Froome peut-il ne pas gagner le Tour ?

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Froome peut-il ne pas gagner le Tour ?
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CYCLISME - Le leader de l'équipe Sky est l'immense favori de la 100e édition.

Portrait de Froome (930x1240)

© MAXPPP

Il faut sans doute remonter aux années Armstrong pour trouver un favori aussi évident avant le départ d'un Tour de France. Deuxième de la Grande Boucle l'an dernier, Christopher Froome, leader de l'équipe Sky, a remporté quatre des cinq courses à étapes auxquelles il a participé cette saison : le Tour d'Oman, le Critérium international, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné. Il a notamment impressionné lors de cette dernière épreuve, habituelle répétition générale du Tour, qu'il a remportée le mois dernier devant... son coéquipier, l'Australien Richie Porte.

Et la mauvaise nouvelle pour tous ces adversaires, c'est qu'il est, de son propre avis, en "super forme". "Je me sens prêt, j'ai le soutien d'une équipe vraiment forte", a-t-il avoué jeudi en conférence de presse. Samedi, quelques heures avant le départ de la 1re étape, il postait encore sur son compte Twitter : "je crois que je n'ai jamais été aussi impatient de monter sur mon vélo qu'aujourd'hui". Voilà qui promet.



Si Froome, 28 ans, est aujourd'hui l'immense favori de la 100e édition du Tour, c'est d'abord parce que son coéquipier, Bradley Wiggins, qui l'avait devancé l'an dernier, n'y participe pas. Victime d'une infection pulmonaire et d'une blessure à un genou, le premier Britannique à avoir remporté la Grande Boucle a renoncé fin mai. Même si Wiggins était censé être n°2 sur ce Tour, ce forfait éclaircit les choses dans l'équipe Sky. Oui, Froome sera le seul et unique leader du team britannique. On ne devrait donc pas assister aux scènes surréalistes vues l'an dernier, quand deux équipiers se tiraient la bourre dans les cols sans vraiment se l'avouer. Froome a donc toutes les cartes en mains. A tel point qu'on peut se demander ce qui pourrait l'empêcher de gagner...

Une pression nouvelle

Froome face à la presse (930x620)

© MAXPPP

Le premier écueil concerne le forfait de Wiggins. S'il clarifie les choses, Froome perd également dans le même temps un équipier de poids (sans mauvais jeu de mots). "Si on parle de ce qu'il aurait pu apporter dans le contre-la-montre par équipes et comme équipier dans la montagne, il m'aurait vraiment aidé", a avoué Froome. Surgi un peu de nulle part l'an dernier, et révélé dans l'ombre de son charismatique coéquipier, le "Kényan blanc", comme on le surnomme - il est né à Nairobi - va devoir gérer la pression d'être le dossard n°1. "Ma saison a été structurée avec des courses tôt dans la saison dans lesquelles j'étais en position de leader, de devoir défendre ma place, de gagner, de faire des conférences de presse, d'être dans la lumière... Tout ça m'a bien préparé. Mais là, on a un niveau totalement différent", a-t-il admis.

La menace Contador

Contador sur le Tour (930x620)

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Prêt physiquement, Froome l'est visiblement aussi mentalement. Mais il existe une menace. Elle porte le nom d'Alberto Contador. De retour sur la Grande Boucle après une année de purgatoire, le "Pistolero", double vainqueur de l'épreuve (2007 et 2009), entend souffler sur la nuque du Britannique. "Il a été très bon toute la saison mais si je ne pensais pas que je pouvais le battre, je n'aurais aucune motivation pour venir ici", a souligné le leader de l'équipe Saxo Bank. Adepte des attaques à répétition, Contador a déjà annoncé un Tour 2013 un peu plus animé que son prédécesseur. Mais il a refusé de résumer cette 100e édition à un duel Froome-Contador, ce qu'il devrait être pourtant.

"Il y aura plus de deux acteurs dans ce film", a-t-il souri. "La tactique, on la décidera après le deuxième contre-la-montre (au Mont Saint-Michel, le 10 juillet, ndlr). Selon ma position au classement général, on choisira si on fait une stratégie offensive ou défensive." A l'occasion, Contador pourrait éventuellement bénéficier du soutien conjoncturel de ses compatriotes, Joaquin Rodriguez (Katusha) et Alejandro Valverde (Movistar), outsiders de l'épreuve. Surprise sur la Vuelta 2011 et équipier sur le Tour 2012, Froome va découvrir à coup sûr cet été ce que signifie courir avec une immense pancarte dans le dos.