Florent Manaudou : "je nage plus souvent que je marche"

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INTERVIEW E1 - Le nageur tricolore, triple médaillé d'or lors des Mondiaux en petit bassin, se confie.

S'il n'y avait pas un Renaud Lavillenie si haut perché, il serait un candidat naturel au titre de sportif français de l'année. Quadruple champion d'Europe en grand bassin l'été dernier, Florent Manaudou a ajouté trois nouvelles breloques en or à son palmarès lors des Mondiaux en petit bassin, à Doha.

"Je déteste perdre donc, à chaque fois que je m'aligne en compétition, c'est pour gagner et, à chaque fois, gravir des échelons", souligne le natif de Villeurbanne. Deux ans après son titre olympique surprise à Londres sur 50 m, le cadet de la fratrie Manaudou a confirmé cette saison qu'il avait tout d'un grand, et dans toutes les nages. De quoi aller titiller un jour les performances gargantuesques d'un Michael Phelps. "Huit médailles d'or lors de mêmes Jeux olympiques, je ne pense pas que quelqu'un pourra le refaire.", souligne-t-il. "Mais pour ma part, il y a des championnats du monde où je n'ai jamais eu de titre en individuel en grand bassin l'été prochain et les Jeux à gagner à nouveau en 2016 donc ça fait deux beaux challenges en deux ans. Je sais où je veux aller."

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Manaudou aux Mondiaux de Doha (1280x640)
Florent Manaudou sait aussi que son sport fait à nouveau l'objet de suspicion, alors que les records du monde sont tombés à la pelle à Doha et que plusieurs grands noms, parmi lesquels le Chinois Sun Yang, ont été récemment pris par la patrouille.

"Il y a cinq ans, les combinaisons en plastique ont été interdites. On a trouvé d'autres méthodes pour s'entraîner plus dur et pour être à chaque fois plus performants, comme dans n'importe quel sport", se justifie le nageur, licencié au Cercle des nageurs de Marseille. "On a tout simplement franchi un cap ici, sachant que les championnats du monde en petit bassin ont lieu tous les deux ans, à la moitié d'une olympiade ou deux mois après après les JO. Deux mois après les JO, ce n'est pas propice à faire des temps. Mais, à mi-olympiade, il y a toujours de très bons temps en petits bassins."

"Il y a eu du dopage", reconnaît Florent Manaudou :

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Sur la question du dopage, le champion tricolore finit par ajouter : "moi, personnellement, j'ai été contrôlé cinq fois en quatre jours lors des derniers championnats du monde donc je pense que ça enlève un peu tout soupçon."

Manaudou, la créatine et les pizzas. Manaudou, qui ne dissimule pas sa prise de créatine ("c'est comme prendre de l'eau à l'entraînement ou une boisson de récupération. C'est juste mal connu des gens"), évoque avec la même légèreté son régime alimentaire qu'on qualifiera de souple...

Florent Manaudou évoque son "régime" "McDo, pizzas, sushis" :



"Ça peut passer par McDo, pizzas, sushis, ça peut passer par beaucoup de choses", sourit-il. "Je préfère me faire plaisir et être bien dans ma tête et dans mon corps et ne pas me donner de restrictions plutôt que d'essayer de suivre un régime alimentaire et d'être, entre guillemets, "malheureux", parce que j'adore manger et j'adore les bonnes choses, donc je préfère ne pas me priver." Manaudou évoque également le frigo installé... à côté de son canapé. "Quand je suis tranquille en train de regarder la télé entre les deux entraînements et que je suis fatigué ou en train de jouer à la console, je préfère juste tendre le bras et ouvrir mon frigo pour prendre un soda que d'aller dans ma cuisine et de me lever plusieurs fois par jour", précise-t-il, plein de malice.

"La natation n'est pas une passion." Avec la même désinvolture, le nouveau leader de la natation française explique que son sport n'est pas "une passion" mais que c'est sa soif de victoires qui le motive. "J'ai commencé à me mettre dans l'eau en club en 1994", précise-t-il. "Ça fait déjà une vingtaine d'années et c'est devenu un peu un automatisme pour moi parce que je suis plus souvent dans l'eau, je nage plus souvent que je marche. Oui, je crois que j'ai fait plus de kilomètres en nageant qu'en marchant..."

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A l'instar de sa sœur Laure, Florent sait également se montrer vindicatif quand il le faut. Et c'est cette fois le quotidien L'Equipe et sa propension à parler essentiellement de football et du PSG qui prennent. "Ce n'est pas forcément parce que ça ne parlait pas de natation, ça a été l'élément déclencheur parce que je suis dans ce milieu-là mais ce n'est pas la première fois que je me fais la réflexion que L'Equipe est devenu un journal de foot uniquement et que ça dessert le sport. J'ai l'impression que c'est devenu un journal un peu people pour sportifs et pour Qataris", ose-t-il. Manaudou, qui a fêté ses 24 ans le 12 novembre dernier, explique que ses parents ont choisi pour lui entre la natation et le handball, qu'il pratiquait quand il était plus jeune. Et qu'il ne le regrette pas.