Hand : pourquoi il faut regarder les "filles"

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Hand : pourquoi il faut regarder les "filles"
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HAND - L'équipe de France dispute la finale du Mondial, dimanche, face à la Norvège (20h15).

Dimanche soir, à Sao Paulo, au Brésil, les handballeuses tricolores vont disputer le titre de championne du monde à la Norvège. La rencontre sera diffusée en "prime time" sur France 3, dès 20h15 (mais aussi sur Sport+, qui diffuse les Bleues depuis le début), et devra notamment faire face à la concurrence du choc de Ligue 1 PSG-Lille, qui commencera à 21h00. Europe1.fr vous explique pourquoi il ne faudra pas zapper et supporter jusqu'au bout les filles d'Olivier Krumbholz.

Ces Bleues ont du coeur !

Parce que c'est le final. Une seule défaite en huit matches, face au pays organisateur, le Brésil, lors de la phase de poules (26-23). C'est le bilan des Bleues lors de ce Mondial. Placées dans un groupe abordable, elles sont doucement montées en puissance avant d'entamer la phase éliminatoire. En huitièmes, elles ont sorti la Suède (26-23). Mais c'est en quarts de finale que les Bleues (ici Alexandra Lacrabère, photo) ont réalisé leur match référence en éjectant de la compétition les triples championnes du monde, les Russes, invaincues dans la compétition. Après avoir dominé celles qui les avaient battues lors de la précédente finale, en 2009, les Tricolores ont eu le mérite de rester concentrées sur leur objectif. Et vendredi, elles ont été impériales pour renverser le Danemark, en demi-finales (28-23). Dimanche, elles retrouveront un autre gros morceau, la Norvège, finaliste en 2007. Au bout de l'heure (effective) de jeu, il y a un ticket pour les Jeux olympiques de Londres pour le gagnant. Et quoi de mieux que jouer ce ticket face aux championnes olympiques en titre...

Parce que le hand est notre sport national. Au niveau des titres en tout cas. Les filles disputeront dimanche leur quatrième finale mondiale en sept éditions. Sur la dernière décennie, elles ont déjà décroché quatre médailles dans des compétitions internationales majeures (l'or mondial en 2003, l'argent mondial en 2009 et le bronze européen en 2002 et 2006). Elles en décrocheront quoi qu'il arrive une cinquième, dimanche, avec l'or ou l'argent. Quant aux garçons, ils sont tout à la fois champions d'Europe en titre, champions olympiques en titre et doubles champions du monde en titre. Dimanche, la France peut donc devenir à la fois championne du monde chez les garçons et chez les filles dans un sport collectif. Ce serait une première historique.

Allison Pineau (930x620)

© REUTERS

Parce que c'est une sacrée histoire. Il n'y a pas de grand film sans héros tragique. Ou héroïne tragique. Blessée au genou au tout début de la demi-finale face au Danemark, Allison Pineau (photo) ne participera pas à la finale et risque même de manquer les Jeux olympiques, si les Bleues se qualifient. "Ce n'est pas facile à accepter", a-t-elle reconnu. "J'ai reçu le soutien de beaucoup de monde. Je remercie les filles." Toutes ont envie de remporter ce match pour elle, pour celles qui ne vivront pas cette finale sur le terrain, comme Armelle Attingré ou Mariama Signaté, elles aussi blessées au cours du tournoi. "On est trop handicapé pour penser aujourd'hui qu'on part à 50-50", a confié le sélectionneur Olivier Krumbholz, désireux d'évacuer la pression. "Ça ne va pas plaire à mes joueuses mais je ne pense pas qu'on ait plus de 20-25% de chances de gagner demain (dimanche)." Alors si, en plus, la France n'est pas favorite, l'exploit n'en serait que plus beau...

Parce que ce sont des reines. Et d'abord du suspense. Il y a huit ans, lors de leur premier titre mondial, les Bleues s'étaient imposées après prolongation face à la Hongrie. Mieux, en 1999, pour leur première finale mondiale, elles avaient disputé (et perdu) la première (et unique) finale de Mondial avec une double prolongation, face à la... Norvège (25-24). Mais au-delà du sport, ces filles-là sont aussi, à l'instar de leurs homologues masculins, des reines de simplicité, qui font honneur au sport, à un sport qui reste peu médiatique en France. Un beau film, des filles, du suspense : ça vaut bien un PSG-Lille.