage REUTERS
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MONSTRES SACRÉS - Dimanche se déroulent deux des courses les plus mythiques du calendrier.

Peu après 14h00, dimanche, sera donné le départ de la sixième manche de la saison 2014 de F1, la plus prestigieuse : le Grand Prix de Monaco. Puis, vers 18h (à midi heure locale), 33 bolides seront lancés sur un anneau pour le rendez-vous le plus attendu de la saison d'Indycar, aux Etats-Unis : les 500 miles d'Indianapolis. En un après-midi, deux des plus mythiques épreuves du sport automobile vont donc se succéder. Deux monuments aux natures et traditions bien différentes.

Mercedes (930x620)

© REUTERS

Le glamour urbain contre la passion moteurs. Depuis leur création au siècle dernier (1929 pour le GP¨de Monaco et 1911 pour l'Indy 500), les deux épreuves se distinguent par leur singularité. Dans la Principauté, le circuit emprunte des rues fréquentées habituellement par les riverains. A tel point qu'entre les différentes séances de qualifications, le circuit rouvre même à la circulation... C'est tout le contraire pour l'ovale d'Indianapolis, créé à l'époque pour devenir le tracé de référence des courses de type monoplace aux Etats-Unis. L'Indy 500 s'étire sur deux semaines entières puisque les premiers essais ont eu lieu le dimanche 11 mai, la séance de qualifications pour la grille de départ le 18 et la course aura lieu le 25. Entre temps, tout un tas de manifestations sont prévues (concerts, signature d'autographes, visite des stands, etc.). Monaco aussi a un calendrier particulier puisqu'aucune voiture ne roule le vendredi, les premiers essais libres se déroulant le jeudi. Et à l'arrivée, pas de podium mais un petit chapiteau qui accueille les trois premiers et le prince de Monaco. A Indy, le vainqueur n'a lui pas droit à la poignée de main princière mais à la fameuse gorgée de lait.

Tony Kanaan remporte les 500 miles en 2013 :



Pagenaud (930x620)

L'ovale contre le "tourniquet". La principale différence entre Monaco et Indianapolis tient avant tout à la nature du tracé. Avec sa montée vers Beau Rivage, sa descente vers Mirabeau, son tunnel et les courbes étroites de la Piscine, le tracé monégasque ressemble plus à un grand huit. Autre type de manège du côté d'Indianapolis : deux grandes lignes droites, deux petites et quatre virages qui donnent au tracé une allure de piste de décollage. Evidemment, la préparation des monoplaces n'est pas la même, comme l'explique le Français Simon Pagenaud, qui participera dimanche à ses troisièmes 500 miles. "C'est une configuration totalement différente par rapport à un circuit urbain ou routier en termes d'aérodynamisme et de suspensions", souligne le Français, cinquième temps des qualifications. "On a des réglages asymétriques sur la voiture, c'est-à-dire que les roues ne sont pas toutes tournées dans le même sens. L'objectif, c'est de pouvoir faire tourner la monoplace sans qu'elle ralentisse dans les virages donc il faut qu'elle tourne naturellement." Les 500 miles comme Monaco sont donc deux grands défis pour les pilotes mais aussi pour les ingénieurs des équipes.

Rosberg signe la pole position à Monaco en 2013 :



Sebastian Vettel (930x620)

La vitesse contre la vista. L'an dernier, l'Allemand Sebastian Vettel (Red Bull) a réalisé le meilleur tour en course du Grand Prix de Monaco à 157 km/h de moyenne. A titre de comparaison, l'Américain Ed Carpenter (Chevrolet), qui occupera la pole position dimanche à Indy, a effectué ses quatre tours de qualification à plus de 370 km/h de moyenne, dimanche dernier. Le pilote japonais Takuma Sato, qui a connu les deux tracés, précise la spécificité de l'ovale d'Indy : "vous êtes à 380 km/h en ligne droite et en arrivant dans les virages, vous êtes encore à 350. La voiture glisse, c'est très particulier. A mon avis, il n'y a rien de comparable dans le sport auto." Les 500 miles se distinguent également par leur longueur. L'an dernier, le Brésilien Tony Kanaan a bouclé les 200 tours de course en 2h40, soit une bonne heure de plus qu'un Grand Prix de Monaco sur le sec. Point commun entre les deux épreuves : le recours régulier à la voiture de sécurité. Que ce soit à 380 km/h sur un ovale ou à 160 dans des rues étriquées, aucune faute n'est évidemment permise.

Montoya à l'Indy 500 (930x620)

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Le doublé pour deux pilotes. Le défi est évidemment de se confronter aux deux "monstres". Deux pilotes seulement ont réussi à remporter le Grand Prix de Monaco et les 500 miles : le Britannique Graham Hill (vainqueur cinq fois à Monaco entre 1963 et 69, vainqueur à Indy en 66) et le Colombien Juan Pablo Montoya (vainqueur des 500 miles en 2000 et sur le Rocher en 2003). Le Colombien, qui compte également à son palmarès deux succès en Nascar, effectue son retour cette saison en Indycar. Il s'élancera de la quatrième ligne, dimanche. "Monaco, c'est spécial parce que c'est Monaco !", insiste l'ancien pilote Williams. "Tout le monde rêve de gagner cette course en Formule 1. Ici, aux Etats-Unis, tous les pilotes rêvent de gagner Indy." Ils seront 32 hommes et une femme (autre singularité avec la F1) à faire le même rêve dimanche au moment d'entendre la fameuse phrase "Lady and gentlemen, start your engines !" (Madame, messieurs, allumez vos moteurs !).

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