Fillon, la F1 à cœur

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Fillon, la F1 à cœur
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F1 - Le Premier ministre a évoqué vendredi la probabilité d'un retour du GP de France en 2013.

"La France est prête à accueillir à nouveau un Grand Prix de F1." Voilà, en substance, ce que François Fillon a déclaré, vendredi après-midi, sur le circuit du Castellet, près de quatre ans après la dernière édition du GP de France, en 2008, à Nevers-Magny-Cours. Le Premier ministre a confirmé que le circuit Paul-Ricard, finalement retenu pour le dossier français, pourrait accueillir un Grand Prix la saison prochaine "en alternance avec un autre Grand Prix".

Le grand argentier de la F1, Bernie Ecclestone, a envoyé un projet de contrat. Mais rien n'est encore bouclé. "Les autorités de la F1 ont validé, sans dire quel serait l'autre pays. Les propositions (financières) des organisateurs de la F1 sont assez raisonnables, mais il faudrait arriver à enlever le "assez"", a déclaré le chef du gouvernement.

"La France doit avoir son Grand Prix"

François Fillon avait détaillé son état d'esprit et l'avancement du dossier dans un entretien accordé au quotidien régional Nice-Matin. "Je souhaite le retour d’un Grand Prix en France, comme passionné de sports automobiles bien sûr, mais aussi parce qu’un grand pays de l’industrie automobile comme la France doit avoir son Grand Prix", avait-il insisté. "Ce retour doit se faire dans les meilleures conditions, c’est pourquoi le choix s’est porté sur le Castellet, qui a accueilli en de nombreuses occasions un Grand Prix de France et qui présente aujourd’hui toutes les conditions pour le faire à nouveau."

Le chef du gouvernement était accompagné vendredi du sénateur-maire UMP de Toulon Hubert Falco, représentant des collectivités locales réunies dans un Groupement d'intérêt public (GIP), dans lequel l'Etat jouera un rôle de caution. "L'Etat apporte sa caution parce qu'il faut qu'il le fasse, mais nous n'irons pas plus loin", a déclaré François Fillon, qui a insisté sur le fait que les promoteurs du projet français ne recevraient pas d'aide de l'Etat.

Prost remporte le dernier GP disputé au Castellet, en 90 :

grosjean, f1

© REUTERS

Le Castellet, situé dans le Var, a déjà accueilli le Grand Prix de France à quatorze reprises entre 1971 et 1990. Le GP de France se crée donc un avenir en se tournant vers le passé et en s'appuyant sur le présent : un motoriste, Renault, double champion du monde en titre avec Red Bull, un pétrolier influent, Total, trois pilotes titulaires (Grosjean (photo), Vergne et Pic) et une prime à l'exotisme qui a montré ses limites (annulation du GP du Bahreïn 2011, disparition du GP de Turquie, faible nombre de spectateurs en Chine,...).  "L’organisation d’un événement sportif de cette envergure est porteuse de rayonnement international, de retombées économiques, de développement touristique et de création d’emplois, pour la France et pour les collectivités qui accueillent l’événement", se justifie François Fillon.

Le Paul-Ricard, la solution idoine

L'officialisation du Paul-Ricard comme lieu du probable retour de la F1 en France met ainsi fin à un feuilleton de plusieurs années. Dès l'annulation de l'édition 2009 du Grand Prix de France à Magny-Cours, faute de promoteur, les projets de reprise ont fleuri, à Flins-Les Mureaux, dans les Yvelines, à Sarcelles, dans le Val-d'Oise, mais aussi à Magny-Cours, près de Nevers, avec une version "bis" du circuit qui a accueilli le Grand Prix de 1991 à 2008. En mai 2009, interrogé sur Europe 1, François Fillon déclarait : "on ne peut pas accepter qu'il n'y ait pas de Grand Prix de F1 d'ici 2012". Mais, de protestations d'associations écologistes en blocages politiques en passant par les effets de la crise, aucun de ces projets n'a réussi à voir le jour.

"Le gouvernement va tout faire" pour le GP de France :

Le circuit du Castellet

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Le Premier ministre, passionné de course automobile et pilote lui-même (il a participé aux 24 Heures du Mans en 2003), ne lâche pas pour autant le dossier. Au contraire, il le reprend en mains et confirme dans un entretien à Nice-Matin en juin 2011 la mise en place d'une "cellule Grand Prix" travaillant avec la Fédération française de sport automobile et comprenant un de ses anciens collaborateurs, Gilles Dufeigneux, le patron de l'écurie Lotus Renault, Eric Boullier, et, enfin, le directeur du Castellet, Gérard Neveu.

La présence de ce dernier entérine alors le choix du circuit varois comme lieu privilégié par François Fillon. Paul-Ricard présente l'énorme avantage d'être la solution préférée de Bernie Ecclestone, qui prendra in fine la décision. Le circuit est, il est vrai, la propriété de Slavica... Ecclestone, l'ex-femme de Bernie. Enfin, les travaux pour aménager les infrastructures du circuit sont relativement faibles. Bien loin, en tout cas, du coût d'un circuit ex nihilo...

En alternance avec le GP de Belgique ?

Car la F1 coûte cher, très cher. Au-delà des dépenses d'aménagement, les organisateurs d'un Grand Prix doivent également s'acquitter des fameux "droits de plateau", les droits d'inscription au calendrier de la saison. Et Bernie Ecclestone a fixé la barre très haut : à 29 millions de dollars, soit environ 22 millions d'euros pour chacune des cinq prochaines éditions. Vendredi, le Premier ministre  a indiqué que "l'écart est environ de deux millions (d'euros) entre la proposition (des organisateurs) et ce que l'on souhaite."  C'est trop élevé pour la France qui a donc opté pour le principe de l'alternance. L'objectif est double : réduire les coûts tout en pérennisant le projet. En proie à des difficultés financières, le Grand Prix de Belgique est le favori annoncé pour le rôle du "deuxième" Grand Prix. Mais François Fillon a indiqué vendredi que "celui-ci n'étais pas encore défini".

Les organisateurs du GP de Belgique, dont le contrat avec la FOM (Formula one management) se termine cette année, déclaraient dans L'Equipe le mois dernier : "nous avons encore un peu de temps, mais les Français ont l'air pressés." Et François Fillon le premier. Le Premier ministre aimerait sans aucun doute clore ce dossier qui lui tient à cœur avant de probablement quitter Matignon dans quelques semaines...